article coup de coeur

[Test] Onimusha Warlords : un remaster qui atteint ses objectifs

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Cacpom, NeoBards Entertainment
  • Editeur : Capcom
  • Date de sortie : 15 janvier 2018
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Quel plaisir de retrouver Samanosuke !

image remaster onimusha warlords
L’imagerie d’Onimusha Warlords est toujours aussi fantastique.

L’histoire de Cacpom est traversée de grands hits, et de personnalités passionnantes. Car derrière Mega Man, Monster Hunter, Street Fighter, et tant d’autres, l’on retrouve des artistes parmi les plus doués de l’univers vidéoludique. Pour Onimusha : Warlords, l’une des sorties événements de l’année 2001, le générique affiche fièrement au moins deux noms qui nous font écrire que beaucoup d’éléments étaient réunis pour en faire un très bon soft : Jun Takeushi et Keiji Inafune. Le premier, vous le connaissez obligatoirement pour le récent Resident Evil 7. Le second, lui, est plus controversé, mais on ne peut que saluer son travail sur Dead Rising. Ce duo a provoqué un énorme succès populaire sur PlayStation 2, sur laquelle le titre ici abordé fut le premier à dépasser le million d’exemplaires vendus. Aujourd’hui, on le retrouve dans une version HD et remasterisée, pour le plus grand plaisir des joueurs.

Cette nouvelle version d’Onimusha : Warlords ne touche pas un cheveu de l’histoire. Ainsi, on retrouve le contexte historique : l’action se déroule en pleine époque Sengoku, à la fin du seizième siècle, un an après la véridique bataille d’Okehazama. Durant cet événement particulièrement violent, l’impitoyable (et, là encore, tout à fait réel) Oda Nobunaga prend le dessus. Gonflé d’orgueil, il baisse sa garde, juste assez pour qu’une flèche lui transperce la gorge, le laissant pour mort. Un an plus tard, Samanosuke Akechi (dont le modèle physique est l’acteur Takeshi Kaneshiro), un mystérieux samouraï, reçoit une lettre de sa cousine, la princesse Yuki, du clan Saito. Des événements plus qu’inquiétants remuent le château Inabayama, et des démons seraient derrière ces sombres agissements. Le personnage principal, bientôt rejoint par Kaede, une femme ninja, va enquêter, et effectivement faire face à une situation dramatique, faite d’enlèvements et de sacrifices aux divinités du Mal.

Une narration toujours efficace

image onimusha warolords
La traduction française est excellente. Référence aux Inconnus comprise.

Onimusha : Warlords version 2018 ne revient pas sur la forme de la narration. Par contre, et c’est notable tant cela faisait défaut dans la récente compilation Devil May Cry, on remarque que les cutscenes ont aussi fait l’objet d’une refonte technique. Ainsi, on peut les apprécier en haute définition. L’histoire, elle, reste ce mélange de faits historiques et de recours à la série B tout ce qu’il y a de plus vertueuse. On apprécie grandement ce mélange, d’autant plus qu’il sait éviter toute tonalité intrusive du récit. C’est ici que l’on ne peut que chanter les louanges de ces jeux du début de millénaire : ils étaient équilibrés, bien plus que certains softs modernes, qui tombent un peu trop dans le narratif. Ici, on récolte trouve des livres, courts à lire et pas moins informatifs que dans d’autres titres d’aujourd’hui. Et cela ne fait que renforcer le cheminement de Samanosuke et Kaede. Aussi, vous récupérerez en cours d’aventure un Rosaire des esprits. Celui-ci permet de voir les âmes des défunts, et nous vous conseillons de tous leur parler : cela approfondi l’univers, mais aussi donne quelques indices sur des éléments à récolter.

Un scénario très prenant, une manière de raconter bien agréable, le tout au service d’un gameplay toujours aussi efficace… et encore plus qu’auparavant. Car cette nouvelle édition d’Onimusha : Warlords garde ses forces, et les renforce. Tout d’abord, revenons sur le concept. Pour bien le capter, il faut revenir aux origines du développement, quatre ans avant la sortie du titre. Dans ces prémices de création, alors que le soft n’était aucunement titré, il est question d’un Resident Evil plongé dans un univers ninja, à destination du 64DD, l’extension Nintendo 64 dont l’échec est encore dans toutes les têtes. Et, si l’on remarque tout de même des commandes plus légères, dans la version de 2001, force est de constater que cette vision se retrouve dans l’œuvre terminée. On a les plans fixes, les énigmes certes plus aisées mais tout de même assez typiques du genre, et le cheminement court. Par contre, on se défait du côté survival : ici il est question de sabre, de garde, de ciblage, et de récupération d’orbes.

Le gameplay renforcé par une nouvelle et savoureuse prise en mains

image gameplay onimusha warlords
Les combats ont une bonne patate.

L’aventure d’Onimusha Warlords se déroule dans le château Inabayama, et ses alentours. Cela provoque un certain sens de l’exploration, avec bien des objets à convoiter, parfois cachés, comme la vingtaine de fluorines. Par contre, attention à ne pas croire que l’endroit est un déserte embrumé : il est habité par des démons. Pour s’en défaire, vous débuterez avec un katana assez basique, seulement capable d’enchainer les coups. Mais cela évoluera au fil du récit, tout comme votre armure. Trois armes (plus une cachée, surpuissante mais malheureusement atteignable seulement en fin de parcours) vont s’ajouter à votre inventaire : Raizan, Enryu et Shippu. Toutes associées à un élément, dans l’ordre : foudre, feu et vent. Et ce n’est pas un détail, car cela implique un pouvoir, à déclencher avec la touche Triangle. Une jauge permet l’utilisation de ce recours bien utile, surtout dans les modes de difficulté élevés. Aussi, vous récupérerez deux armes de jet, utiles surtout pour les ennemis en hauteur. Ces combats forment l’un des points forts du soft, tant on apprécie l’aspect rapide des coups portés, mais aussi les quelques subtilités. Par exemple, on vous conseille de bien travailler le timing : décocher un juste avant que l’ennemi ne vous touche provoque une attaque spéciale qui tue sur le coup, et provoque plus d’orbes.

