[Test] Katana Kami – A Way of the Samourai Story : intense et fun

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Acquire
  • Editeur : Spike Chunsoft
  • Date de sortie : 20 février 2020
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Katana Kami atteint ses objectifs

image test katana kami
Katana Kami distille de nouvelles mécaniques au fil du temps.

Tester Katana Kami : A Way of the Samourai Story, c’est inévitablement provoquer la résurgence de souvenirs agréables. En effet, derrière ce nouveau RPG édité par Spike Chunsoft c’est une licence aujourd’hui malheureusement presque oubliée (en Occident, tout du moins) qui repose. Remontons à 2002, alors que votre humble serviteur se délectait de jeux japonais de qualité, sur une PlayStation 2 qui en proposait des tonnes. Couplons ça avec la découverte, dans le même temps, du chanbara, ce genre cinématographique typiquement nippon, lequel s’appuie notamment sur un gros travail pour faire monter la tension. Imaginez, dès lors, l’impact qu’a pu avoir le jeu Way of the Samurai, qui nous proposait ni plus ni moins que d’incarner l’un de ces valeureux serviteurs en voie de disparition. Dix-huit ans plus tard, et quelques suites au compteur, la série revient. Toujours développé par Acquire (Akiba’s Beat, Octopath Traveler) mais désormais orienté vers un autre genre que l’action-aventure.

Le pitch de Katana Kami : A Way of the Samourai Story est pensé pour les fans de la licence, mais en faisant attention à ne pas perdre les nouveaux venus en route. Tout comme dans le premier opus de la série, un samouraï débarque au passage à Rokkotsu, un col habité par le forgeron Dojima. Quand vous l’abordez, vous êtes témoins d’un spectacle peu réjouissant : le travailleur voit sa fille, Nanami, se faire embarquer comme monnaie d’échange, qu’il ne récupérera qu’après avoir payé une lourde dette. Vous l’aurez deviné, il est question de venir en aide à Dojima, et vous lui promettez de la délivrer. Seulement, il va falloir amasser bien des richesses. Alors que la nuit tombe sur ces lieux, un miracle s’accomplit : un arbre, le Ipponmatsu, s’illumine. Curieux, vous vous en approchez… et vous voilà projeté dans le Jikai, un donjon magique dans lequel vous allez pouvoir dénicher de l’argent, mais aussi faire parler le tranchant de votre lame.

Comme informé plus haut, Katana Kami : A Way of the Samourai Story ne vogue pas sur les mêmes eaux que Way of the Samurai. On oublie donc l’aventure plutôt courte mais très axée sur la rejouabilité, pour découvrir un Donjon-RPG à forte tendance Roguelite. Vous vivrez l’aventure de ce samouraï (qu’il est nécessaire de nommer à votre convenance) à la troisième personne, avec une caméra à la limite de la vue top down, et assez éloignée pour signifier qu’il va falloir être très attentif à ce qui peut se cacher au détour d’un couloir. Le soft se divise clairement en deux phases, et nous débutons par le Jikai. C’est ici que l’avatar combat, cherche, trouve, atteint ses objectifs ou meurt. Comme dans n’importe quel D-RPG, la carte de l’étage se dévoile au fil de l’exploration. Seulement attention : chaque nouvelle descente renouvelle le level design, les rencontres, la disposition des pièges, des trésors. Eh oui nos sommes dans un Roguelite, donc le procédural est important.

Acquire assure un gameplay de bonne facture

image boss katana kami
Les boss vont vous faire passer des moments difficiles…

Autre élément important pour Katana Kami : A Way of the Samourai Story, sa difficulté. Il fallait qu’Acquire trouve le bon équilibre entre le challenge et le véritable Enfer, et c’est plutôt le cas. Prévenons tout de même : le jeu demande une prudence constante, que ce soit dans la prise en mains de l’avatar, ou l’évaluation de ses forces. Si vous n’êtes pas suffisamment puissants, ne tentez pas le Diable et quittez le Jikai quand l’opposition devient trop brutale. Sinon, c’est la mort assurée. Et elle est très punitive. Une fois terrassé, le samouraï se réveille à Rokkotsu, sans aucun des objets qu’il portait lors de son échec. Vous perdez armes, items, matériel, accessoire, argent. Tout. Rassurez-vous, il est possible de récupérer l’ensemble du butin : à la manière d’un Souls-like, en retournant là où votre corps a touché le sol de manière définitive. Vous aurez compris que, si vous perdez dans un étage au-dessus de votre niveau, ce sera peine perdue que d’y retourner en quête de cette lame que vous aviez tant soignée.

