[Critique] Aliens Xenologie – Collectif

Caractéristiques

  • Traducteur : Fred Wetta
  • Auteur : Collectif
  • Editeur : Wetta
  • Collection : Replay
  • Date de sortie en librairies : 13 juillet 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 60 pages
  • Prix : 13,95€
  • Acheter : Cliquez ici

Une anthologie pour les collectionneurs

Comme vous la savez, via nos quelques critiques de comics se basant sur le xénomorphe (dont la dernière en date est Aliens : Solitaire), l’univers Aliens est loin de se résumer aux films de cinéma. Dont le dernier a été une cruelle déception, il est toujours bon de le rappeler. La mythologie est pour le moins étendue, et nombreux sont les artistes qui aiment y chercher matière à développements. Ainsi, certaines histoires ont même réussies à se rendre quasi indispensables pour la bonne compréhension de l’ensemble de la licence, c’est qui n’est pas un mince exploit. Avec Aliens Xénologie, on est plus dans de la friandise, une sucrerie qui rassemble cinq histoires courtes, parues dans des magazines américains. Et nous allons voir que quelques unes ont retenu notre attention, tandis que les autres sont plus oubliables.

La première de ces histoires, intitulée Le goût (Mark A. Nelson et Edward Martin III), est sans doute la plus légère… du moins en apparence. En une poignée de pages, l’auteur réussit à capter l’un des éléments essentiels de la licence Aliens, et qui malheureusement n’a pas été retenu côté cinéma : l’univers étant immense, il doit bien réserver quelques prédateurs encore plus costauds. Du genre qui se régaleraient de facehuggers… La seconde, Frontière (Tommy Le Edwards, Darko Macan), souffre d’une narration pas très claire, qui malheureusement fait passer à côté d’un fond plutôt bon. On est en pleine métaphore des migrants, avec les aliens comme éléments quelque peu perturbateurs.

Une édition soignée

Chasseurs (Gene Colan et Mike W. Barr) est la troisième histoire. Son style graphique surprend, très crayonné, comme élaboré en cours de dessin avec des crayons à papier HB, 2B etc. Mais si, vous voyez très bien le genre. En tout cas, le style, faussement simpliste, est sans doute plus élaboré que l’histoire en elle-même, même si le tout reste fluide. Le quatrième scénario, Les anciens dieux (Leif Jones, John Stokes et Nancy A. Collins), est sans aucun doute le gros morceau d’Aliens Xénologie, celui qui fait que l’album se doit d’être lu si vous êtes fans du xénomorphe. Ici, c’est Lovecraft qui est invoqué, donc vous imaginez bien la folie qui peut s’en dégager. On fait connaissance d’une secte complètement maboule, et le monstre va se trouver une utilité que l’on qualifiera de jusqu’au-boutiste. Une histoire courte, mais intense, et qui démontre bien tout le potentiel narratif de la licence.

Enfin, 45 secondes (Frank Teran, Darko Macan) nous raconte un récit minuté, comme son titre l’indique. On ne peut que penser au dantesque final d’Aliens, le retour, et c’est certainement voulu : un homme fuit des xénomorphes, mais aussi une explosion qui aura des effets corrosifs. Sans une ligne de dialogue, l’auteur construit un récit ultra simple, basé sur le mouvement. Au final, Aliens Xénologie propose certes trois histoires anecdotiques, mais pourra sans doute intéresser les fans plus ou moins hardcores de cet univers. Très bel objet, en provenance des éditions Wetta (une maison habituée à mettre les petits plats dans les grands), qui rejoindra sans mal une collection dédiée au xénomorphe. Seul petit regret : qu’on n’ait pas droit à une introduction, pour nous présenter les différents travaux. Surtout que Fred Wetta, qui s’occupe de l’adaptation et de la publication, excelle dans ce domaine. Par contre, on ne peut que souligner le gros effort effectué sur les couvertures, la qualité d’impression, du papier. Comme d’habitude avec cet éditeur : ça sent la passion, et c’est communicatif.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
5/10

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