On vous parlait d’orbes, et celles-ci sont d’une importance capitale. Onimusha : Warlords peut, d’ailleurs, faire penser à ce qu’on ressent en jouant à Devil May Cry, le côté évolutif de l’armement. L’histoire va vous offrir un gantelet magique, qui permet de récupérer ces éléments à collecter. C’est très simple, et toujours aussi efficace : quand les démons meurent, ils lâchent des orbes. Pour les récupérer, et les stocker, il faut impérativement déclencher l’aspiration, en maintenant la touche Rond. Cela aura comme effet de vous planter sur place, alors attention à ne pas vous lancer dans cette récolte en proximité de monstres toujours vivants. Certaines âmes vous redonneront de l’énergie, idéal pour économiser les herbes et autres médicaments, qui ne manqueront pas de vous sauver la vie en fin de jeu. D’autres restaurent les pouvoirs magiques. Les derniers sont destinés à être dépensés aux points de sauvegarde, afin de faire passer des niveaux à vos lames, mais aussi pour permettre d’ouvrir des portes scellées.

Un remaster à la hauteur, malgré l’absence de bonus

image boss onimusha warlords
Quelques boss se mettront en travers de votre route.

Notons aussi qu’Onimusha : Warlords conserve ce qui avait chagriné les joueurs de la version PlayStation 2, une durée de vie supposément faible. Pour terminer votre premier run, il faut compter sur cinq heures, (très) grand maximum. Dans les faits, l’aventure peut se boucler en moins de trois, du moins quand on connaît le château d’Inabayama par cœur. Alors, cela est-il encore un élément gênant, aujourd’hui ? Pas tant que ça, en fait. La rejouabilité du titre est certaine : on y revient pour différentes raisons, comme pour le terminer en difficulté Ultime. Et, pour les lus acharnés, atteindre le rang S, synonyme de nouvelle tenue pour Kaede. Aussi, si vous voulez voir une fin allongée, n’oubliez pas de boucler l’aventure avec le nouveau costume de Samanosuke, obtenu après avoir vaincu de dernier boss. C’est aussi à cette condition qu’on débloque l’assez difficile mode Esprits Oni, qui consiste en une succession d’arènes qu’il faudra nettoyer de ses âmes, et ce avant que l’énergie, continuellement diminuée, ne vous manque. Pas de quoi faire bondir drastiquement la longévité du soft, mais on peut tout de même atteindre la quinzaine d’heures, ce qui nous paraît tout de même satisfaisant, du moins pour qui a envie de s’investir dans ces challenges. Par contre, on regrette l’absence d’artworks, de concept arts, voire même de documents vidéo. Et ça, c’est vraiment dommage.

Dix-huit ans après sa sortie originelle, Onimusha : Warlords reste ce jeu éminemment divertissant, et énergique. Cependant, le soft avait bien besoin d’un dépoussiérage digne de ce nom. C’est le cas sur la très grande majorité des points. Celui qui nous a le plus séduit est sans doute la nouvelle maniabilité au stick (alors que la croix directionnelle conserve les sensations d’antan). C’est très simple : on n’a juré que par cette nouvelle prise en mains, tout du long. L’avatar n’en devient que plus réactif, les mouvements plus naturels. Du très bon boulot, tout comme la nouvelle bande originale, dirigée par Rei Kondoh (qui a signé des thèmes pour Dragon’s Dogma, ou encore Okami), bien dans le ton sombre de l’action. Aussi, le doublage a été renforcé, avec des acteurs qui ont réenregistré des lignes de dialogue, et le sound design nous paraît un petit peu plus pointu. On pourra aussi compter sur un mode Facile, pour les plus peureux, et un système d’Actes de bravoure intégrés au soft (finir le jeu en Normal sans utiliser d’herbe ou de médicament, compléter le soft avec un rang S, ce genre de choses). La technique nous a aussi satisfait : la HD s’avère nickelle, et le rendu des décors gardent ce fort charme désuet. La seule petite retenue concerne le 16/9, qui a tendance à un peu rogner les côtés. Rien de bien choquant, et pour les amateurs de trips visuellement identiques aux versions d’origine, le 4:3 est disponible. Voilà, donc, un résultat hautement concluant pour ce remaster.

Note : 16/20

Cette nouvelle version d’Onimusha : Warlords a deux mérites. Le premier est de nous rappeler à quel point le titre de Capcom est toujours aussi bon. L’ambiance sombre, le gameplay immédiatement digéré, les énigmes pas trop corsées mais tout de même coriaces, la mécanique d’amélioration par la récolte d’orbes, les combats héroïques, tout est toujours là pour assurer un divertissement de haute volée. Il fallait accompagner ce constat par un remaster digne de ce nom, et c’est le cas. La maniabilité au stick fait grand effet, en simplifiant idéalement les mouvements. La haute définition permet un affichage agréable, et la nouvelle musique se révèle clairement au niveau. On regrettera juste l’absence d’un musée, pour les fans, mais cela n’atteint pas le plaisir de jeu immédiat. De quoi retourner sans mal au château d’Inabayama. Et espérer, secrètement, que l’éditeur aura de la suite dans les idées…

8/10

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