[Critique] Blood Red Lake – Christophe Bec et Renato Arlem

image blood red lakeEncore un excellent album pour la collection Flesh & Bones

Elle figurera très certainement dans notre futur article consacré à nos découvertes de l’année 2016, la collection Flesh & Bones (retrouvez nos critiques de Le Signe, Sunlight, Bikini Atoll et Sonar) de Glénat Comics revient avec un album très prometteur : Blood Red Lake. Véritable point de rencontre pour les amateurs de culture dite « de genre », cet attirail indispensable pour tout fan de bisserie nous livre des récits imaginés par des passionnés, dans un noir et blanc très à-propos. Voyons si ce nouveau venu réussit à garder le niveau de qualité qu’on lui connaît jusqu’ici.

Dans Blood Red Lake, on fait la connaissance de Danny et Nathan, deux étudiants que rien ne peut venir perturber. En effet, ils flottent comme sur un nuage : ils sont sur la route de la plus grosse fête de l’année, et pour couronner le tout ils vont faire le voyage avec deux des filles les plus séduisantes du lycée. Tout va bien dans le meilleur des mondes, et ils ont même la chance de voir passer, dans le ciel, une étoile filante… ou plutôt une météorite. Après une petite nuit de sommeil, ils reprennent le volant, mais un événement plus qu’inquiétant va tout bouleverser : au bord de la route, ils aperçoivent un homme en massacrer un autre. Au couteau, avec une rage terrible. Dès lors, il est évident que les réjouissances vont se transformer en véritable massacre…

Avec Blood Red Lake, on retrouve avec un grand plaisir l’auteur Christophe Bec, dont on aime beaucoup la série Sanctuaire. Un scénariste bien connu des amateurs de bandes dessinées certes et, entre nous, qu’on aimerait voir pas très loin du septième art, dans un cinéma français qui aurait bien besoin de ses talents. Bref, revenons vers l’album qui nous intéresse ici, et que l’on qualifiera de mélange des genres. Blood Red Lake allie les forces du road trip, du slasher et du film d’infestés, au sein d’un seul et même récit qui a tout compris à ce que les amateurs de ces œuvres attendent. On sent évidemment une tonalité très « film de série B », et c’est tellement maîtrisé que Christophe Bec nous emporte exactement là où il veut, dans cette dimension où l’on peut rire notamment de filles ou de mecs hypers légers, mais aussi s’inquiéter pour leur destin, à l’image de ce qu’Alexandre Aja a pu réussir avec son Piranha 3D.

image glenat comics bblood red lakeUn récit qui ne cesse de se renouveler

Blood Red Lake réussit non seulement à devenir le meilleur album de la collection Flesh & Bones, mais surtout Christophe Bec semble progresser, et délivre une histoire qui ne cesse de se renouveler, tout en ne faisant jamais grand mystère de ce qui se trame réellement. La première partie fait comme celle de Massacre à la Tronçonneuse, et de tout un tas de grands films de genre par ailleurs (Evil Dead, Wolf Creek, Predator…) : elle installe les personnages via un espace confiné, ici celui de l’habitacle d’une voiture. Par de petites touches, l’auteur instille un peu de tension, notamment après que le lecteur ait observé ce qu’il va de suite percevoir comme la menace qui plane : une comète dont on devine que la trajectoire va la mener vers un impact avec notre bonne vieille Terre. Dès lors, le récit de Blood Red Lake devient foufou juste ce qu’il faut pour ne pas, non plus, qu’il soit brouillon, ni extravagant. Sans spoiler, on est dans une histoire d’infectés, de parasites dont les effets rappelleront aux cinéphiles accomplis un certain Frissons de David Cronenberg. Avouez que la tambouille fait grave envie…

Autre force de Blood Red Lake, une des règles imposées par l’éditeur Glénat Comics : le noir et blanc. Parfait pour créer le stimuli de l’imagination, il faut tout de même que l’illustrateur soit assez fin pour jouer avec cette palettes et, surtout, ces dégradés qui en font toute la richesse. Ça tombe bien, le brésilien Renato Arlem est tout à fait capable d’atteindre cet objectif, lui qui a beaucoup travaillé chez Marvel, notamment sur les séries X-Men ou X-Factor. Son style, très expressif avec une propension pour les gros plans, souligne parfaitement l’atmosphère qui règne dans cet album décidément de grande qualité. Si on ajoute que Glénat Comics est toujours aussi à cran quand il s’agit de la finition de ses albums, ici avec des rabats et un très agréable au touché, alors on ne peut que l’affirmer : la collection Flesh & Bones est bel et bien l’une de nos meilleurs découvertes de l’année, et Blood Red Lake en est le meilleur des représentants… pour le moment !

Blood Red Lake, un comics écrit par Christophe Bec, illustré par Renato Arlem. Aux éditions Glénat Comics, collection Flesh & Bones, 128  pages, 14.95 euros. Sortie le 12 octobre 2016.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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