image couverture le japon en 4 ingrédients éditions mangoUn livre de recettes simples et rapides

Auteure d’une dizaine de livres autour de la cuisine japonaise, qu’elle a toujours eu à coeur de rendre accessible aux Français (son site Internet, comportant une sélection d’excellentes recettes, mentionne d’ailleurs en en-tête « cuisine franco-japonaise »), Laure Kié a conçu un tout nouvel ouvrage publié aux éditions Mango en mai dernier : Le Japon en 4 ingrédients, dont le principe est contenu dans le titre : proposer des recettes japonaises rapides, faciles et savoureuses à partir de 4 ingrédients seulement. Plus simples que dans une partie de ses autres ouvrages donc, mais non moins délicieuses, comme nous allons le voir.

En ouvrant le livre, on trouve un « placard idéal », énumérant les différents ingrédients requis pour réaliser l’ensemble des recettes du livre, soit 23 ingrédients en tout, certains étant récurrents (riz japonais, sauces soja, gingembre, graines de sésame…), d’autres utilisés pour une ou plusieurs recettes seulement. Écrit avec la volonté d’être accessible aux personnes souhaitant se familiariser avec la cuisine japonaise, le livre présente de manière claire et succincte chaque ingrédient dans cette introduction, en détaillant ses caractéristiques et son utilisation. On entre ensuite dans le vif du sujet : les recettes. Celles-ci sont divisées en plusieurs catégories, qui constituent autant de chapitres : les entrées et accompagnements d’une part, suivis des plats et desserts, soit 38 recettes en tout.

Une présentation claire et agréable

image saumon teriyaki le japon en 4 ingrédients laure kié

© Photos : Patrice Hauser/Mango

Chaque recette a droit à une double-page et est présentée de manière identique : la page de gauche, dédiée au détail de la recette, comporte le titre de la recette, la liste des 4 ingrédients, illustrée d’une photo et enfin les indications en elles-mêmes, tandis que la page de droite présente une grande photo de la recette en question. La maquette est aérée, très agréable à l’oeil et les photos jolies, variant la mise en scène des plats par le biais de la vaisselle et des ingrédients utilisés comme éléments de décor, tout en faisant « réaliste » : pas de retouche visible, ni de mise en scène extravagante, on a vraiment l’impression d’être réunis autour de la table de quelqu’un qui aurait mitonné un petit plat chez lui en toute simplicité. Ce qui reflète parfaitement l’approche du livre : il ne s’agit pas de proposer des recettes sophistiquées, dans lesquelles on piochera peut-être une fois pour une grande occasion, mais bien de montrer au lecteur comment cuisiner japonais au quotidien, sans prise de tête ni préparation particulière.

On notera d’ailleurs que la majorité des recettes se prépare rapidement, souvent en 20 ou 30 minutes tout au plus, exception faite de 2 plats nécessitant respectivement 1h et jusqu’à une nuit de repos. Le temps de cuisson le plus long étant de 25 minutes, vous pouvez être sûrs de ne pas avoir à passer 3 heures derrière les fourneaux. Autre point positif, non négligeable pour toute personne débutant dans la cuisine japonaise ou souhaitant seulement réaliser des recettes de manière occasionnelle : très peu de matériel spécifique est requis, si ce n’est une natte à makis pour les sushis et un cuit-vapeur pour certains plats. Le reste (casseroles, fait-tout, spatule, moule en silicone pour les pâtisseries), ne devrait pas poser problème, même aux cuisiniers occasionnels.  Les indications pour réaliser chacune des recettes sont quant à elles généralement succinctes, divisées en courts paragraphes, mais, là encore, d’une grande clarté.