Katana Kami : A Way of the Samourai Story peut être assez cruel, mais pas injuste. On se prend souvent à regretter une décision, penser que l’on aurait dû faire preuve de plus de prudence. C’est aussi grâce à une prise en mains exemplaire, mais qui pourra surprendre certains joueurs. Nous ne sommes pas dans un simple Roguelite, mais aussi dans un jeu de samouraï. Du coup, Acquire a pris la décision de bien détailler la démarche de l’attaque. Non, appuyer sur un bouton ne déclenche pas une attaque si vous n’avez pas, avant cela, dégainé l’arme de son fourreau grâc à la touche L1 (sur PlayStation 4). Au début, on a souvent été pris au dépourvu. Surtout que la mécanique n’est pas innocente : le sabre rangé, l’avatar court plus vite, et voit sa lame se charger d’une puissance pouvant être par la suite relâchée avec un premier coup puissant. Le soft ne laisse donc rien au hasard, tout doit être pris en compte si vous voulez vous en sortir à haut niveau. On pense au Kiwami, une offensive dévastatrice pouvant être déclenchée après avoir paré dans le bon timing. Ou au Katana time, un état de trans (à trois niveaux) que l’on peut activer après avoir accumuler assez d’orbes. Dans cet état, l’avatar se déplace plus vite, la lame ne casse pas, la jauge de vitalité ne chute pas et l’on devient hyper résistant. Idéal face aux terribles boss qui ne manqueront pas de vous terroriser.

Dans Katana Kami : A Way of the Samourai Story, les ennemis ne vous feront aucun cadeaux. Si les premiers pas dans le Jikai sont assez rassurants, on y fracasse du serpent, du chien sauvage, et des soldats squelettiques sans trop de mal, les choses vont bien vite se corser. À partir du quinzième étage, on sent une véritable différence, avec des tonnes d’adversaires puissants, aux patterns parfois difficilement prévisibles. Dès lors, on ne peut que vous conseiller de faire appel à un garde du corps, préalablement embauché à Rokkotsu, ou carrément à un collègue en ligne. Aussi, il est primordial de bien s’équiper. Vous pourrez embarquer toutes sortes d’armes trouvées sur le champ de bataille, mais celles-ci ne seront que rarement de suite opérationnelles : il est nécessaire de les améliorer, chez le forgeron. Et comme il est probable de perdre votre équipement, ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier, favorisez plusieurs possibilités que vous stockerez à la forge.

Une durée de vie d’une solidité étonnante

image gameplay katana kami
Le champ de bataille devient vite sanglant.

D’autres points importants viennent s’ajouter, comme la durabilité de la lame, qu’il faudra entretenir en cours de descente dans le Jikai, en fusionnant votre sabre à ceux dénichés sur les cadavres. Citons aussi les endroits maudits, lesquels vous enferment dans un espace réduit afin de remporter un défi. Ou encore les différents styles d’arme (garde haute, basse, etc), qui non seulement offrent des approches différentes, mais aussi des bonus pour ceux qui feront attention à l’horoscope, disponible dans le journal Rokkotsu Times. Enfin, la gestion de l’expérience, de l’évolution, pourra là encore surprendre. Le niveau de l’avatar retrouvera le zéro à chaque nouvelle nuit, seule l’arme maintient son niveau. Comme dans Secret Of Mana, plus vous l’utilisez, plus elle se perfectionne et vous offre de nouveaux coups, enchainements. Vos imaginez donc le drame quand vous la perdez définitivement… Katana Kami : A Way of the Samourai Story est un titre très riche, pas un simple spin off pour faire patienter les fans entre deux épisodes canoniques.

