[Critique] L’arche de Darwin — James Morrow

Caractéristiques

  • Titre complet : L'arche de Darwin ou Une préférence pour le singe
  • Traducteur : Sara Doke
  • Auteur : James Morrow
  • Editeur : Au Diable Vauvert
  • Date de sortie en librairies : 18 mai 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 588
  • Prix : 23€
  • Acheter : Cliquez ici

James Morrow est avant tout connu pour son rapport passionnel avec les questions de religion. Sa trilogie Jéhovah, ainsi que son roman Notre Mère qui êtes aux cieux, sont les premières preuves de la relation aussi intense qu’irrévérencieuse que l’auteur entretient avec le fait religieux. Avec L’arche de Darwin, il persiste dans cette voie en s’attaquant au pavé de référence qu’est L’Origine des espèces et au créationnisme. Comment rendre attrayant un sujet aussi complexe ? Comment le tourner en une histoire qui puisse toucher tout le monde, malgré tout un côté scientifique “intouchable” ? C’est là toute la complexité et le défi que James Morrow a dû affronter.

Une jeune fille aux rêves pas comme les autres

Chloé Bathurst est une jeune femme qui rêve d’évasion et d’une vie autre que celle qu’elle a toujours connue, entre pauvreté et misère. Elle s’échappe par le théâtre, domaine dans lequel elle excelle et qui lui vaut de la reconnaissance. Mais, après une diatribe endiablée contre les injustices de la société, elle perd toutes chances de pouvoir se faire embaucher dans une troupe. Elle décide alors de tout lâcher et se retrouve, par hasard, gardienne du zoo de Charles Darwin. Celui-ci est en plein dans l’écriture de L’Origine des Espèces et, lorsque Chloé assiste au débat entre le botaniste et d’autres scientifiques, elle adopte ses idées. Elle décide alors de participer à un concours intitulé “Le Grand Concours de Dieu” afin de prouver la véracité de l’évolution des espèces. Commence un long périple aussi onirique que fantastique, qui va la conduire au bout du monde.

La mise en scène d’une théorie scientifique

S’il y a un sujet qui est toujours largement débattu à travers le monde, c’est bien l’opposition entre Evolutionnisme et Créationnisme. Si la France n’est pas la plus touchée, de nombreux pays (notamment les Etats-Unis) n’ont toujours pas de position tranchée. James Morrow s’attaque donc à un double mastodonte : la vulgarisation de l’Evolutionnisme et la réfutation (ou non, mais on a une idée dès le titre du livre) du Créationnisme. Il est évident pour tous ceux qui ont lu (ou essayé de lire) l’œuvre de Darwin que la tâche n’est pas aisée. L’auteur s’en sort relativement bien face à ce challenge, en parvenant à mettre en scène de façon farfelue les pistes ontologiques, les non-sens bibliques… Cela fonctionne donc, mais jusqu’à un certain point : il est facile pour un lecteur un peu distrait — ou qui n’arrive pas à accrocher aux différentes démonstrations scientifiques — de lâcher prise et de passer à côté de ce roman hors du commun.

L’Arche de Darwin est un pavé qu’il faut aborder l’esprit clair pour pouvoir saisir toutes les subtilités, du cheminement de l’héroïne. Et si, au final, ce sont des aventures fantasques que l’on suit, c’est parce que le personnage de Chloé Bathurst nous enchante. Aussi intrépide que déterminée, elle n’hésite pas à mettre de côté sa condition de femme londonienne au sein de la société victorienne pour poursuivre ses rêves. Et c’est cela aussi, l’Evolution !

7/10

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