Test des recettes : défi relevé ?

image soupe miso le japon en 4 ingrédients laure kié

Soupe miso. © Photo : Patrice Hauser/Mango

Profitant de l’été pour tester quelques recettes saines et légères, nous avons donc mis à l’épreuve la salade mangue et avocat, le chirachi sushi, le zaru somen et les soba en salade. Nous avons délibérément laissé de côté la soupe miso, et pour cause : l’auteure de cet article a l’habitude de la préparer depuis des années, et le détail de la recette, ainsi que les doses des ingrédients, sont quasi-identiques à ce qu’elle fait déjà. On précisera cependant que le débutant ne rencontrera aucune difficulté à la réaliser, et pourra enfin apprécier le goût d’une soupe maison, loin des bouillons souvent fades des chaînes et buffets à volonté. Comme toutes les recettes de l’ouvrage, des ingrédients supplémentaires, suggérés en fin d’ouvrage, dans la section « Pour aller plus loin », pourront être rajoutés afin d’obtenir une soupe plus complète. Le lecteur pourra également très bien enrichir de lui-même cette soupe, en se laissant guider par son imagination. Pour notre part, nous ne mettons pas toujours de champignons, mais très souvent une demi-portion de nouilles soba ou somen par bol, afin d’obtenir un plat complet, un trait de sauce soja salée et parfois une ou deux prunes umeboshi coupée(s) en morceaux.

En ce qui concerne la salade mangue et avocat, là aussi habitués à réaliser cette recette, mais de manière plus occidentale dans son assaisonnement (servie avec une sauce à base de vinaigre balsamique, sirop de riz et citron vert au lieu de la sauce soja sucrée utilisée par Laure Kié), nous passons directement à la version enrichie, avec chair de crabe et coriandre ciselée. L’association de la chair de crabe avec l’avocat et la mangue, à laquelle nous n’aurions pas pensé spontanément, est délicieuse, permettant d’allier la douceur de l’avocat, la saveur exotique et plus acide de l’avocat avec la texture, le goût léger et réconfortant de la chair de crabe, pour un résultat sucré-salé qui trouve un équilibre parfait avec la sauce soja sucrée.

Préparer un délicieux chirashi maison : fastoche avec Laure Kié

Vient ensuite le plat le plus élaboré parmi ceux que nous avons sélectionnés pour ce test : le chirashi sushi, un plat que nous adorons, mais que nous n’avons cuisiné que rarement, nous contentant généralement de le commander en restaurant ou bien en plat à emporter. Il nous faudra ainsi préparer du riz vinaigré, afin de constituer un « lit » pour les dés de thon frais et d’avocat. Chose que nous n’avons pas fait depuis un petit moment, et qui ravive d’intenses souvenirs de préparation de futomaki et onigiri, auxquels nous aurons d’ailleurs de nouveau l’occasion de nous frotter dans notre prochain article consacré à Laure Kié. Rien de bien compliqué là encore : la préparation du riz à sushi est très simple pour cette recette. En effet, alors que la confection de sushis, makis, futomakis ou onigiris demande une cuisson parfaitement maîtrisée, un riz encore trop imbibé d’eau rendant la formation de pâtés solides difficile, voire impossible, le problème ne se pose pas pour le chirashi puisque le riz est simplement disposé au fond du bol. On recommandera néanmoins de bien attendre l’évaporation de l’eau (en évitant que le riz n’accroche la casserole !), pour que le riz colle un minimum, comme pour les sushis.

Laure Kié facilite également la tâche du débutant en utilisant directement du vinaigre à sushi tout prêt, et en coupant le thon en dés et non en sashimis. On pourra néanmoins choisir de préparer son mélange soit-même, en faisant chauffer vinaigre de riz, sel et sucre dans une casserole. Le résultat, que nous accompagnons, comme suggéré en fin d’ouvrage, de wasabi et gingembre mariné, mais aussi d’un peu de graines de sésame grillé, ne déçoit pas. La réussite de ce plat, qui demande 40 minutes de préparation environ (dont 12 minutes de repos), tiendra avant tout à la fraîcheur du poisson. Il est essentiel de choisir un thon (qui pourra être remplacé par du saumon) ultra-frais, acheté le jour-même si possible. A défaut, n’hésitez pas à prendre du surgelé, plutôt que de laisser plusieurs jours dans votre frigo du thon frais qui risque de dégager une odeur — et donc d’avoir un goût de poisson pas frais — et de vous refiler une intoxication alimentaire !

