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[Critique] Comment j’ai créé Captain Tsubasa – Yoichi Takahashi

Caractéristiques

  • Auteur : Yoichi Takahashi
  • Editeur : Omaké Books
  • Date de sortie en librairies : 6 février 2020
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 218
  • Prix : 18,90€
  • Acheter : Cliquez ici

À la découverte d’une sommité du manga

image comment j'ai créé captain tsubasa
Copyright : Omaké Books

Vous ne connaissez peut-être pas Yoichi Takahashi, mais il est quasi-certain que ses travaux fontt partie de votre imaginaire. Si l’on vous dit Captain Tsubasa, normalement il est temps de tiquer. Ajoutons Olive et Tom, et là devraient se faire entendre, à l’unisson, des « ils sont toujours en forme ! ». Dans le genre œuvre culte de la pop culture, avouons que ce manga, et l’animé qui en a été tiré puis diffusé au Club Dorothée, se pose là. Mais effectivement, on en sait peu sur son auteur, clairement dépassé par le succès de sa production. Que les curieux se rassurent : ils vont avoir l’occasion de combler ce manque grâce à son excellente autobiographie, parue aux éditions Omaké Books.

En débutant Comment j’ai créé Captain Tsubasa, et en sachant pertinemment à quel point l’exercice d’autobiographie est difficile pour beaucoup d’artistes japonais (et encore plus les mangakas, tenus par des contrats très serrés), on se demandait si le contenu allait être à la hauteur de nos espérances. Autant couper court au suspens : la réponse est positive. Yoichi Takahashi est plus loquace que ce qu’on espérait, et l’on en apprend pas mal non seulement sur son processus de création, mais aussi ce qui l’a façonné. Beaucoup ont tendance à oublier que les deux éléments sont intimement liés, et ici on comprend mieux cette relation. Captain Tsubasa, c’est l’histoire d’une ascension et, pour la raconter au mieux, il est sans doute nécessaire de la vivre.

Yoichi Takahashi est né dans un quartier populaire de Tokyo, plus précisément à Katsushika. Ici, le petit garçon qu’était le désormais mangaka de plus de soixante ans se passionna très vite pour le sport. Mais pas le football, trop peu développé dans le Japon des années 1970. Plutôt pour le baseball. Et ce n’est pas un hasard, tant il appuie sur la camaraderie de son lieu de vie, où les habitants sont prévenants et solidaires. Le sport véhicule aussi ces valeurs, nul doute que le bien engendre le bien. Ajoutez à cela une éducation humble, avec une exemplarité qui prend les traits de son père, un artisan qui produisait des joints en caoutchouc. La famille était grande, sept à la maison, et pour le coup ce n’est pas une série mielleuse. De quoi aussi en tirer ce qu’il faut d’esprit de camaraderie, qui lui servira plus tard afin de le transmettre au mieux, sur papier.

Beaucoup de sujets surprenants

Comment j’ai créé Captain Tsubasa s’articule en dix chapitres, plus un bonus contenant une interview aussi exclusive qu’intéressante (conduite par Florent Gorges), pendant laquelle il revient sur son rapport à la France et au football hexagonal. Hors de question de tout aborder ici vous l’aurez compris, mais sachez tout de même que des sujets étonnants sont abordés. Notamment la phase de développement de la licence, mais surtout la difficulté, ensuite, pour garder un rythme effréné. C’est une donnée encore peu abordée, qui aura notamment eu raison d’autres mangakas, comme Akira Toriyama. L’épuisement provoqué par la production d’un épisode hebdomadaire, puis la peur de se retrouver face au fameux sondage des lecteurs qui, à l’époque, avait carrément droit de vie ou de mort pour une série. Ce genre de témoignage n’est pas courant, il s’avère donc précieux.

Comment j’ai créé Captain Tsubasa revient aussi sur tout l’après. Car la série a continué, et se déroule encore à l’heure actuelle, bien après le Club Dorothée. L’auteur a noué des liens avec le FC Barcelone (on peut d’ailleurs découvrir une photo de l’auteur en compagnie d’Andrés Iniesta), il est aussi très respecté d’autres champions, comme MBappé. Il n’est pas surprenant de découvrir un Yoichi Takahashi très modeste sur ce point, et même de le lire expliquer sa philosophie de vie à travers des lignes de dialogue de ses personnages, comme Roberto. Tout cela prend du sens quand on se souvient de certains passages de son œuvre, et même lorsqu’on se remémore sa manière d’allonger les distances, comme pour signifier que la vie laisse des boulevards pour qui veut les exploiter. Dès lors, il n’est que pure logique que de découvrir sa devise : « ne jamais abandonner, toujours aller de l’avant ».

Signalons enfin la très belle qualité d’édition d’Omaké Books. La parution respecte les codes japonais, ne vous étonnez donc pas de voir le recto de la couverture à l’arrière, et le verso à l’avant. Aussi, on a droit à du papier bien solide, une maquette très à-propos, et quelques illustrations en couleur. Terminons par souligner la qualité de la traduction, signée par Céline Crucifix. Un travail que l’on imagine loin d’être aisé, tant on sent bien que Yoichi Takahashi n’est pas du genre à faire attention au style romancé, en bon mangaka qu’il est. Pourtant, globalement, la lecture se fait d’une fluidité ravissante, et l’on dévore les 218 pages du bouquin à bonne vitesse.

Retrouvez aussi notre test du jeu Captain Tsubasa : Rise of New Champions.

8/10

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