[Critique] La mort n’existe pas — Damien Eleonori

Caractéristiques

  • Auteur : Damien Eleonori
  • Editeur : De Saxus
  • Date de sortie en librairies : 11 octobre 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 315
  • Prix : 19,90€
  • Acheter : Cliquez ici

Un auteur qui débute dans le monde de l’édition, un titre digne d’un James Bond et la promesse d’un thriller philosophique et ésotérique : voici le premier abord de La mort n’existe pas. Après avoir autopublié Psyché en 2015, Damien Eleonori a écrit un recueil de nouvelles noires, Phobia (dont les bénéfices sont intégralement reversés à l’association ELA). Après de nombreux échanges avec à la fois des lecteurs, des auteurs, des blogueurs… Eleonori retravaille son premier roman qui devient alors La mort n’existe pas et qui est publié aux éditions De Saxus.

L’histoire d’un créateur

Léo Liberati travaille pour une rubrique de faits divers en attendant de finir son premier roman. L’inspiration peine à venir, il doit subvenir aux besoins de son épouse et de leur fille, il passe plus de temps à travailler qu’avec les deux femmes qui partagent son quotidien : sa vie lui pèse de plus en plus. Alors qu’il doit se rendre chez son éditeur et qu’il est, une fois de plus, en retard, il a un accident et se réveille à l’hôpital.

A partir de cet instant sa vie va devenir un enfer et une quête : accusé de meurtres, il va tout faire pour comprendre ce qui lui est arrivé et qui persiste à le poursuivre. Quel mystère possède-t-il en lui qui peut être fatal pour certains ? A l’aide d’une psychothérapeute hypnotiseuse, il va devoir remettre en cause toutes ses connaissances, ses croyances s’il veut avoir un espoir de retrouver sa famille et ne pas provoquer la fin de l’humanité.

21/12/2012 : mythe, religion et sciences

Ce roman commence par la fin, le 21 décembre 2012. Cette date correspondait à la fin d’un cycle long de plus de 5 100 ans dans le calendrier maya et fut, pour certains, annonciatrice de la fin du monde. Damien Eleonori ne laisse aucun doute sur l’orientation qu’il souhaite faire prendre à son roman : l’ésotérisme est au rendez-vous. Mais au-delà du côté cabalistique, la religion et la philosophie tiennent une place prépondérante. Mais attention, en aucun cas l’auteur ne fait preuve de prosélytisme, il propose au contraire une sorte de revisite de la Bible et de la relation entre les hommes et le divin, libre au lecteur de trouver ses réponses. De plus, la science (et la pseudoscience) est également sollicitée, on retrouve le chat de Shrödinger, la théorie des 21 grammes… Damien Eleonori mêle subtilement des faits (connus ou non) et des hypothèses de pensée tout au long de son récit.

Un message bien réel

Paré d’atours mystiques, le roman La mort n’existe pas livre pourtant une réflexion contemporaine et forte : l’humanité mérite-t-elle de vivre ? Lorsque l’on voit ce que l’humain a fait de la planète, son environnement, de ses relations entre les peuples… l’être qui nous aurait créés ne serait-il pas en droit de vouloir supprimer son œuvre ? Si l’on retire toutes considérations religieuses et que l’on prend en compte que rien n’existe sans son contraire, cette question peut également se poser. Beaucoup idéalisent un paradis sans guerre, sans violence, sans cruauté; mais si cela veut également dire un monde sans paix, sans douceur, sans bonté, est-ce que l’homme souhaiterait de ce monde ? Et dans ce contexte, si la mort n’existe pas, cela signifie que la vie non plus.

La mort n’existe pas débute comme un très bon thriller puis s’oriente vers roman plus engagé qu’on ne pourrait le croire dans lequel tout s’entremêle, montrant qu’il n’y a jamais de hasard et que tout converge vers un but ultime. Les personnages, plutôt bien construits, ne sont que des pantins pour amener le lecteur vers une réflexion profonde non seulement sur ses croyances, sa vision de la vie, mais aussi sur la place de l’humanité aujourd’hui.

7/10

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