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[Test] Psikyo Shooting Stars Bravo: suite et fin d’une légende du shmup

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Psikyo
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 21 février 2020
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Psikyo Shooting Stars Bravo, pour se plonger dans l’âge d’or du Shmup

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L’édition limitée de Psikyo Shooting Stars Bravo.

Moins d’un mois après la sortie de Psikyo Shooting Star Alpha, NIS America, toujours aussi précieux pour la diversité du jeu vidéo, nous livre la suite des festivités consacrées au regretté studio Psikyo. Rappelons que l’entité, née en 1992 et fermé au début des années 2000, s’était forgé une solide réputation auprès des fondus de shoot’em up (genre surnommé shmup), ces softs qui régnaient en maître à l’époque bénie des salles d’arcade. Si vous faites partie de l’élite ayant connu cette dernière, nul doute que vous avez déjà joué à l’un des titres de ces développeurs japonais, tant ils figuraient effectivement parmi les meilleurs, aux côtés de Taito ou de Video System. Par contre, on est aussi prêt à parier que les six jeux contenus dans Psikyo Shooting Stars Bravo seront une découverte pour beaucoup. Ah, quelle chance ils ont.

Avant d’aborder les jeux, il nous semble nécessaire de préciser que, tout comme l’Alpha, Psikyo Shooting Stars Bravo s’avère tout particulièrement conseillé dans sa version physique, distribuée par Koch Media. Pour un tarif plutôt correct, on a droit à une édition limitée dans un large coffret (en carton pas très solide, c’est notre seul regret) du plus bel effet. À l’intérieur, on retrouve bien entendu le jeu, mais aussi des illustrations collector (et magnifiques, les artworks étaient toujours très soignés chez Psikyo) des différents jeux. La pièce de choix, selon nous, n’est autre que le boitier de trois CD (intitulé Bravo Code Red), comprenant les bandes originales de tous les softs inclus dans cette compilation. Un bonheur, tant ces compositions font partie intégrantes du trip proposé. Enfin,vous aussi droit à un livret, faisant office d’artbook. Voilà qui met bien en valeur cette sortie.

Arcade perfect, mais toujours pas de contextualisation

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Les boss sont soignés, et ce dans tous les jeux de la compilation.

Continuons dans le contenu de Psikyo Shooting Stars Bravo, mais cette fois-ci du côté du contenu ingame. Là, c’est un peu moins folichon, il faut bien l’admettre, même si ce n’est pas un portage ridicule, loin de là. Que les fans absolus de shmup et de Psikyo se rassurent, on peut ici parler du fameux « arcade perfect » ou, pour être plus précis, d’une représentation en tous points fidèle aux versions bornes. On pense surtout au visuel et à la fluidité, deux madeleines de Proust pour votre humble serviteur. Par contre, n’attendez pas une seule trace de bonus, et c’est précisément ici que l’on pourra émettre un regret, surtout en terme de contextualisation. Elle est si absente que l’on n’a même pas le droit à un résumé, ni à la date de sortie originelle des six titres. Aller, on ne cachera pas non plus qu’on regrette de ne pas avoir droit à deux autres titres de Psikyo, certes mineurs mais tout à fait séduisants : le très délirant Space Bomber, et le plus abordable Pilot Kids (sans doute l’oeuvre la plus facile d’accès du studio). Pas de sauvegarde non plus, même si ce point ne nous dérange pas dans ce cas précis, afin de retrouver intactes les sensations de l’arcade. Enfin, le mode TATE est une bénédiction : il permet de jouer avec l’écran de la Nintendo Switch en mode vertical.

Passons maintenant aux six titres inclus dans Psikyo Shooting Stars Bravo : Gunbird, Gunbird 2, Gunbarich, Samurai Aces Episode I, Samurai Aces Episode II : Tengai et Samurai Aces Episode III : Sengoku Cannon. Comme nous l’écrivions en introduction, ils risquent de vous surprendre, non seulement par leur rareté en arcade européenne, mais aussi par leurs atmosphères différentes de ce qu’on a l’habitude de croiser dans les shmup classiques. Ici, c’est le Japon féodal et fantastique qui prime, comme en témoigne la trilogie Samurai Aces. L’épisode initiateur a fait date, et pour cause : il s’agit du tout premier soft de Psikyo. Alors certes, ce shoot vertical n’est pas encore l’apogée pour le studio, mais on remarque déjà une envie de se démarquer, notamment avec un semblant de scénario. Il est question de sauver la fille d’un Shogun, avant qu’elle ne finisse sacrifiée à une entité maléfique. Les hitboxes bien précises, la difficulté croissante qui atteint des sommets pour qui cherche à boucler le jeu (c’est une mécanique dans tous les jeux de ce développeur : une fois terminé, le jeu se relance dans une difficulté encore plus grande, à l’infini), les niveaux courts pour privilégier les combats de boss, tout y est déjà, mais à l’état d’embryon. Pour couronner le tout, on peut compter sur quelques artworks un peu sexys pour l’une des héroïnes. Eh oui, on vous parle d’un temps où le puritanisme américano-européen n’avait pas encore fait des ravages dans l’industrie vidéoludique japonaise…

