[Critique] Les Chroniques des Féals – Mathieu Gaborit

Caractéristiques

  • Titre complet : Les Chroniques des Féals : L'intégrale de la trilogie
  • Auteur : Mathieu Gaborit
  • Editeur : Bragelonne
  • Date de sortie en librairies : 14 mars 2018
  • Nombre de pages : 600
  • Prix : 25€
  • Acheter : Cliquez ici

Une lecture agréable sans être totalement satisfaisante

Après l’avoir découvert en tant que co-auteur de Confessions d’un Automate mangeur d’opium, il nous tardait de découvrir Mathieu Gaborit seul à l’œuvre. Il faut bien dire que ce nom nous était familier, lui qui a travaillé non seulement dans le domaine de la littérature imaginaire, mais aussi du jeu de rôle et vidéo. On l’a notamment vu au travail sur Outcast, soft sorti en 1999, qui a émerveillé les gamers grâce à un univers de science fiction précis et profond. Alors, quand on a eu l’occasion de lire Les Chroniques de Féals : L’intégrale de la trilogie.

Il est un endroit légendaire, au cœur de l’Empire de Grif’, dont on ne parle qu’à voix basse : la Tour Écarlate. Ce donjon de pierre rouge, entouré de mystère et de crainte, est la demeure des phéniciers. Depuis la nuit des temps, ces mages préservent un secret qui pourrait être vital dans la guerre qui s’annonce : la maîtrise des fabuleux oiseaux de feu ! Januel, le plus doué de leurs disciples, a été choisi pour faire renaître le phénix de l’empereur. Ce prodige doit sceller l’alliance des royaumes contre l’ennemi surgi du domaine des morts : la Charogne. Mais la cérémonie tourne au drame et confronte le jeune homme à un destin inouï…

Les Chroniques de Féals : L’intégrale de la trilogie présente, comme son sous-titre l’indique, l’histoire exhaustive. Complétée, c’est à souligner, de Carnets destinés à légèrement approfondir l’univers. Côté confort de lecture, c’est évidemment une très bonne chose que de pouvoir enchainer la découverte, surtout que l’édition, assurée par Bragelonne, est comme toujours très solide. Mais on vous voit bougonner en attendant qu’on vous livre ce qu’il y a de plus important : la qualité du récit. Celle-ci est, en fait, assez fluctuante selon les tomes. Le premier volume, Cœur de Phénix, est un véritable plaisir de tous les instants. Les deux suivants, Le Fiel et Le Roi des Cendres, sont un peu moins aboutis. On y découvre un univers qui offre à son auteur la possibilité de construire non seulement des peuples, mais aussi des relations entre eux. Le tout régit par un principe assez simple pour être immédiatement compréhensible : l’opposition entre l’Onde et le Fiel. Le Bien, et le Mal, opposition éminemment classique, mais tout aussi efficace.

Une adversité classique mais efficace

C’est dans cet univers qu’on suit le destin de Januel. Ce personnage est à la fois une force et une faiblesse pour Les Chroniques de Féals : L’intégrale de la trilogie. En effet, sa caractérisation va pousser vers deux éléments : le voyage initiatique, et l’élection, qui fait du protagoniste une sorte de messie. Les deux ont un peu de mal à s’imbriquer. Si l’on apprécie le cheminement à travers le M’Onde, et ce même si la description géographique de l’action est parfois un peu vague (la carte, en début de récit, vous sera utile plus d’une fois), c’est un peu moins vrai quand il s’agit de décrire certains actes. L’héroïsme a en effet du mal à convaincre quand, en même temps, il faut justifier l’initiation par le biais de la maladresse de Januel.

Heureusement, ce n’est pas éliminatoire : d’autres éléments font des Chroniques de Féals : L’intégrale de la trilogie un roman intéressant. Le rapport aux créatures légendaires réserve des moments magiques, qui provoquent des images très précises. Le trio, formé par Januel, Tshan et Scende fonctionne pas mal. La fin, très ouverte, pourra peut-être créer quelques frustrations chez celles et ceux qui aiment refermer un livre en ayant toutes les cartes en mains. On a un avis différent ici, tant ce choix permet aussi à l’univers de survivre assez efficacement, du moins pendant un temps. Enfin, le nombre de pages est juste dans la bonne moyenne : 600, de quoi faire face à un récit certes dense, mais jamais longuet. Voilà qui assure une lecture agréable, sans qu’elle ne se s’avère inoubliable à moyen terme.

0/10

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