[Critique] La magie du rangement illustrée — Marie Kondo & Yuko Uramoto

Caractéristiques

  • Traducteur : Fabien Vautrin & Maiko_O
  • Auteur : Marie Kondo (texte) & Yuko Uramoto (dessins)
  • Editeur : Kurokawa
  • Collection : KuroPop
  • Date de sortie en librairies : 8 mars 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 190
  • Prix : 7,65€
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Une version manga de la célèbre méthode

Véritable phénomène d’édition depuis sa parution en 2015, La magie du rangement de Marie Kondo s’est vendu à plus de 8 millions d’exemplaires dans le monde. Cette jeune Japonaise férue de rangement depuis son plus jeune âge a conçu une méthode qui lui est propre afin de trier et ranger de manière efficace, même (et surtout) lorsque l’on est bordélique ! Suite à ce succès international, voilà que débarque chez nous une version illustrée dans la toute nouvelle collection KuroPop des éditions Kurokawa, dont il s’agit du deuxième titre publié après l’artbook Traits de famille de Thomas Romain.

Le concept a du coup été adapté en manga avec des dessins de Yuko Uramoto. Nous suivons les aventures de Chiaki, une jeune Tokyoïte menant une vie active et croulant sous le désordre de son petit appartement, qu’elle ne trouve jamais le temps de ranger, se contentant d’entasser ses possessions. Après avoir essuyé les critiques de son nouveau voisin, elle décide de faire appel à Marie Kondo pour l’aider à ranger son logement. Sa vie va s’en trouver bouleversée…

Une approche originale du tri

Divisé en 10 chapitres thématiques, La magie du rangement illustrée surprend par la simplicité apparente de son approche et le côté fun de son histoire : les auteurs en ont volontairement beaucoup rajouté en faisant de l’appartement de Chiaki un véritable capharnaüm, avec des montagnes d’affaires entassées à même le sol, et cet aspect humoristique fonctionne bien. C’est là l’un des grands atouts du livre, qui se donne pour mission de divertir ses lecteurs tout en leur inculquant les grands principes de la méthode de Marie Kondo. Résultat : cette leçon de rangement se lit vite, de manière agréable, et se retient facilement. 

La méthode, parlons-en ! La magie du rangement, c’est avant en réalité trois-quarts de tri pour un quart de rangement à proprement parler. Cela tient au fait que Marie Kondo, qui est également consultante et se déplace chez ses clients, a souvent remarqué que les gens avaient tendance à stocker énormément de biens dont ils ne se servaient pas, et éprouvaient de véritables difficultés à jeter. Cela aboutit du coup à des logements contenant un trop-plein d’objets que leurs propriétaires ne parviennent pas à ranger convenablement faute de place et de motivation. Elle a alors retourné le problème : plutôt que de chercher des objets à jeter, elle encourage ses clients à réfléchir à ce qu’ils veulent vraiment garder. Pour déterminer la valeur d’un objet et si cela vaut la peine de le conserver, sa méthode est très simple : cet objet fait-il vibrer le coeur de son propriétaire ? Si oui, on garde, autrement, on jette, revend ou donne.

Dis comme ça, cela peut sembler quelque peu fantaisiste, mais le développement du raisonnement apparaît en fin de compte plein de bon sens et passe plutôt bien par le cas de mise en pratique développé à travers le personnage de Chiaki, cette jeune femme entourée d’objets de son passé qui ne lui sont d’aucune utilité. Les objets sont triés par catégories (vêtements, livres, papiers, objets divers et variés), avec une méthode à part pour les papiers, qui seront rangés différemment selon que l’on en ai besoin régulièrement ou non. Les souvenirs sont quant à eux triés en tout dernier, puisque ce sont généralement les choses dont nous avons le plus de mal à nous défaire. A ce sujet, nous serions sans doute moins implacables que Marie Kondo, qui aurait tendance à reléguer beaucoup d’effets intimes du passé aux oubliettes, et donne quelques consignes décalées qui peuvent laisser perplexes comme “Jetez toutes les choses trop embarrassantes sur lesquelles on pourrait tomber après votre mort” ! Mais ses conseils donnent néanmoins à réfléchir au poids que nous accordons à ces objets nous rattachant à notre passé. La meilleure façon d’effectuer du tri revient alors à savoir si ces souvenirs sont heureux ou non, et s’ils nous retiennent inutilement en arrière ou non.

Lorsque ranger devient un jeu

Vient ensuite le moment de ranger ce que nous avons décidé de garder et, de ce côté-là, La magie du rangement illustrée regorge d’idées pratiques, que ce soit pour plier de manière optimum nos vêtements en prenant le moins de place possible, ou encore pour recycler des boîtes à chaussures que l’on transformera en boîtes à rangement. Le but étant de faire avant tout avec ce que l’on a plutôt que d’acheter des dizaines d’ustensiles de rangement qui ne sont pas toujours bien nécessaires. En ce sens, la méthode de Marie Kondo est d’une efficacité redoutable et a tout pour séduire. Les préceptes sont bien intégrés à la bande-dessinée, de même que les éléments personnels du parcours de l’auteure, qu’elle raconte à certains moments opportuns à Chiaki.

Alors certes, on pourra toujours doucement sourire à l’idée que c’est après avoir rangé son logement que le personnage principal trouvera l’amour, mais, au-delà de l’humour manifeste de l’histoire, il y a néanmoins là quelque chose d’assez juste : notre logement nous représente, et son désordre peut traduire un désordre intérieur. En triant et en rangeant, on peut alors y voir plus clair, être davantage ancrés dans le présent et tournés vers l’avenir, chose plus difficile à faire lorsqu’on croule sous le poids d’objets prenant la poussière.

Au final, La magie du rangement illustrée est une belle adaptation du livre de Marie Kondo, drôle, légère et dynamique, qui permet d’envisager le tri et le rangement sous un jour ludique peu évident de prime abord. On apprécie la simplicité de la mise en pratique de cette méthode, et le dessin très kawaii de Yuko Uramoto, qui rend la lecture plaisante.

7/10

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