[Critique] Offshore — Petros Markaris

Caractéristiques

  • Traducteur : Michel Volkovitch
  • Auteur : Petros Markaris
  • Editeur : Editions du Seuil
  • Collection : Cadre Noir
  • Date de sortie en librairies : 1 février 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 298
  • Prix : 21€
  • Acheter : Cliquez ici

Fin de crise pour la Grèce ?

Et si la crise prenait fin en Grèce et que l’argent se mettait à affluer ? C’est à partir de ce prétexte aussi fou que prenant que Petros Markaris a tissé la toile des 8e aventures de son héros, le commissaire Charitos, qui peut se lire tout à fait indépendamment du reste de son oeuvre. Publié au sein de la très belle collection Cadre Noir des éditions du Seuil (Scalp), Offshore imagine qu’un parti “ni-de-droite-ni-de-gauche” fait son apparition en Grèce et promet de relever la situation du pays en 3 mois, sans pour autant annoncer de programme. Arrivés en tête des votes grâce à des électeurs n’ayant plus rien à perdre, ces étranges dirigeants tiennent parole, si bien que personne ne se demande d’où vient l’argent qui tombe soudain et permet d’augmenter les fonctionnaires, notamment.

Tous sauf le commissaire Charitos bien entendu, qui ne tarde pas à soupçonner quelque chose lorsque le corps d’un riche armateur est retrouvé sans vie chez lui. Un assassinat déguisé en cambriolage qui aurait mal tourné, avec des suspects (des migrants) un peu trop évidents et qui se dénoncent un peu trop facilement alors même qu’ils sont incapables de montrer à la police comment ils sont entrés dans les lieux. Sa curiosité ne fera que grandir lorsque ses supérieurs l’encouragent à classer l’affaire. Le pays aurait-il des intérêts à étouffer cette sordide affaire ? Et cela pourrait-il être lié au secret de ce nouveau parti, dont on sait seulement qu’une partie de l’argent provient de comptes soit-disant légaux dans les Caïmans ? Se pourrait-il que cet argent providentiel soit sale ?

Money, money, money…

Méticuleux, précis, Petros Markaris prend son temps et tisse une véritable toile d’araignée dans laquelle il emprisonne peu à peu son héros, le laissant impuissant. Le rythme est lent, et on sent la fatigue de cet enquêteur aguerri en lutte contre le système, qui tente d’y faire face avec ses moyens. Pas de gros rebondissements extravagants, Markaris opte pour un réalisme de chaque instant, quitte à frustrer les lecteurs en quête d’un nouveau Millenium. Ce n’est clairement pas le style de la maison ici, mais, pour peu que l’on soit sensible à l’approche de l’auteur, Offshore a de très belles choses à offrir, et en premier lieu une réflexion pertinente (et assez pessimiste) sur la crise actuelle que traverse la Grèce et notre époque de blanchiment d’argent à tous crins. Un roman noir minimaliste, qui se mérite, mais qui nous suit longtemps au final.

6/10

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