[Critique] Tortues Ninja : L’histoire secrète du Clan Foot – Burnham, Santolouco

Caractéristiques

  • Auteur : Mateus Santolouco, Erik Burnham
  • Editeur : Hi Comics
  • Date de sortie en librairies : 21 mars 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 128
  • Prix : 14,90€
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Aux origines de Splinter et Shredder

Après s’être réservé une solide place dans les milieux de la fantasy, de la science fiction, et d’autres genres de l’imaginaire comme le thriller et la bit-lit, Bragelonne lance un nouvel univers : Hi Comics. Lequel, comme son nom l’indique, s’intéressera à la bande dessinée à l’américaine, prenant la suite de Milady Comics. Et, parmi les premier titres à sortir sous ce label, on compte l’une des licence les plus appréciées par les enfants des années 1980 : les Tortues Ninja. L’éditeur a voulu faire les choses le plus logiquement possible. C’est ainsi que les origines de l’antagoniste principal de la série, le maléfique Shredder, et de son clan diaboliquement sournois, sont au centre de cette histoire, sous-titrée L’histoire secrète du Clan Foot.

Avant New York, avant les Tortues humanoïdes, se jouait l’histoire de deux maîtres du Japon féodal. D’un côté, Hamato Yoshi, qui deviendra plus tard le sage maître Splinter. De l’autre, Oroku Saki, destiné à revêtir le masque du terrible Shredder. Héritier du trône des Foot, ce dernier va devoir faire face à ses propres démons, afin de mener à bien le destin de Takeshi Tatsuo, mystérieux fondateur du plus énigmatique et dangereux des clans ninja. Trahisons et rebondissement sont au cœur de ce comics, qui fera intervenir certains personnages bien connus des fans de la licence.

Les Tortues Ninja : L’histoire secrète du Clan Foot, fait office de one-shot immanquable, pour qui voudrait suivre les aventures de Donatello et ses frères. Pourtant, ce n’était pas gagné. On a tous en tête le très mauvais troisième film, sorti en 1993, et dont les terribles lacunes ont plongé la licence dans un véritable trou noir. Le point commun ? Le voyage dans le temps, même si, ici, il est raconté et non vécu par les tortues. Retour à l’époque du Japon féodal donc, mais dans le but de chouchouter l’univers, et non de l’exploiter n’importe comment. On ne perd jamais de vue les personnages emblématiques, qu’ils soient antagonistes ou secondaires, et c’est ce qui fait l’énorme différence : on apprend sur le compte de la série. D’ailleurs, on croisera un autre des bad guys de la série, mais on ne peut vous en apprendre plus…

Une atmosphère plus sombre qu’auparavant

Difficile de rentrer dans les détails sans risquer de spoiler. Les Tortues Ninja : L’histoire secrète du Clan Foot s’attache surtout à faire le ménage, placer un contexte ferme et définitif. Ainsi, on en termine avec la grotesque idée que Splinter aurait appris le ninjutsu dans un livre, par le plus grand des hasards. On a droit à une histoire plus profonde, qui s’appuie sur une véritable rivalité, et des problématiques anciennes. Pour ainsi écrire, on se désintéresse un peu de l’enrobage, qui nous fait suivre une histoire contemporaine clairement traitée comme mineure, pour se concentrer sur le destin maléfique de Shredder. L’écriture, signée par Erik Burnham et Mateus Santolouco, se fait parfois assez sombre, plus sérieuse que ce qu’on a connu dans les dessins animés, par exemple. Et ce n’est pas un mal, tant cela accouche d’une atmosphère inquiétante, que nous n’avions pas vu venir.

Autre belle réussite, Les Tortues Ninja : L’histoire secrète du Clan Foot profite de bien belles illustrations. Le dessinateur, Mateus Santolouco (American Vampire), fait preuve d’un sacré talent, notamment dans la mise en scène. Il se dégage de ce comics une bonne énergie, qui pousse à dévorer ce volume. Les traits sont marqués, les personnages s’inscrivent dans une vision plus imposante que joviale de l’univers. Les couleurs sont à l’avenant, le comics n’hésitant pas à peindre des ambiances aussi sombres que les actes décrits. Est-ce là une façon de replacer la licence, pour un public toujours fan, mais qui a grandi ? Possible. En tout cas, l’effet est validé ! D’autant plus que la qualité de l’édition est au rendez-vous, on a d’ailleurs droit à quelques dessins en bonus.

7/10

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