Des recettes de nouilles fraîches et légères

image zaru somen le japon en 4 ingrédients laure kié

Zaru somen. © Photo : Patrice Hauser/Mango

Il nous reste à présent les deux plats de nouilles, extrêmement rapides à réaliser et simplissimes dans leur exécution. Le zaru somen (qui signifie nouille froide) est un plat très fréquent dans la cuisine japonaise, mais que nous ne connaissions pas encore. Accompagnées d’une sauce composée de bouillon dashi et de sauce soja sucrée afin de les tremper à chaque bouchée, les fines nouilles somen sont passées sous l’eau froide après la cuisson, et accompagnées de ciboule ciselée. Une recette facile et encore une fois concluante. On avoue même que la sauce, toute simple, nous a tellement plu que nous avons fait une autre dose pour 4 personnes (pour deux convives seulement) afin de les immerger totalement, ce qui n’est sans doute pas la manière traditionnelle de déguster ce plat, mais que voulez-vous ?

La dernière recette réalisée, les soba en salade, là encore passées sous l’eau froide après cuisson et agrémentées de tomates cerises, algues wakamé et (petit ajout de notre part) graines de sésame, est de loin la plus rapide de toutes, et la plus pratique pour les personnes qui en ont marre d’emporter un tupperware de pâtes jambon-beurre au travail. Contrairement au zaru somen, qui se prête assez mal à ce type d’utilisation en raison de la sauce à part, cette salade de nouilles soba est, elle, parfaitement adaptée, et ne demandera pas plus de temps de préparation que les éternelles pâtes au beurre. Le résultat est frais, léger, et le goût de la sauce ponzu (réalisée à partir d’agrumes japonais), vient apporter une touche acidulée vivifiante. A noter que les personnes désirant un plat plus nourrissant pourront, une fois de plus, suivre les suggestions de Laure Kié, pour une variante plus protéinée. On trouvera enfin, après cette section permettant d’enrichir les recettes, une liste d’épiceries japonaises et asiatiques, principalement à Paris, mais également à Lyon et Marseille, sans oublier quelques magasins en ligne, pour ceux qui n’auraient pas la chance de trouver leur bonheur près de chez eux, ainsi qu’un tableau d’équivalences pour les éventuels lecteurs américains expatriés.

Le Japon en 4 ingrédients se révèle donc un livre très accessible et tout à fait satisfaisant, idéal pour se familiariser avec la cuisine japonaise, ou pour concevoir des plats rapides, loin des recettes plus élaborées que certains ouvrages proposent. Les ingrédients utilisés sont les plus fréquents de la cuisine japonaise et, dans l’immense majorité des cas, peuvent se trouver facilement, même dans une petite épicerie. L’authenticité des plats, présentée dans leur forme la plus simple, en écartant les préparations complexes, est respectée. L’aspect pratique et économique privilégié par Laure Kié (aucun ingrédient n’est vraiment coûteux) fait mouche et devrait convaincre de nombreuses personnes de s’essayer à ces recettes exotiques que l’on tient parfois pour compliquées. Une belle réussite.

Le Japon en 4 ingrédients de Laure Kié, éditions Mango, sortie le 20 mai 2016, 96 pages. 9,95€ 

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Natacha Fleurot

Natacha Fleurot

Diplômée en Lettres Modernes, Natacha Fleurot rejoint la rédaction de Culturellement Vôtre fin 2015. Spécialisée dans les oeuvres jeunesse, young adult ainsi que la fantasy, elle réalise de nombreux articles dans les rubriques Livres et Cinéma. Passionnée de cuisine, elle teste aussi régulièrement des livres de cuisine et écrit dans la catégorie Food de la rubrique Lifestyle.
Natacha Fleurot