[Critique] Confessions d’un Automate mangeur d’opium – Colin, Gaborit

Caractéristiques

  • Auteur : Fabrice Colin, Mathieu Gaborit
  • Editeur : Bragelonne
  • Collection : Steampunk
  • Date de sortie en librairies : 14 février 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 408
  • Prix : 9,90€
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Un roman parfois trop digressant

Le steampunk, voilà un genre qu’on aimerait croiser un peu plus souvent. Il faut dire que ce style est sans doute l’un des plus visuellement accrocheurs, dans le monde de l’imaginaire. Alors, le voir invoqué dans d’autres arts, et notamment le jeu vidéo (ah, Bioshock), cela donne toujours de bonnes sensations. Mais côté livres, alors ? C’est moins fréquent, mais l’on peut tout de même compter sur les éditions Bragelonne (Principes MortelsLes Chroniques de Méduse) pour à la fois déceler de récents ouvrages, et ressortir des œuvres plus anciennes. Dans cet article, on s’intéresse à Confessions d’un Automate mangeur d’opium, initialement sorti en 1999, et l’un des premiers textes français à s’inscrire dans le courant steampunk. Notons ici que l’ouvrage est particulièrement gâté, dans la forme : cette collection donne l’envie de lire, d’un simple coup d’œil sur la couverture.

Confessions d’un Automate mangeur d’opium prend place à Paris, en 1889. Une date qui, évidemment, ne peut qu’évoquer bien des choses aux amateurs d’Histoire de la technologie : c’est en cette année que la capitale française a organisé l’Exposition Universelle. Un monde en transition, où les fiacres côtoient les tours vertigineuses des usines. Une ville brumeuse envahie par les aéroscaphes, d’étranges machines volantes qui quadrillent le ciel, et des nuées d’automates cuivrés… C’est dans cet univers révolutionné par l’éther, la substance verte aux propriétés miraculeuses, que la comédienne Margaret Saunders doit résoudre le mystère de la mort de sa meilleure amie, tombée d’un aérocar en plein vol. Sur la piste d’un créateur de robots dément, Margo, secondée par Théo, médecin dans un asile d’aliénés, va découvrir au péril de sa vie les dangers cachés de l’envoûtante vapeur.

Une structure intéressante, malgré des descriptions parfois lourdes

L’introduction de Confessions d’un Automate mangeur d’opium a cela de prometteuse qu’elle parvient sans mal à nous plonger dans un univers pourtant très riche. En insufflant un véritable souffle original, et en posant les bases d’un récit qu’on espérait à la hauteur, Fabrice Colin et Mathieu Gaborit assumaient une sacrée pression. Laquelle, malheureusement, n’accouche pas d’un résultat tout le temps à la hauteur. L’intrigue, si elle saura nous surprendre dans son ouverture et sa dernière partie, a bien du mal à s’envoler. La structure n’est pas spécialement en cause, l’alternance entre le point de vue de Théo, et de sa sœur Margo, avait de quoi nous séduire. Mais on a eu du mal à se passionner pour certaines descriptions d’un quotidien pas tout le temps intéressant. Certes, cela renforce le travail sur la crédibilité de l’univers, côté personnages, mais cela manque d’une dose de folie pour convaincre.

Est-ce à dire que Confessions d’un Automate mangeur d’opium est un échec ? Pas forcément. Tout d’abord, et on le répète, l’univers est une belle force de l’œuvre. Et, surtout, les deux auteurs s’accordent pour ne pas tomber dans le farfelu absolu, preuve en est le gros travail sur les localisations de l’action. Paris n’est pas qu’un décor impersonnel, servant un courant plus que l’ouvrage en lui-même. On retrouve des quartiers, des rues, ce qui construit une impression sensée, et pas seulement fantastique. Aussi, et c’est sans doute ce qui laisse le plus de regret, l’intrigue policière fonctionne très bien. Dommage qu’elle ne soit pas plus au centre du cheminement, lequel perd parfois son temps dans des digressions finalement peu utiles. Une retenue certes contrebalancée par un style plus homogène que ne le laissait penser l’écriture en duo, mais tout de même : on a bien du mal à totalement embarquer dans ces aéroscaphes.

5/10

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