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[Critique] Spider T1 – Bec, Daoust, Raffaele

Caractéristiques

  • Titre complet : Spider Tome 1 : Rabbit Hole
  • Auteur : Christophe Bec, Giles Daoust, Stefano Raffaele
  • Editeur : Soleil
  • Date de sortie en librairies : 23 janvier 2019
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 56
  • Prix : 14,95€
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Des débuts prometteurs pour cette série très recommandée

C’est avec joie qu’on retrouve le duo formé par Christophe Bec et Stefano Raffaele, quasi-entité que l’on abordait déjà avec Olympus Mons, autre série parue aux éditions Soleil (M.O.R.I.A.R.T.Y, Kraken). Cette fois-ci, ils sont rejoints par deux autres artistes : Giles Daoust (surtout connu pour son film The Room) qui co-signe le scénario, et Marcelo Maiolo aux couleurs. Un quatuor donc, et un univers bourré de promesses.

Spider Tome 1 prend place à Detroit, en plein Michigan. Une ville en décrépitude, et ce depuis longtemps. Charlie, femme flic tout juste sortie de l’école de police, découvre qu’une nouvelle drogue fait des ravages dans les rues de l’ex-cité industrielle. Issue d’expérimentations génétiques, la Spider, dont les origines remontent éthiopiennes remontent à des temps immémoriaux, provoque des mutations monstrueuses. La bleue s’engouffre bientôt dans une enquête obsessionnelle qui la mènera au plus profond de la Toile, l’organisation qui gère le trafic de cette drogue mortelle, contrôlé par Anansi, un homme ravagé par ce qu’il vend. Charlie devra dépasser toutes ses limites pour parvenir à démanteler ce réseau, quitte à le payer au prix fort.

À première vue, le scénario de Spider Tome 1 ne contient pas grand chose d’original. Les univers noirs, pollués par la drogue et les entités secrètes, on en a déjà vu, et lu. Seulement, les deux scénaristes maitrisent si bien leur sujet que l’on ne peut qu’être embarqué dans ce récit accrocheur. Tout, de la première à la dernière page, nous plonge dans un monde désespéré, violent et sans la moindre trace de pitié. Charlie Dubowski, qui se révèlera le personnage principal, doit composer tout autant avec un entourage professionnel difficile, qu’avec un passé torturé. John Brandt, son expérimenté partenaire, ne va pas lui faciliter son entrée en scène. Ramenée à sa jeunesse, à l’attirance sexuelle qu’elle dégage, surnommée « Britney Spears », elle va devoir faire ses preuves au plus vite. Ce sera chose faite, du moins du point de vue de son coéquipier.

Un superbe univers de série B, terriblement sombre

L’enquête de Spider Tome 1 installe avec grand soin un récit que l’on pourra qualifier de série B. Mais de la bonne, pas du nanar qui s’ignore. Comme à son habitude, Christophe Bec, sur une idée originale de Giles Daoust, délivre une tonalité que l’on pourrait retrouver dans un thriller un peu obscur des années 1990, non sans inscrire le tout dans une certaine modernité. Ici, cette dernière s’exprime au travers de Charlie, hantée par une relation plus que compliquée avec sa belle-mère, nouvelle compagne de sa mère. Ce syndrome post-traumatique arrange la sauce dramatique, et accompagne la plongée du personnage dans les abîmes. La Spider, drogue que l’on pourrait plus ou moins rapprocher de l’ignoble Krokodil (d’ailleurs évoquée) sera à la fois sa perte, mais aussi sa porte d’entrée vers la réussite de son enquête, laquelle lui est imposée par une hiérarchie sans scrupules. D’où le sous-titre pertinent : Rabbit Hole. Charlie au pays des merveilles, mais à quel prix ?

Spider Tome 1 est aussi un plaisir des yeux, et ce dès la couverture, signée Pierre Loyvet (Krän Univers). On retrouve ce réalisme très cinématographique, la marque de fabrique de Stefano Raffaele, bien aidé par des couleurs très à-propos de cet univers très noir. Les expressions sont concluantes, les décors immédiatement mémorables, et la mise en scène saupoudre le tout d’une fluidité à toute épreuve. On peut même signaler une double page sublime, qui illustre un endroit pour le moins anxiogène. Vivement le second volume, dont le sous-titre sera Wonderland. Logique imperturbable…

8/10

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