Gunbird 2, l’exemple typique d’un grand shoot

image gameplay psikyo shooting stars bravo
Gunbarich est unne belle curiosité.

Quand Samurai Aces Episode II : Tengai sort, en 1997, Strikers 1945 et Gunbird ont déjà atterris dans les salles d’arcade. On pouvait craindre que la redite pointe le bout de son nez, mais que nenni : le studio sort de sa poche un shmup au scrolling cette fois-ci horizontal. Étonnant, quand on sait que Psikyo est une entité fondé par Shin Nakamura, nom très connu des fans du genre, notamment pour son amour inconditionnel… des scrolling verticaux. Comme quoi, il n’était pas bêtement engoncé dans ses principes, comme certains ont pu l’affirmer suite à son départ remarqué de Video System. Bref, cette suite apporte donc de la diversité avec cette nouvelle direction, et surtout une parfaite maitrise de tout ce qui fait un bon shmup : vagues d’ennemis calibrées avec soin, boss et mid-boss spectaculaires, scoring maboule, et des boulettes comme s’il en pleuvait (sans pour autant atteindre la folie parfois trop furieuse de certains danmaku). Psikyo Shooting Stars Bravo embarque aussi Samurai Aces Episode III : Sengoku Cannon, seul jeu de la compilation à être directement paru sur console (la PSP de Sony). Bon, c’était une déception à l’époque et ça le reste aujourd’hui : techniquement faible (voire désagréable), pas hyper bien cadencé dans les niveaux, et surtout trop peu pensé en terme de courbe de difficulté. Mais ça reste précieux, pour les complétistes acharnés.

Les trois derniers jeux inclus dans Psikyo Shooting Stars Bravo forment la trilogie Gunbird, encore un grand nom très respecté des connaisseurs. Le premier opus, sorti en 1994, peut se qualifier d’initiateur. Après un Sengoku Aces Episode I qui faisait les présentations entre Psikyo et les salles d’arcade, tout en rappelant qu’il fallait encore compter sur Shin Nakamura, le studio balance une bombe : Gunbird a tout pour plaire. Un rythme endiablé, des ennemis qui explosent de partout, des améliorations de tir qui font une vraie différence, et un challenge à rendre zinzin (là, on est dans du Manic Shooter, très clairement). Gunbird 2 s’inscrit dans la droite lignée, et nous le considérons comme l’un des meilleurs travaux de Psikyo. On note l’arrivée du coup au corps-à-corps (rappelons que Sol Divide est sorti la même année, en 1998, ce n’est pas un hasard), très puissant mais dangereux à utiliser. Surtout, la recette devient d’une fluidité paradisiaque, jusque dans sa difficulté infernale. Enfin, Gunbarich fait aussi le déplacement. C’est une entorse au concept de rassemblement de shmup, puisqu’on fait face à un mélange de casse-brique à la Arkanoid, et de shoot. OVNI de cette compilation, le soft mérite toute votre attention, tant son gameplay est soigné dans les moindres détails, tout en nous submergeant de power up impressionnants.

Note : 16/20

Psikyo Shooting Stars Bravo se doit de figurer dans la ludothèque d’un joueur désireux de chérir l’histoire du jeu vidéo, mais aussi de prendre son pied avec des shmup de grande qualité. Si l’on écarte Sengoku Aces Episode III, dont le seul mérite est de nous démontrer que l’unique raison d’être de Psikyo était la rencontre entre le talent et la popularité des salles d’arcade, le reste du casting est du genre à vous scotcher à votre Switch. On regrette simplement une absence de contextualisation, et le fait qu’on aurait aimé voir au moins le délirant Space Bomber s’ajouter à la sélection. Reste que cette sortie nous a conquis, et nous file une nostalgie enjouée.

8/10

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