[Critique] Dragon Quest : les héritiers de l’emblème T1 – Fujiwara, Eishima

Caractéristiques

  • Titre complet : Dragon Quest : Emblem of Roto - Les héritiers de l'emblème Tome 1
  • Auteur : Jun Eishima, Kamui Fujiwara, Yuji Horii
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 30 août 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 208
  • Prix : 5€
  • Acheter : Cliquez ici

Inédite en France, cette série est surprenante

Alors que Dragon Quest 11 s’apprête à enfin débarquer en Occident (et vous pouvez déjà trouver notre test de ce grand soft), les éditions Mana Books ne pouvaient pas passer à côté d’un tel événement. Cette maison d’édition, notamment responsable des sorties très importantes d’artbook indispensables, est l’une des meilleures amies des passionnés de jeux vidéo. Dès lors, on se demandait ce qu’elle allait bien mettre en place pour accompagner le nouveau chef-d’œuvre de Yuji Horii. La réponse prend la forme d’un somptueux ouvrage, Akira Toriyama Dragon Quest Illustrations, dont nous allons vous parler très prochainement. Mais aussi l’édition d’un manga, suite directe d’une série auparavant paru chez Ki-Oon, intitulé Dragon Quest : Emblem of Roto – Les héritiers de l’emblème.

Avant d’attaquer la substantifique moelle, il convient de replacer le contexte de cette parution inédite. Dragon Quest : Emblem of Roto est une série parue, au Japon, entre 1991 et 1997, et ayant provoqué un grand succès populaire (vendue à quinze millions d’exemplaires, ça force le respect). Sa particularité, contrairement à l’animé Fly, que les nostalgiques du Club Dorothée (dont nous sommes) connaissent bien, est de ne pas seulement emprunter l’univers du jeu vidéo, mais de carrément s’inspirer de la toute première trilogie. Ainsi, le nom « Roto » provoquera un certain écho chez les fans de la licence, ce qui ajoute au piment de la découverte. Dragon Quest : Emblem of Roto – Les héritiers de l’emblème, est paru sur l’archipel nippon en 2005, et s’inscrit dans la droite lignée. Précisons que Yuji Horii, le génial concepteur de la série vidéoludique, supervise le manga ici abordé, dans son ensemble. Gage de sûreté.

Dragon Quest : Emblem of Roto – Les héritiers de l’emblème Tome 1 (que l’on va raccourcir à son sous-titre, pour plus de commodité) a la lourde tâche de bien poser les problématiques. C’est chose faite, en s’appuyant sur des thématiques assez incontournables du RPG japonais. On suit les aventures du Prince Aros, quelques vingt-cinq ans après que des héros légendaires, Arus, Alan et Aster, aient pourfendu l’infâme Zoma, le roi démon. Seulement, la paix n’est jamais durable, et le jeune garçon va l’apprendre à ses dépends. Une véritable malédiction s’abat sur le monde : la magie disparaît. Purement, et simplement. Ce phénomène fut baptisé Jour de l’extinction. Et ce n’est pas tout : Alefgard se vide soudainement de ses habitants, évaporés sans laisser de trace… sauf Aros, qui est frappé d’amnésie. Recueilli par des bandits de grands chemins, sa force acquise grâce à un entraînement féroce va servir à piller des villages, tombés dans l’insécurité en même temps que la chute du Royaume. C’est alors que la situation semble plus que mal embarquée qu’une rencontre va raviver la flamme de l’espoir…

D’une noirceur agréablement étonnante

Les héritiers de l’emblème Tome 1 utilise clairement une ficelle bien connue des fans de RPG japonais : l’amnésie pour pousser vers la reconquête, à la fois de la personnalité de la victime de ce mal, mais aussi de sa condition. On citera le plus connu des exemple : Final Fantasy 7, dont le personnage principal est construit sur les mêmes bases. Perdre la mémoire, pour Aros, c’est aussi pervertir son statut, et c’est bien ce malheur qui plonge le peuple dans la désespérance la plus marquée. Ce premier volume surprend principalement sur deux points. Le premier concerne l’incroyable noirceur du récit. L’univers est marqué, au plus profond, par le fameux Jour de l’extinction. De là à invoquer un schéma proche de Berserk, on n’ira pas jusque là (on en est même infiniment loin), mais il y a un peu de cette saveur : après le drame, plus rien n’est comme avant. Aussi, la violence est assez puissante, ce qui ne peut qu’étonner les fans de Dragon Quest. Elle n’est pas omniprésente, très loin de là, mais les auteurs n’hésitent pas à faire jaillir de l’hémoglobine à quelques occasions.

Le récit, lui, est du genre à prendre son temps. Les héritiers de l’emblème Tome 1 s’appuie sur une certaine dose de dialogues, soigne ses personnages avant de les pousser vers l’aventure. On fait véritablement face à un volume d’introduction, et Jun Eishima (qui a aussi travaillé sur l’adaptation de Drakengard), la scénariste, ne veut pas brûler les étapes. Le résultat est convaincant, surtout qu’il ne manque pas d’être gratifié de séquences plus animées, mais il faut être conscient que cette série ne mise pas tout sur un emballement superficiel. Aussi, on est très satisfait des dessins de Kamui Fujiwara, qui signait aussi ceux de Dragon Quest : Emblem of Roto. Le résultat purement visuel était très attendu, rappelons que les personnages de la série vidéoludique sont signés par le maître Akira Toriyama. L’artiste s’en sort très bien, en gardant l’ADN (notamment concernant le bestiaire) mais en distillant son propre style, plus angulaire dans l’ensemble. Il faudra confirmer avec le second tome, mais ça part sur les chapeaux de roues. Notons ici que ce premier tome est proposé au tarif découverte de cinq euros, une aubaine.

7/10

Une réaction

  1. Très satisfait, je trouve que cette critique rend compte certes très brièvement, mais assez efficacement des différents aspects autant sur l’histoire et le scénario que sur les détails graphiques, allant même jusqu’à comparé de façon très pertinente la saga japonaise ne serait-ce qu’avec l’univers plus global (jeux + anime Fly et la précédente série Emblem of Roto) ou encore d’autres œuvres plutôt similaires (FF VII).
    Je partage cet avis, même si je trouve que toutes ces pistes lancées méritent peut-être plus de réflexions (mais n’oublions pas qu’il ne s’agit que du tome 1), mais les thématiques centrales sont présentes (peut-être parler plus du style de décor et de l’ambiance créer ainsi que plus de détails sur l’intrigue et les caractéristiques d’un bon chef d’oeuvre Dragon Quest).
    En ce qui me concerne, je recommande vivement cet article bien ficelé, qui n’hésite pas à faire transparaître un avis propre et justifié, ainsi qu’une passion pour la célèbre saga (ça fait vraiment plaisir de lire d’autres fans de Dragon Quest, pour moi encore malheureusement trop sous-cotés en France malgré la réussite du XI).

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