Les Chroniques de Groom Lake – Ryall, Templesmith : la critique

Caractéristiques

  • Auteur : Chris Ryall, Ben Templesmith
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Contrebande
  • Date de sortie en librairies : 21 février 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 128
  • Prix : 15,50€
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Des extraterrestres, et de l’humour bien gras

Alors que la onzième saison de X-Files vient de se terminer (dans un final absolument honteux, on l’abordera dans un prochain article), la passion des petits homme verts, ou plus précisément gris, ne s’éteint pas. Et celle-ci peut prendre bien des formes, qu’elles soient dirigées vers la science fiction paranoïaque, horrifique, fragiles-friendly ou rigolote. Alors que la télé passe à côté de ce sujet lamentablement, le comics semble y porter une meilleure attention plus particulière. Et la bande dessinée ici abordée, Les Chroniques de Groom Lake, prouve à quel point le genre peut encore nous intéresser.

Alors qu’il glande en récupérant d’une sacrée gueule de bois, des sortes d’hommes en noir viennent extirper Karl Bauer de son domicile. Direction un étrange endroit, situé du côté de Roswell, dans le Nevada, et sans trop avoir le choix. Plus précisément à Groom Lake, là où a été installée la fameuse Zone 51. Il y a quelques années, le père de Karl fut enlevé par des aliens, et en était revenu pour le moins changé. Aujourd’hui, Karl est pris au piège d’une conspiration visant à fabriquer des armes à l’aide d’une technologie extra-terrestre…

Les Chroniques de Groom Lake, du nom de ce lac situé en proximité de la fameuse zone 51. Mais si, vous savez, cette sorte de territoire dans le territoire, aux États-Unis, qui fait naître bien des fantasmes chez les amateurs de la théorie du complot. Bref, c’est dans cet espace militaire que l’histoire prend place, profondément sous terre, là où toutes les expérimentations farfelues sont éventuelles. Sauf qu’ici, l’auteur Chris Ryall (Zombies Vs Robots) nous présente un univers dans lequel les complots ne sont pas fantasmés. Mieux, on retrouve des figures bien connues (on vous laisse le plaisir de la découverte), qui se sont retrouvées dans la pop culture afin de stopper net certaines fuites, dues à une surveillance parfois difficile à perfectionner. Vous décelez là de l’humour ? Vous avez raison, car la principale force de ce comics est son comique gras, effectivement assez efficace.

Ben Templesmith fidèle toujours aussi bon

Les petits bonhommes gris des Chroniques de Groom Lake ont une attirance toute particulière pour les parties intimes des êtres humains. Ils fument comme des pompiers, aiment le chocolat, de quoi créer un comique de réplique assez croquignolesque. Alors certes, on pourra aussi trouver le résultat un peu lourd, tout dépendra de l’humour qui vous séduit, mais si vous accrochez alors il y aura du rire à quasiment chaque page. Par contre, le récit est un peu plus problématique. Le cheminement n’est pas en cause, on comprend très bien où va Chris Ryall, avec quels personnages, et quelles sont les mentalités qui les accompagne. C’est surtout que tout est un peu trop cousu de fil blanc, n’est pas assez surprenant. Aussi, le concept des entités issues d’oeuvres de la pop culture manque d’envergure, en comparaison avec ce que le concept laisse entrapercevoir. Cela reste agréable, qu’on soit d’accord, mais on en aurait aimé encore plus.

Surtout que les dessins des Chroniques de Groom Lake, assurés par l’excellent Ben Templesmith, sont largement à la hauteur de ce qu’il livre habituellement. Rappelons que l’artiste est celui de 30 Jours de Nuit, de Hellspawn, et de Fell. C’est sombre, plein de personnalité, on est très client de ces expressions très marquées, mais pas à l’excès. Ce serait se tromper que de penser que l’album vaut avant tout pour ses illustrations, mais les amateurs de coups de crayons envoûtants en auront pour leur argent. Sachez aussi que l’édition, signée Delcourt (Kill or Be Killed, Hillbilly), complète le récit par une préface, signée Wheatley Strieber, et une galerie de superbes couvertures.

6/10

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