image requinsApprendre à comprendre ce sublime animal

Peu d’animaux sont accompagnés d’une telle aura, quasiment palpable, électrique. Le requin, et ce depuis bien plus longtemps que Les dents de la mer, on toujours fait fantasmer. Au-delà de la peur qu’ils provoquent, très exagérée par un « délit de sale gueule » et, il faut bien dire, une allure plus qu’imposante, les squales sont des animaux absolument passionnants, magnifiques à observer, et qui forcent le respect de tout un chacun. L’album documentaire Requins est une véritable pièce d’intérêt qui se présente à notre encontre, et nous ne pouvions pas passés à côté d’une telle découverte.

On se plonge dans ce Requins d’une bien belle manière, tant cet album documentaire à destination de la jeunesse soigne les apparences et ce dès les premiers contacts. En mains, la couverture rugueuse ferait presque penser à une peau de requin et son infinité de denticules dermiques, qui provoque ce toucher si caractéristique. Impossible de penser qu’il s’agit d’un hasard, car l’auteur Owen Davey est du genre à soigner sa direction artistique dans les moindre détails. Encore une fois, c’est à la couverture que l’on s’en rend compte, avec ce rose saumon surprenant mais du plus bel effet. L’autre élément qui saute aux yeux est l’aspect vintage, et très précis, des requins. Il suffit d’ouvrir l’ouvrage, et l’on est conforté dans cette idée : il règne une ambiance singulière dans cet album documentaire. Singulière certes, mais aussi classe et artistiquement très intéressant. Requins a donc tout bon pour ce qui est du charme visuel : la patte est osée, charismatique et attrayante. On insiste beaucoup sur ce point, car un tel ouvrage se doit de contenir des représentations d’un intérêt supérieur, histoire de ne pas résumer l’expérience du jeune lecteur à une simple lecture des multiples et intéressantes indications.

Un ouvrage aux différentes forces

Une transition toute trouvée pour aborder ce qui fait l’autre intérêt de Requins : sa valeur documentaire. Si une double page nous a paru un peu mal agencée dans son schéma juste mais pas assez clair (« Tous les requins sont dans la nature »), le reste du contenu brille à la fois par la richesse de ses infos, et par le style d’écriture qui n’hésite pas à bien utiliser le vocabulaire zoologique. On passe en revue les différents sens des squales, on aborde les différentes dentitions, certains records etc. Le but de Requins n’est pas d’être exhaustif, on n’est pas face à un ouvrage encyclopédique. Cet album documentaire se donne plutôt comme objectif de faire aimer cet animal si impressionnant, de sensibiliser les enfants à cet incroyable habitant des mers qui ne sait qu’avancer, en lui donnant quelques clés de compréhension.

Grâce à toutes ces qualités, Requins ne se borne pas à être une porte d’entrée vers des œuvres complètes. Il l’est, très clairement, mais le style d’Owen Davey qui traverse le livre, avec ces représentations vintages et ces fonds couleurs pastels, en fait un véritable moment de bonheur visuel. Un atout indéniable qui finit de faire de Requins un ouvrage à posséder d’urgence dans toute bibliothèque d’albums documentaires qui se respecte.

Requins, un album documentaire pour la jeunesse écrit et illustré par Owen Davey, traduit par Bérengère Viennot. Aux éditions Gallimard Jeunesse, 40 pages, 14.90 euros. A partir de 6 ans. Sortie le 3 octobre 2016. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato