[Critique] Demon Tune T1 – Yuki Kodama

Caractéristiques

  • Auteur : Yuki Kodama
  • Editeur : Kurokawa
  • Date de sortie en librairies : 20 mai 2020
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 208
  • Prix : 6,80€
  • Acheter : Cliquez ici

Demon Tune surprendra les fans de Yûki Kodama

Il y a des auteurs dont on prend plaisir à suivre la carrière, et le mangaka Yûki Kodama est de ceux-ci. Après la très sympathique série Blood Lad, que l’on vous recommande chaudement (elle est terminée depuis 2016), et un Hamatora dont le caractère transmedia a su laisser de bons souvenirs aux plus japophiles d’entre nous, on attendait d’enfin découvrir ses nouveaux travaux. Toujours édité aux éditions Kurokawa, l’artiste livre donc Demon Tune, un shonen qui, on va le voir, marque quelques différences avec les précédents mangas.

Wizard City, la ville où tout le monde peut venir, mais où personne n’est le bienvenu. L’endroit le plus mal famé de la ville : le Club Neverland. Ceux qui tiennent à la vie savent qu’il vaut mieux rester à l’écart de ce repaire de criminels. C’est là que la fée Fran, captuée par un gang, fait la rencontre de Koyukimaru, un jeune ninja lui aussi retenu prisonnier. Ils parviennent à s’enfuir avec à leurs trousses les pires criminels de la ville qui cherchent à mettre la main sur le Rouleau du Cataclysme dont seul Koyukimaru connaît l’emplacement. Commence alors pour eux un long combat contres les ténèbres qui menacent d’engloutir Wizard City.

Vous le comprenez à la lecture de ce résumé du premier tome de Demon Tune : Yûki Kodoma est entrain de construire un univers aussi sombre que féérique. On ne parlera pas non plus de dark fantasy, on reste dans du shonen, mais il est clair que l’imagerie de ce manga se réfère aussi bien au conte de fée qu’aux codes du manga pour jeunes garçons (définition du shonen hein). On insiste sur la tonalité qui transpire de cet ersatz d’histoire, car elle prendra à contrepied les fans du mangaka : c’est parfois assez surprenant de noirceur, comme tout ce début nous présentant le personnage principal dans une posture pour le moins difficile. Et inventive. Les fées sont connues pour leur pouvoir régénérant ? Imaginez à quel point elles peuvent être utiles pour des tortionnaires désirants passer au supplice leur victime…

Un univers aussi sombre que féérique

On a donc une belle justification de l’action par le biais d’un univers finalement assez peu abordé par le manga. Et, de manière surprenante pour qui connait les travaux de Yûki Kodoma, l’humour se fait certes présent mais tout de même moins marqué que dans Blood Lad. C’est aussi vrai pour ce qui est des expressions, moins excessives. Par contre, restons très clairs : Demon Tune s’inscrit totalement dans un esprit shonen. Ainsi, il faut s’attendre à une bonne dose d’action. Et comme Koyukimaru, le personnage principal, est un ninja, vous imaginez bien que les passages mouvementés sont bien classieuses. Bien entendu, une bonne dose de mystère entoure certains éléments, comme le contenu du fameux Rouleau du Cataclysme, ce qui nous laisse en position d’impatience à l’idée de découvrir la suite.

Côté dessins, Demon Tune peut tout d’abord surprendre. Oui, le style très naïf pourrait être ressentit comme paradoxale. Oui, le design de Koyukimaru, avec ces yeux qui feraient passer ceux d’Emma Stone pour deux grains de lentilles, n’est pas de suite marquant. Mais tout de même, les pages défilent et l’ensemble gagne en belle personnalité, dans un univers de plus en plus précis et séduisant. Précisons ici que la série est terminée au Japon, en quatre volumes. Cela nous laisse tout de même un très léger doute : on espère que Wizard City aura bel et bien le temps de libérer tout son potentiel.

7/10

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