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[Critique] Gantz Perfect Edition Tome 1 – Hiroya Oku

Caractéristiques

  • Traducteur : Laurent Latrille
  • Auteur : Hiroya Oku
  • Editeur : Delcourt Tonkam
  • Date de sortie en librairies : 5 juillet 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 408
  • Prix : 15€
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Un manga incontournable dans une nouvelle édition luxueuse

Parmi les manga récents les plus marquants depuis ce début de millénaire, Gantz est très certainement tout en haut de la liste. Certes, la série signée Hiroya Oku a divisé, et l’on trouve presque autant de haters que de fans absolus. Loin de ces débats interminables, et souvent peu objectifs, il convient tout de même de tenir un constat : voilà une œuvre qui marque son temps, durablement, de par les thématiques développées, mais aussi la très grande richesse du récit. Dès lors, quand Delcourt Tonkam a annoncé la parution, en France, de la Perfect Edition, on a été pris d’une volonté de redécouvrir ce manga si particulier, et autant vous l’annoncer de suite : il nous impressionne toujours autant.

Gantz Perfect Edition Tome 1 rassemble deux volumes de l’ancienne édition. D’ailleurs, précisons que celle-ci ne sera pas rééditée par la suite. L’éditeur annonce que la mise en page a été retravaillée, concrètement on a de vrais ajustements, pas si nombreux mais qui donnent à l’ensemble plus de cohérence graphique. En fin de volume, on trouve une interview de Hiroya Oku, dans laquelle il revient surtout sur son processus créatif. Intéressant, surtout que l’auteur se livre plutôt bien. Pour terminer avec les petites nouveautés de cette édition, sachez qu’on a droit à une nouvelle couverture, très réussie, ainsi qu’à un marque-page. Delcourt Tonkam propose, donc, une sorte de forme définitive pour ce manga, qui ne peut qu’être incontournable si vous n’avez pas déjà craqué pour la série entière.

Le travail de Hiroya Oku n’a pas pris une ride

Quand à l’histoire, Gantz Perfect Edition Tome 1 ne la modifie pas d’un cheveu… et tant mieux. On retrouve Kei et Masaru, deux anciens amis d’enfance, qui se croisent en attendant le métro. Alors qu’ils s’ignorent, ils ne savent pas encore que c’est dans cette station que leur vie va dramatiquement prendre fin. Alors qu’ils tentent de sauver un ivrogne, ils sont écrasés par une rame, réduits en charpie devant les yeux horrifiés des badauds. Mais la mort n’est pas une fin en soi, un adage qui va trouver un véritable écho dans ce manga. Les deux jeunes hommes se réveillent dans un appartement, qui leur est inconnu. Et ce lieu n’est pas vide, d’autres personnes s’y trouvent. Toutes ont l’impression d’avoir rendu leur dernier soupir, juste avant d’être transférées dans cet endroit. Dans celui-ci repose une étrange sphère noire, dont on apprendra qu’elle se nomme Gantz. Elle communique avec le groupe, et leur ordonne de tuer une cible : un « homme poireau ». C’est le début d’une lutte sans merci, et croyez-en votre humble serviteur : ce n’est que le commencement d’un récit qui, par la suite, va prendre une sacrée ampleur.

Gantz Perfect Edition Tome 1 est un écrin de grande qualité, afin de se plonger dans une histoire exemplaire en tous points. Avec ces deux premiers volumes, le lecteur apprend à comprendre, et connaître, le style de Hiroya Oku, un auteur qui réussit à allier critique de la société qui l’entoure, récit passionnant, et personnages fouillés. Clairement, il pose un regard acerbe sur ce que devient l’être humain, et n’accouche pas d’une position optimiste, du moins dans ces premiers tomes. Kei, le personnage principal, est un jeune homme qui accumule les défauts, et notamment celui d’être sacrément égoïste. Habilement, le mangaka choisit de ne pas imposer une vision trop pessimiste, en accordant au protagoniste l’occasion de prouver que du bon réside en lui. C’est à cette occasion que Kai va perdre la vie. C’est quand il produit un bienfait que sa folle et violente aventure commence, et ce n’est pas anodin.

Tout est affaire d’actes et de conséquences

Tout, dans Gantz Perfect Edition Tome 1, est affaire d’actes et de conséquences. On s’en rend compte parfaitement quand le groupe, formé par des êtres tous marqués par de sacrées névroses (sauf le chien, et encore), fait face à la cible, l’homme poireau venu de l’espace. Quand ils décident de faire feu, avec un armement étrange, visiblement de pointe, qu’ils ne maîtrisent pas, ils ne comprennent pas ce qu’ils font. Et ce même si les deux yakuzas en présence savent pertinemment que tirer sur un homme a de fâcheux effets. La mise à mort est horrible, d’autant qu’il y a un laps de temps entre le déclenchement de l’arme, et les effets dévastateurs. Comme pour mieux capter l’attention des personnages, mais aussi du lecteur. On se prend en plein visage les conséquences des faiblesses de ces personnages, et c’est volontaire de la part de Hiroya Oku.

Gantz Perfect Edition Tome 1, c’est aussi un récit haletant, qui se dévore à très grande vitesse. L’action est terrible, violente et sans compromis. La cible éliminée, voilà que s’amorce un combat qui restera dans les mémoires. C’est carrément gore, les corps sont broyés, déchirés, et surtout le mystère s’épaissit. Hiroya Oku n’a aucunement envie de appesantir sur son concept, il en profite pour donner des début de pistes, aussi minimes soient-ils. Ici, lors de ces deux numéros, on se demande évidemment ce que peuvent être ces extraterrestres pathétiques, et l’on se pose aussi des questions concernant l’énigmatique armure que Kei enfile. Bientôt, on aura en tout cas quelques certitudes concernant celle-ci : elle lui assure des performances physiques salvatrices…

Une action haletante et gore

Dans Gantz Perfect Edition Tome 1, on a aussi droit à quelques personnages déjà bien gratinés, même si la suite est encore plus satisfaisante à ce niveau. On a là les prémices de ce qu’est peut-être la plus grande force de ce manga : une caractérisation certes parfois très sombre, mais finalement pertinente (du moins, dans cet univers). Kei a tout de l’anti-héros, même si l’on perçoit en lui de bons signaux. Masaru, est intérieurement ce qu’il n’est pas extérieurement : faible. Lui aussi, on sent que ça va évoluer. Kei Kishimoto laisse sciemment perplexe pour le moment, mais son apport est certain, notamment en terme de rapport à la sexualité. Quand aux autres, ils auront le temps d’étaler toute une gamme de tares, avant de… nous n’en dévoilerons pas plus.

Vous l’aurez compris, on est retombé amoureux de cet univers. Gantz Perfect Edition Tome 1 est un choc, car on pensait avoir digéré son impact, et il n’en est rien. On a lu le manga, vu la série animée (très moyenne), les films (bons, mais loin d’être aussi jusqu’au-boutistes que la version papier), et pourtant la force de cette œuvre est toujours intacte. Preuve ultime, s’il en fallait une, que Hiroya Oku a réussit son coup, et pas qu’un peu…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
9/10

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