[Critique] Love Me Tinder – Ricki Schultz

Caractéristiques

  • Auteur : Ricki Schultz
  • Editeur : J'ai Lu
  • Date de sortie en librairies : 4 octobre 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 379
  • Prix : 7,60€
  • Acheter : Cliquez ici

Prof etc…

Peu connu en France, Ricki Schultz a déjà publié trois romans et collaboré dans le prestigieux Writer’s Digest. Love Me Tinder, paru aux éditions J’ai Lu (Le premier miracle) est son nouveau roman. Dans celui-co, Rae est à la recherche du cavalier idéal pour le mariage de sa meilleure amie. Avons-nous affaire à un énième Bridget Jones, ou à un peu plus originale ?

Love Me Tinder s’intéresse à Rae (de son vrai prénom Rachel, 34 ans et une phobie des mariages. Depuis son divorce et son aventure tumultueuse avec un homme marié, elle enchaîne les histoires sans lendemains, rejetant les potentiels galants au premier coup d’œil. Val et Quinn, ses deux meilleures amies de toujours et institutrices dans la même école, veulent lui redonner espoir et se fixent comme objectif de lui trouver un partenaire pour le mariage de Quinn. Elles l’inscrivent (de force) sur Spark, site de rencontre comparable à Tinder, et les mésaventures commencent : aucun homme ne trouve grâce aux yeux de Rae, laquelle se force à quelques rendez-vous plus ou moins réussis. Hormis Val et Quinn, elle peut compter sur l’appui de Sarah, jeune institrice également, et surtout de Nick (surnommé Hot-Nick) qui fait des remplacements dans son école. Sous le couvert d’une amitié naissante, ils vont se rapprocher, ce qui va entraîner Rae dans de multiples complications et une remise en question. Elle va devoir se rendre à l’évidence : jamais elle n’aurait imaginé qu’un site de rencontre engendrerait un tel cataclysme…

De généralités en clichés

Rae, Val, Quinn, Sarah et même Nick : personnages n’est novateur dans ce roman. Rachel, personnage principal de Love Me Tinder, n’est en aucun cas attachante, que ce soit par ses excès d’humeur perpétuels, ou son égocentrisme exacerbé. Hormis le fait qu’elle prend plaisir à enseigner à ses élèves, elle ressemble beaucoup au rôle de Cameron Diaz dans Bad Teacher, film qui n’était déjà pas particulièrement réussi. Elle a la gueule de bois un jour sur deux, n’aime que son beagle, mais dit malgré tout rêver d’une famille unie et heureuse. Une famille, Val en a une. Un mari et quatre enfants dont elle ne cesse de poster des photos sur les réseaux sociaux, trop fière de pouvoir exhiber son bonheur au monde entier. Pour autant, celle qui se sent parfaite ne l’est qu’en apparence, il suffit gratter un peu pour découvrir que tout n’est pas comme il paraît. En ce sens elle se rapproche du personnage de Lynette Scavo dans Desperate Housewives. Quinn n’existe plus que pour son prochain mariage, vivant toujours dans l’angoisse de se faire abandonner devant l’hôtel, comme lors de son précédent engagement. Sarah est le cliché de la jeune fille belle et fêtarde qui ne prend rien au sérieux. Quant à Nick, son personnage fait référence Channing Tatum, ou ce qu’on peut voir dans le film Magic Mike. Hum.

Tout ce petit microcosme évolue dans la ville de Plantation en Floride. Heureusement, l’auteure nous épargne les visions de plages de sable blanc (hormis lors du week-end d’enterrement de vie de jeune fille) ou de crocodile. Par contre on retrouve également une doyenne de l’école sévère-mais-pas-trop, une matrone faisant perpétuellement des allusions sexuelles tout en distribuant des bonbons et une panoplie de célibataires dignes d’un sketch d’Elie Semoun. Parfois, cela fonctionne : on rit bien. Mais, au fond, on sait que ces éléments sont trop attendus pour créer un vrai intérêt.

Un style convenu

Si les personnages de Love Me Tinder ne sont pas à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un roman de chick-lit, le style est tout à fait convenable : c’est fluide et accrocheur. Seule chose véritablement agaçante, à rendre l’expérience parfois carrément gonflante : la manie de Ricki Schultz de vouloir montrer une Rae spirituelle. Le roman est truffé de références à la pop culture américaine, ce qui peut être extrêmement agréable et sympathique, mais s’avère ici d’une sacrée lourdeur. De même que l’usage intensif de hashtag peut sembler sans intérêt, et ne contribue en rien en la construction d’un personnage principal qu’on veut nous décrire comme cultivé.

Love Me Tinder est loin d’être un grand livre. Il est, au final, trop prévisible pour être particulièrement remarquable. Il se laisse malgré tout lire sans difficulté, et il n’y a pas besoin de se concentrer pour atteindre un final à l’image de cet ouvrage : loin d’être mémorable, même si l’on se marre un peu.

4/10

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