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[Critique] Fables Et Légendes Japonaises – Ippei Otsuka

Caractéristiques

  • Auteur : Ippei Otsuka
  • Editeur : Ynnis Editions
  • Date de sortie en librairies : 10 février 2021
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 223
  • Prix : 12,90€
  • Acheter : Cliquez ici

Une excellente porte d’entrée vers le conte japonais

L’excellente maison Ynnis Edition continue son travail de fond pour faire connaître la culture pop, et particulièrement son mouvement japonais. Depuis quelques années, elle s’est notamment spécialisée dans la parution d’ouvrages-hommages très efficaces, aux sujets parfois pointus mais toujours abordés pour qu’un large public s’y retrouve. Les sujets sont vastes, abordent tout autant le cinéma d’animation (Ghibli, Akira, Hosoda bien évidemment) que le jeu vidéo (Dark Souls, Kingdom Hearts, etc). Dès lors, la volonté d’aller plus loin et de proposer un livre axé sur des contes nippons, compilés dans Fables Et Légendes Japonaises, est particulièrement pertinente.

Fables Et Légendes Japonaises, c’est certes un recueil, mais aussi un véritable témoignage de ce qu’est le domaine du conte vu de l’Asie du Sud-Est. Ippei Otsuka, auteur remarquable et remarqué pour son adaptation du Conte de la Princesse Kaguya, s’est lancé dans une mission que l’on pourrait sans mal qualifier de service public. En effet, ce qui sidère en premier lieu est l’accessibilité de l’ouvrage. Beaucoup d’entre nous pensent que les écrits asiatiques sont longs et fastidieux, une œuvre comme Les Trois Royaumes (chinoise, pas japonaise, une nuance forte qui échappe pourtant à une partie des gens). À ceux-ci, on ne peut que conseiller la lecture de l’ouvrage que l’on aborde ici, lequel se dévorera non seulement par un adulte, mais aussi un enfant en âge de lire un recueil.

Fables Et Légendes Japonaises, c’est dix contes proposés dans des versions courtes. Le casting est tout à fait pertinent dans un but de pédagogie, car on retrouve tout autant des récits passés à la postérité que des histoires qui gardent un véritable écho. Voici le menu : Daidarabotchi le géant tyrannique, Son Goku et le Voyage en Occident, Ikkyu-san le petit bonze de génie, Issunboshi le plus petit samouraï du monde, Kintaro l’enfant d’or, La bande des tanuki de Shojo, La princesse port-vase, Momotaro l’enfant-pêche, Tanabata et Taro Urashima. Un fin connaisseur comprendra de suite qu’on est ici en présence d’écrits parmi les plus sages que l’Histoire de la littérature. Mais ce sont bien les néophytes qui sont visés, et ceux-ci auront remarqué qu’il est beaucoup question d’enfants et d’entités de petite taille. Logique physique imperturbable avec la cible visée, même s’il ne faut pas se tromper : les récits sont certes doux, mais ne se privent pas de proposer une bonne dose d’aventure.

Fables Et Légendes Japonaises ne s’arrête pas à du recueil de qualité, le lecteur a aussi droit à une explication de texte de la part de l’auteur. C’est très, très bien vu, car il y a parfois une logique qui peut échapper au lecteur occidental, ou des informations cruciales à préciser. Voilà qui se fait indispensable, par exemple, pour comprendre certaines traditions liées, par exemple, au géant Daidarabotchi. Du coup, on ne peut que conseiller les parents de fondre sur cet ouvrage, qui pourra faire office d’idéale porte d’entrée dans la littérature japonaise. Bien entendu, les plus âgés peuvent y aller aussi, et ensuite se laisser tenter par des récits complets. Terminons en soulignant la belle qualité d’édition du livre, avec une couverture qui attirera immédiatement l’intérêt des enfants.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

8/10

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