[Critique] Comme une ombre – Pascale et Gilles Legardinier

Caractéristiques

  • Auteur : Pascale & Gilles Legardinier
  • Editeur : J'ai Lu
  • Date de sortie en librairies : 11 avril 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 285
  • Prix : 11,90
  • Acheter : Cliquez ici

Comme une ombre aux éditions J’ai Lu (Love Me Tinder, Le premier miracle, Le jour où Anita envoya tout balader) est le premier livre à quatre mains pour l’auteur à succès Gilles Legardinier. Pour cet essai, il a fait le choix aussi ambitieux qu’étonnant de co-écrire avec son épouse Pascale. Est-ce que cette romance est à la hauteur de la prolifique bibliographie du romancier ?

La rebelle et le militaire

Alexandra Dickinson a 28 ans et sa beauté n’a d’égale que sa fortune. Fille du richissime Richard Dickinson, elle rejette la carrière toute tracée dans l’entreprise familiale et se cherche en voyageant à travers le monde et en se passionnant pour les Arts. Son père lui impose depuis sa plus tendre enfance une “ombre”, un garde du corps qui doit la suivre et la protéger dans tous ses déplacements. Rien n’amuse tant Alexandra que de faire tourner en bourrique ces hommes pourtant préparés à affronter les pires situations.

Alors que l’un d’eux vient encore d’abandonner son poste, son père recrute Tom, légionnaire aussi intrépide que tête brûlée. De Madagascar au Maroc, Alexandra va tout faire pour s’en débarrasser, le pensant, comme les précédents, inutile, jusqu’à ce que le danger qui rodait autour d’elle ne finisse par s’abattre.

Une eau de rose assumée

Ecrit au début de la carrière du romancier, cette histoire avait déjà été publié en 2001 dans la collection Amour et Passion. Dans sa préface, Gilles Legardinier présente la genèse du roman : il ne faut pas se tromper, c’est un roman de Pascale et non de Gilles. Le style est donc très différent de ses ouvrages les plus connus. C’est donc voulu et assumé que, suite à un pari avec son éditeur, l’auteur se lance dans une intrigue digne de Barbara Cartland.

Mièvrerie et prévisibilité

Une fois averti du style revendiqué du roman, on trouve ce que l’on est venu chercher : des personnages clichés, du luxe, de la beauté, de la rébellion, du danger et (spoiler) un happy end. Ni Alexandra ni Tom ne sont sympathiques, elle en archétype de la riche et belle héritière qui refuse son héritage tout en vivant dans l’ultra luxe, prétendant être simple tout en ne réussissant qu’à être une peste pourrie gâtée. Lui en militaire dur à cuire qui ne se laisse jamais impressionner et qui n’a (ou se plait à n’afficher) aucun sentiment.

Il est évident, même sans lire le roman, juste à leurs descriptions respectives, qu’ils arriveront non seulement à travailler ensemble, et plus encore.

Décors avant personnages

Si les paysages ont la part belle, ce n’est pas le cas des personnages, même secondaires. Les scènes se déroulant au Maroc sont écrites avec talent, le lecteur peut aisément s’imaginer le souk ou les paysages plus montagneux même sans avoir les avoir vus. C’est, de loin, le point le plus positif et réussi du roman. En revanche, les protagonistes sont relativement pauvres : hormis Alexandra et Tom, ils n’ont pas d’histoire et sont de passage pour servir l’aventure et l’idylle des deux héros. Cependant, ce n’est pas gênant puisque ce n’est pas ce que l’on attend d’une romance.

Comme une ombre est un roman à l’eau de rose revendiqué, écrit au départ comme une blague entre un éditeur et un de ses écrivains. Il possède toutes les qualités et tous les défauts inhérents au genre : simpliste, distrayant, c’est le livre idéal pour se changer des polars tout en gardant du suspense et de l’action.

Il est à noter que cette édition est complétée par deux nouvelles en fin de roman sur le thème du repas et de la convivialité, anecdotes réelles plutôt plaisantes à lire.

6/10

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