[Critique] Cruella : Est-elle si méchante?

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Craig Gillespie
  • Avec : Emma Stone, Emma Thompson, Paul Walter Hauser, Joel Fry, Jamie Demetriou, Emily Beecham et Mark Strong
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Genre : Comédie, Drame, Famille
  • Pays : Américain
  • Durée : 135 minutes
  • Date de sortie : 23 juin 2021

Une origin story classique mais plaisante

Depuis quelques années, Disney commence à nous faire des films live sur ses méchants emblématiques. Le premier Maléfique était sympathique alors que le second était franchement médiocre. Il semblerait qu’à travers ces films, la firme au grandes oreilles veuille réhabiliter ses méchants, de manière à en faire plus des victimes que des personnes mauvaises par nature. Il en sera de même pour Cruella.

L’histoire ce déroule à Londres, dans les années 70, en plein mouvement punk-rock. Escroc pleine de talent, Estella est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Elle se lie d’amitié avec deux jeunes vauriens qui apprécient ses compétences d’arnaqueuse et mène avec eux une existence criminelle dans les rues de Londres. Un jour, ses créations se font remarquer par la baronne von Hellman, une grande figure de la mode, terriblement chic et horriblement snob. Mais leur relation va déclencher une série de révélations qui amèneront Estella à se laisser envahir par sa part sombre, au point de donner naissance à l’impitoyable Cruella, une brillante jeune femme assoiffée de mode et de vengeance…

Concernant le scénario, celui-ci a été écrit par six personnes, ce qui annonce certaines complications. Si le script dépeint bien le Londres des années 60/70 et que le duel entre Estella et la Baronne sur fond de guerre stylistique (qui rappellera d’une certaine façon Le Diable s’habille en Prada) est sympathique et montre les changements sociétaux de l’époque, on est moins conquis par le changement d’Estella en Cruella. En faisant d’Estella une personne à la limite du trouble dissociatif de la personnalité, cela fait de Cruella une victime.

Le film n’est pas aidé par les révélations, évidentes, sur son passé qui ne créditerons pas ce que nous disons. Par contre, le long-métrage passe bien d’un genre à un autre avec une aisance assez facile. On passe facilement du film de casse, au milieu de la mode ou à une vengeance pure et simple avec fluidité. Enfin et évidemment, il y a des références à ce que Cruella fera plus tard. Celles-ci sont bien amenées et pour la plupart amusantes. En parlant d’humour, évidemment, il y en a énormément. La plupart des blagues ou jeux de mots font mouche. Surtout les scènes avec les animaux ou avec Horace, qui est le vrai moteur d’amusement dans le film.

Un long-métrage un peu long, mais bien réalisé

image emma stone cruella

Concernant la réalisation de Craig Gillespie (Moi, Tonya, The Finest Hours), celle-ci s’avère classique mais avec quelques fulgurances. Ainsi, il utilisera les plans séquences avec parcimonie, et uniquement pour des moments importants. Il y a aussi quelques scènes inventives, mais très peu. Cela reste tout de même au-dessus de la moyenne de ce nous voyons dans la plupart des blockbusters. Le réalisateur est tout de même bien aidé par une superbe photo de Nicolas Karakatsanis.

Nous avons été ébahis par la reconstitution des décors de Fiona Combrie et des costumes de Jenny Beavan qui nous plongent complètement dans les années 60/70. La musique de Nicholas Britell est assez simple et pas nécessairement marquante. On retiendra surtout, du côté musical, l’utilisation de chansons de l’époque et qui vont au long-métrage comme un gant. Seul petit bémol et faiblesse du film : la durée. Celle-ci, de 2h15, est bien trop longue pour un film de ce type, surtout si on veut emmener des enfants. Enfin, les effets spéciaux sont de qualité. Que ce soit les extensions de décors numériques ou encore, et surtout, les animaux qui paraissent de plus en plus réels.

Côté casting, le constat est en demi-teinte pour Emma Stone (Retour à Zombieland) : excellente en Estella, elle surjoue pas mal quand elle se transforme en Cruella. Certes, le personnage est assez exubérant, mais elle en fait un peu trop. Emma Thompson (Late Night) vole le show comme à son habitude. Elle est parfaite en prêtresse de la mode que rien n’arrête. On sent le plaisir qu’elle a eu à jouer la Baronne et cela est visible. Paul Walter Hauser (Le Cas Richard Jewell) et Joel Fry sont convaincants en Horace et Jasper. Il font moins “débiles” que dans le dessin animé. Le premier est la caution humour du film alors que second sert de caution morale. Enfin, Mark Strong a un petit rôle dans le long-métrage. Son personnage de chef de la sécurité de la Baronne a peu de présence à l’écran, mais représente un pivot dans le film. Il apporte son savoir-faire et sa subtilité.

Cruella nous a donc plus convaincus sur la forme que sur le fond, malgré une certaine réserve quant à la durée. Le film reste parfaitement divertissant, avec de bonnes qualités pour que le spectateur passe un bon moment.

Auteur

  • Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K.

6/10

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