[Critique] Back Street Girls Tome 2 – Jasmine Gyuh

Caractéristiques

  • Traducteur : Patrick Alfonsi
  • Auteur : Jasmine Gyuh
  • Editeur : Soleil Manga
  • Date de sortie en librairies : 23 août 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 7,99€
  • Acheter : Cliquez ici

Les Gokudolls trouvent un rythme de croisière

C’est avec un certain plaisir que nous revenons vers la série Back Street Girls, pour un second tome qu’on espèrait au moins aussi drôle que le précédent. Il faut écrire que le terreau, sur lequel se développe l’œuvre de la mystérieuse auteure Jasmine Gyuh, a de quoi surprendre. Rappelons qu’on aborde là un univers très cocasse, dans lequel trois yakuzas ont fauté si durement que leur ignoble boss leur impose… une chirurgie esthétique. Pour se racheter, le trio d’homme prend la direction de la Thaïlande, afin de devenir de belles jeunes femmes. De retour au Japon, ces dernières forment un groupe d’idols, et perdent de leur virilité apparente. Oui, c’est pour le moins saugrenu, et l’on espérait que la formule fonctionne sur la longueur. Avec raison ?

Back Street Girls Tome 2 s’attache à nous décrire les Gokudolls, un groupe de plus en plus populaire qui, avec le succès, connaît ses premières invitations à la radio, et à la télé. Nos anciens yakuzas, désormais délicieuses idols, commencent à laisser leur empreinte un peu partout, et leurs coups de griffes finissent même par leur nuire. Mais de là à justifier la création d’une Association des victimes des Gokudolls…

Des complications qui évitent le sentiment de répétition

Back Street Girls Tome 2 reprend, bien évidemment, le format épisodique des histoires qui composent les volumes. On rappelle que la narration, très énergique, s’attache à construire un grand tout en décrivant de petites histoires, des morceaux de vie drôles et farfelus. Airi, Mari et Chika (anciennement Kentarô Yamamoto, Ryô Tachibana et Kazuhiko Sugihara) sont toujours sous le joug d’un chef de clan au-delà des limites psychiatriques, qui leur inflige un entraînement pour le moins physique. Aussi, on retrouve Mandarine Kinoshita, le manager sûr de lui, qui doit faire face à des questionnements assez…scabreux. Le manga ne fait pas dans la dentelle, comme lors de la quatorzième histoire (la numérotation prend la suite du précédent tome), intitulée Docteur ès jeunes filles. Humour pipi-caca certes, mais qui fera mouche si vous êtes sensible à la comédie parfois un peu grasse. D’ailleurs, signalons ici l’excellent travail de traduction, signé Patrick Alfonsi, qui réussit à trouver le juste milieu entre exactitude et adaptation.

Back Street Girls Tome 2 fait aussi dans l’humour plus fin, comme lors du dix-neuvième chapitre, « Pour qui », au cours duquel Airi semble trouver en elle l’envie de plaire. Aussi, on sent une sorte de relance à partir de la vingtième histoire, l’occasion de faire un focus sur les fans d’idols, et autres personnages peu glorieux. Le moyen, aussi, de ne pas tomber dans une sorte de routine qui pourrait s’installer fatalement. On peut tout de même émettre un regret : apparemment, Jasmine Gyuh conchie allègrement sur le milieu de ces chanteuses, et perd de vue toute notion de retenue. La critique, dans ce cas précis, n’apportent aucun espoir pour les fans, des hommes sentimentalement perdus, et l’on se contente de rire d’eux. Les effets comiques sont de bonne facture, donc cela fonctionne, mais on aurait apprécié plus d’optimisme. Malgré cette anicroche, Back Street Girls Tome 2 nous a tant amusé, et gagne tant en rythme, que l’objectif de l’auteur est atteint. Vite, la suite.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
6/10

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