[Critique] Détective Pikachu : choupinou mais pas foufou

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Rob Letterman
  • Avec : Ryan Reynolds, Justice Smith, Kathryn Newton, Ken Watanabe
  • Distributeur : Warner Bros. Pictures
  • Genre : Aventure
  • Nationalité : USA, Japon
  • Durée : 104 minutes
  • Date de sortie : 8 mai 2019

Un film très Pika-chou

image film detective pikachu
Le duo va devoir apprendre à se connaître.

On imagine sans mal la réaction de certains parents, ceux-là même qui sont passé à côté du phénomène Pokémon, quand ils ont découvert les premières images de Détective Pikachu. Si, aujourd’hui, la licence de Game Freak est passée à la postérité, il faut quand même se souvenir que jouer aux premiers titres, sur Game Boy, n’était pas spécialement très bien perçu quand on avait dépassé un certain âge. Oui, votre humble serviteur en a bavé, surtout auprès des filles, qui n’étaient pas encore devenues une cible du marketing, lequel tente de nous faire croire que 120% d’entre elles jouaient à Ultima. Bref, on en connaît certains qui ont dû faire la moue, tandis que leurs enfants ont coché la case du 1er mai 2019, sortie officielle de ce film… en prise de vue réelle.

Wow, les Pokémon débarquent dans un film, et pas animé. C’était bel et bien cet élément qui créait l’événement, et pas spécialement le fait qu’un Pikachu puisse parler, ou porter un très craquant deerstalker (le couvre-chef de Sherlock Holmes). Ces deux spécificités proviennent tout droit d’une série de spin off, dont on vous propose le test de la dernière itération en date. On retrouve, dans le film Détective Pikachu, le principe du jeu : une enquête menée par un humain et son compagnon bavard. Cependant, les points communs s’arrêtent ici, car l’ambiance diffère beaucoup. La légèreté du soft évoqué précédemment fait place à une atmosphère plus film noir, ce qui n’est pas pour nous déplaire…

Détective Pikachu met en scène Tim Goodman, incarné par un Justice Smith sans grand charisme. Est- ce la faute de sa performance, ou de l’écriture de son personnage ? Un peu des deux mon capitaine, tant sa caractérisation semble pensée pour une évolution sans grande surprise. M’enfin, tout de même, un jeune homme bossant dans un secteur tristounet, qui va devoir s’ouvrir à une vie meilleure, c’est un grand classique. Du déjà-vu, mais pertinent pour le public visé, donc on valide. Bien vite, le personnage principal va être confronté à un drame, la mort présumée de son enquêteur de père. Cela va le forcer à rejoindre Ryme City, ville gigantesque et futuriste où les Pokémon vivent en harmonie avec les humains. C’est ici que le destin de Tim va être chamboulé, quand il va rencontrer Howard Clifford, magnat des finances qui cache visiblement bien des choses. Le tout alors que Mewtwo, le plus puissant de tous, est désormais en liberté.

Un résultat loin d’être purement mercantile

Le récit de Détective Pikachu est cousu de fil blanc. Si la direction artistique nous a enchanté tout du long, on n’aura pas ressenti la moindre surprise, les rebondissements se faisant rares et très téléphonés. Mais, entre nous, ce n’est pas si grave que cela en a l’air. Car, si on a voulu découvrir ce film, c’est avant tout pour dévorer une bonne dose de Pokémon. De ce côté, on s’est régalé. C’est choupinou à souhait, ces animaux imaginaires étant, à la base, l’essence même de la création par le kawai. Les fans absolus apprécieront l’effort des scénaristes pour placer des espèces de manière logique, ce qui évite toute sensation de simple machine à fric. Dès le début, on est sous le charme : des Roucoups envahissent l’écran, Osselait répond présent dans des hautes herbes, le tout avec une qualité des CGI telle que la fluidité n’est jamais remise en cause. C’est ici que le long métrage est, selon nous, une réussite : son existence est justifiée, l’écran transpire de cette passion pour la licence de Game Freak.

Alors certes, il faudra se coltiner des personnages tout sauf finauds, comme Lucy Stevens, la stagiaire en journalisme qui devra gagner sa place dans les hautes sphères de son média. Parce que le milieu du journalisme est terrible, il demande de l’expérience, quel scandale. Heureusement, l’actrice, Kathryn Newton, est au diapason du projet et multiplie les mimiques attendrissantes. Les enfants adoreront. Détective Pikachu peut aussi compter sur le toujours nickel Ken Watanabe, et sur la prestation vocale d’un Ryan Reynolds très appliqué. Les relations entre tout ce beau monde ne sont pas hyper poussées, on sent bien qu’il manque un background détaillé pour justifier certaines actions, mais la direction des comédiens est l’une des forces de Rob Letterman, réalisateur décidément plutôt intéressant, qui nous avait déjà étonné avec son Chair de Poule. Cela ne fera pas oublier un récit de moins en moins intéressant, jusqu’à un final d’une banalité confondante (salut le Batman de Tim Burton), mais au moins on n’a pas l’impression d’assister à un spectacle purement mercantile. C’est déjà pas mal.

6/10

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