[Critique] Metropol : corps-à-corps – Martin Holmén

image metropol corps a corpsUne ambiance noire comme la mort dans un premier roman détonnant

Un premier roman, c’est évidemment la promesse d’une double découverte, celle d’une histoire et d’un auteur. Un exercice parfois périlleux, qui peut faire ou défaire une carrière, ce qui pousse parfois à la prudence de la part de la plume à la signature. Dès lors, quand un écrivain signe à la fois un premier roman et le premier tome d’une trilogie, on est quelque peu interloqué. Qui est cet auteur qui n’a pas froid aux yeux ? Il s’appelle Martin Holmén, et il signe là un Metropol : corps-à-corps qui devrait retenir toute votre attention.

Metropol : corps-à-corps prend place dans une Stockholm des années 1930, alors en pleine Grande Dépression. Au sein de cette ville aussi froide que dangereuse, on s’intéresse à Harry Kvist, ancienne gloire de la boxe qui s’est reconverti dans le recouvrement de créances. Seulement, son activité lui donne bien des soucis, et un jour il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Désireux de prouver sa totale innocence, Harry va alors débuter une véritable quête aux indices, qui va le mener dans les bas-fonds putrides, les bars miteux, les bordels et, même, les beaux quartiers…

Metropol : corps-à-corps est une révélation, sans aucun doute un roman aussi inattendu que mémorable. Avec ce premier volet d’une trilogie dont on attend impatiemment la suite, Martin Holmén réussit le tour de force de rassembler, au sein d’une même intrigue, toute la puissance des romans noirs, et l’ambiance froide si typique des polars venus du Nord. On fait vite connaissance avec Harry Kvist, antihéros dont les actes, parfois très graphiques dans leurs descriptions, finissent de classer cette œuvre dans la catégorie des thrillers burinés. Ancien champion de boxe, la castagne n’a pourtant pas pris sa retraite et son métier semble avoir été conçu sur mesure afin de le lui rappeler à chacune de ses interventions. Récupérer le moindre vélo, alors que la Suède traverse aussi la Grande Dépression  de 1930 (il n’y a pas eu que les États-Unis, qu’on se le dise), peut devenir un véritable combat, et heureusement Harry cogne aussi bien que l’auteur écrit ces situations.

On attend déjà le deuxième tome avec impatience

Car Metropol : corps-à-corps c’est non seulement une récit d’enquête palpitant, au suspens qui connaît de véritables sursauts, mais aussi il s’agit d’un roman remarquablement écrit. Martin Holmén, un nom qu’il faudra surveiller de près à partir d’aujourd’hui, tant on apprécie sa plume à la fois documentée et supérieurement maîtrisée, d’autant plus, encore une fois, qu’il s’agit d’un premier livre. On sent que l’auteur connaît le sujet de la Grande Dépression à Stockholm sur le bout des doigts tant certains passages paraissent très réalistes, mais Martin Holmén fait aussi en sorte de rendre la globalité plaisante à lire. Le rythme est trépidant, on sent qu’un piège inexorable se referme sur Harry Kvist au fil des pages. Lesquelles, d’ailleurs, se tournent à une vitesse assez déconcertante.

Metropol : corps-à-corps saura aussi réserver quelques moments « hot », et même la sexualité de Harry Kvist pourra s’avérer surprenante. A peine peut-on regretter tout de même un ou deux personnages secondaires un peu moins gâtés que d’autres, mais on oublie bien vite cette petite retenue lorsqu’on referme l’ouvrage après deux nuits blanches à le dévorer. Le constat est d’ailleurs clair et net : on a adoré, et ce dénouement savoureux nous fait attendre fébrilement la suite de cette trilogie qui s’annonce dore et déjà de très haut niveau. Une bombe.

Metropol : corps-à-corps, un roman de Martin Holmén. Aux éditions Hugo Thriller, 384 pages, 19.95 euros. Sortie le 15 septembre 2016.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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