La deuxième phase de Katana Kami : A Way of the Samourai Story, c’est la gestion de Rokkotsu. Tel Yojimbo, il va falloir composer avec plusieurs clans : les familles Kurofu, Akadama, et les militaires. Le parallèle avec le fameux personnage incarné par Toshiro Mifune n’est pas innocent : il sera possible de les manipuler afin d’atteindre nos objectifs. Le but étant de leur vendre un grand nombre d’armes à la forge, pourquoi ne pas favoriser une petite guerre des clans ? C’est assez bien fichu, même si cela manque un peu de précision dans les jauges associées à chacun des clans. C’est aussi à Rokkatsu qu’il faudra payer les dettes de Dojima, qui n’a décidément rien d’un dragon dans ce jeu. Une information vous indique le jour du passage du recouvreur, et la somme qu’il vous soutirera, de plus en plus importante. Aussi, vous allez vite observer que l’endroit, tout d’abord paisible, va vite se transformer en carrefour du commerce.

Katana Kami : A Way of the Samourai Story mise, avec intelligence, sur l’évolution de son propre concept. Tout d’abord dépouillé, celui-ci gagne en profondeur. On abordait, plus haut, les gardes du corps. Ceux-ci ne sont disponibles qu’après avoir atteint un certain stade, et ils proposent assez d’importance pour ne pas se limiter à une feature esthétique. On regrettera leur pathfinding parfois défaillant, mais leur aide s’avère si précieuse qu’on leur pardonnera. Chacun possède ses propres talents, par exemple l’un d’eux excelle pour dénicher des pièces d’or. D’autres marchands rejoindront l’endroit : l’un auprès duquel on pourra aussi revendre la marchandise, l’autre permet d’agrandir les stockages de la forge. Ajoutons la découverte des quêtes secondaires (tuer tel ennemi légendaire, atteindre tel étage), les fugitifs à chasser, ou encore du gros délire avec la gestion d’une relation à distance avec Nanami, et l’on obtient une durée de vie très solide : vous en aurez pour longtemps avant de l’essorer.

Katana Kami : A Way of the Samourai Story n’est pas un blockbuster du jeu vidéo, même si l’excellent éditeur Spike Chunsoft (Zanki Zero Last BeginningDanganronpa Trilogy) n’est pas un petit acteur dans cette industrie. Par contre, on sent bien que, techniquement, le soft est sur le fil du rasoir. Les environnements ne sont pas en cause : ils s’avèrent plutôt bien différenciés et agréables à l’oeil. Par contre, on a croisé quelques bugs, surtout concernant des ennemis qui ne se déclenchent pas à notre approche. Et le framerate n’est pas toujours des plus stables. Ce n’est pas une catastrophe, loin de là, mais cela doit être noté. Pour terminer sur une note plus positive, sachez que la bande originale est composée par le très doué Noriyuki Asakura, que l’on connait bien pour ses travaux sur la licence Tenchu, ou sur l’animé de Kenshin le Vagabond. On retrouve bien sa science de l’équilibre entre les sonorités traditionnelles et plus modernes, avec certains morceaux qui restent bien en mémoire (ah, ce Title theme).

Note : 15/20

Outre que cette expérience nous donne forcément envie d’un cinquième épisode canonique, Katana Kami : A Way of the Samourai Story parvient à dépasser le simple état de spin off pour devenir un vrai bon jeu à part entière. Fin mélange de D-RPG et de Roguelite, le résultat sait se faire tout aussi passionnant que difficile, voire parfois cruel tant l’échec est punitif. Un conseil : prenez votre temps, portez toujours la main sur le sabre, prêt à dégainer devant le moindre danger. C’est avec cet esprit que vous atteindrez les étages les plus reculés. Gros contenu donc, mais petite technique, et ça se ressent tout de même pas mal, surtout quand les ennemis s’amassent à l’écran. Rien qui puisse modifier notre point de vue : voilà un soft très séduisant.

7/10

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