[Critique] Movieland – David Honnorat

Caractéristiques

  • Auteur : David Honnorat
  • Editeur : Hachette Heroes
  • Date de sortie en librairies : 31 octobre 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 263
  • Prix : 24,95€
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Associer cinéphilie et divertissement

Sorti aux éditions Hachette Heroes (Les banquets d’AstérixToute l’histoire de Mickey), Movieland part d’une interrogation intéressante. Car cette dernière peut, déjà, provoquer un véritable débat, long et passionné. La cinéphilie n’est-elle pas l’objet d’un traitement un peu trop délié ? On trouve souvent, aussi bien sur Internet qu’au rayon des livres spécialisés, des listes de classiques. Ou d’autres n’abordant qu’un seul genre, voire la production d’un seul pays. David Honnorat, fondateur du site Vodkaster et designer émérite, s’est lancé dans une drôle d’aventure : créer des ponts. Dans un domaine qui a tendance à non pas les détruire, mais les laisser en friche, ce n’était pas gagné. Et pourtant, l’ouvrage peut se targuer de plusieurs forces.

Le principe de Movieland est à la fois simple, divertissant et original. David Honnorat est un designer, et son idée est d’associer une méthode forte et un visuel non moins marquant. Comme le lecteur prend la route de la cinéphilie, il lui fallait un chemin pas spécialement balisé, mais apte à ne pas le perdre dans des territoires vastes. Banco, la voilà la petite épice qui relève la recette : une carte. C’est, sans aucun doute, ce qui a fait l’énorme succès de la campagne Kickstarter, laquelle a carrément crevé le plafond. Ainsi, l’ouvrage est accompagné de son bonus physique, très fun à découvrir : on est entre un guide touristique et la sensation qu’on éprouve en découvrant la map d’un RPG.

On s’y perdrait !

Une carte, un livre, et des sentiers à parcourir. Movieland se divise en trois grandes catégories : Spectateurs Débutants, Avertis, et Confirmés. Ici, nous émettons une retenue. La signification des adjectifs qualificatifs est parfois trompeuse. Certains films, comme Split, ne nous ont pas paru destiné pour un public confirmé (on aime bien ce film, mais ce n’est pas le Mulholland Drive de David Lynch), et nous pensons que la raison de leurs présences dans cette partie est due à la violence de l’œuvre. Ce n’est pas très clair. Mais bref, l’intérêt n’est pas spécialement sur ce genre de choix, mais dans les randonnées proposées. Là, l’ouvrage devient très intéressant, au moins conceptuellement. Envie d’un bon western à l’italienne, d’un drame, d’un film de kung fu ? Très bien, vous pourrez vous lancer, mais aussi continuer sur le chemin de traverse emprunté. Cela aura le mérite d’inviter les apprentis cinéphiles à véritablement voyager à travers une thématique.

Movieland, c’est aussi une somme de textes de belle qualité. Si David Honnorat dirige l’ensemble, plusieurs plumes ont participé à cet ouvrage. Cela assure non seulement une certaine diversité de ton, mais aussi une foule d’anecdotes plus ou moins connues. Parmi les auteurs invités, on citera l’excellent Stéphane Bouley, co-animateur du très conseillé podcast Super Ciné Battle. D’ailleurs, son compère, Daniel Andreyev, auteur d’un remarquable livre sur Dragon Quest (que l’on abordera prochainement) est aussi de la partie. On peut aussi compter sur Julien Dupuy, Stéphane Moïssakis, Juliette Reitzer, et d’autres, mais arrêtons là le name dropping. Voilà une bien belle foule sentimentale, qui assure une lecture de qualité, pas toujours très pertinent dans ses trois grandes parties mais bien fun dans le fond.

7/10

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