Deus EX Universe Dissidence – Irvine, Aggs : notre critique

Caractéristiques

  • Auteur : Alex Irvine, John Aggs
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 4 janvier 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 131
  • Prix : 14€
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Un préquel d’intérêt

C’est un sacré bond dans le temps qu’on vous propose : voilà dix-huit ans, Eidos Interactive éditait le jeu vidéo Deux EX, qui allait devenir totalement culte. Ce jeu, signé par le studio Ion Storm, conceptualisé par le duo très talentueux formé par Waren Spector (System Shock) et Harvey Smith (Dishonored 2), a marqué toute une génération de joueurs, de par son univers dystopique et l’intégration d’un gameplay très RPG. Sa suite, Deux EX : Invisible War, sortie en 2003, fut une véritable déception pour les fans. Après cet échec public et critique, on croyait la licence perdue à jamais. Pourtant, huit années plus tard, la série se relance avec Deus EX : Human Revolution, grâce à l’éditeur Square Enix. Un retour couronné de succès, suivi de l’excellent Deus EX : Mankind Divided, qui aura su définitivement réinstaller la licence dans le paysage vidéoludique. Dès lors, et étant donné les grandes qualités d’écriture de l’ensemble de la série, on s’attendait à ce que celle-ci se décline sous plusieurs formes. On a abordé un roman, ici c’est au tour de Deus EX Universe : Dissidence, un comics aux éditions Mana Books.

L’action de Deus EX Universe : Dissidence se déroule en 2029. Deux ans après l’Incident, un acte terroriste aux répercussions mondiales, les Augmentés, des citoyens transformés par la technologie et libérés de leurs limitations physiques, sont au cœur de toutes les tensions. Profitant de ce climat de crise, un groupe d’extrémistes fomente une révolution menaçant de détruire toute possibilité de cohabitation… et c’est à l’agent Adam Jensen qu’il incombe de stopper une bonne fois pour toutes les dissidents.

Les fans de la licence auront de suite compris le contexte du récit, mais nous allons tout de même le replacer. Deus EX Universe : Dissidence prend place deux ans après Human Revolution, et quelques semaines avant le tout début de Mankind Divided. De ce dernier jeu cité, on en retrouve le personnage principal, Adam Jensen, un agent augmenté. Vous l’aurez compris, on fait face à un préquel en bonne et due forme, qui vise à sonder la personnalité de ce personnage, mais aussi à faire la lumière sur ce qui l’a mené à son état d’esprit, en début de jeu. De ce point de vue, on ne peut que se satisfaire de la matière scénaristique que le comics nous délivre. Beaucoup d’informations au programme, parfois assez pointues, ce qui nous fait penser que, pour apprécier l’œuvre à sa juste valeur, il faut déjà connaître le jeu vidéo, l’avoir parcouru.

Parfois bavard, mais précis

Avec cette première mission de Jensen, au sein de la très rude Task Force 29, Deus EX Universe : Dissidence fait le nécessaire pour capter l’attention des fans de la licence vidéoludique. En ne cédant pas aux sirène de l’action intrusive, l’univers est bien mis en avant. Cela pourra contrarier les amateurs de gunfights tous azimuts, mais l’esprit de la série n’est pas dans les flingues, même s’ils s’expriment beaucoup, du moins quand l’infiltration n’a pas fonctionné. On s’attarde, avec plaisir, sur l’ambiance, les problèmes de société que provoquent les augmentés, les réactions épidermiques à leur existence. Assez sombre, notamment avec une prise d’otage qui touche directement des enfants, le titre s’avère fidèle au matériel de base, tout en lui donnant un petit coup de boost côté background. Certes, c’est parfois bavard, certaines cases sont prises d’assaut par des textes. C’est, occasionnellement, un peu désagréable, ça atteint la fluidité, mais l’auteur, Alex Irvine (Batman : Inferno), n’avait guère le choix : il ne pouvait imaginer un préquel sans rentrer dans certains détails.

Deus EX Universe : Dissidence, c’est aussi des dessins, assurés par John Aggs (Robot Girl). Des illustrations qui rendent bien le mouvement, aux traits agréablement précis. Les couleurs sont parfois un peu tranchées mais, dans l’ensemble, les rétines sont gâtées. Quant à la direction artistique, elle est évidemment au niveau de celle des jeux. Le contraire aurait été un véritable coup dur, tant les fans de la licence sont du genre regardants. Pour finir, sachez que cette édition, signée Mana Books, soigne son contenu jusque dans les moindres détails. La couverture attire l’œil, la qualité du papier est conforme à ce qu’on peut attendre à ce genre de format, et la fin de volume est habitée par quelques bonus : la présentation des personnages, des couvertures, ainsi que des fausses publicités rigolotes.

6/10

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