[Critique] Assassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore – Oliver Bowden

image les chroniques d'ezio auditore assassin's creedUne intégrale qui ravira les fans de la licence, et ceux qui veulent s’y mettre

La fin d’année se profile et, avec elle, on voit fleurir chez nos revendeurs préférés les coffrets DVD ou Blu Ray, les compilations de jeux vidéo et autres intégrales. Parmi ces dernières, on a vu arriver une excellente idée de la part de l’éditeur Bragelonne : rassembler trois récits issus de l’univers Assassin’s Creed (Renaissance, Brotherhood et Revelations), dans une trilogie dédiée au personnages préféré des fans de la licence d’Ubisoft : Ezio Auditore. Alors enfilons notre capuche la plus discrète, et découvrons à cette occasion si ces novélisations (retrouvez notre focus sur celles de Resident Evil pour en savoir plus) rendent hommage de cette série vidéoludique très populaire.

On l’a signalé, Assassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore rassemble trois romans. Tous ont en commun le personnage principal, mais aussi l’époque à laquelle se situe les intrigues : la Renaissance. Cette dernière donne justement son nom au premier des récits, qui a pour mission à la fois d’installer le personnage, notamment via son entraînement, mais aussi d’adapter le jeu dont il est tiré, tout en essayant d’apporter assez d’originalités pour ne pas que le lecteur un peu pointu sur la licence ne sente trop une certaine redite. La première moitié de Renaissance peut faire un peu peur sur ce stricte point de vue, tant on sent Oliver Bowden très appliqué à sa tâche d’adaptation, alors que l’on sent que sa griffe ne demande qu’a s’exprimer au-delà des différents passages obligés. Heureusement, le style de l’auteur s’affirme finalement assez vite, et l’on apprécie alors ce mélange tout à fait satisfaisant de faits historiques, de données qui ne le sont pas moins, et d’intrigue quasi-policière captivante. On aurait peut-être encore plus apprécié Renaissance avec une écriture des personnages plus profonde, mais en l’état on tient là une novélisation tout à fait dans le ton de la licence : le fantastique n’est jamais très loin, et les complots machiavéliques non plus…

Pour qui veut en savoir plus sur le meilleur personnage d’Assassin’s Creed

Deuxième tome de cet Assassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore, Brotherhood avait autant de pression que le jeu éponyme, car il se devait de creuser un personnage déjà bien installé, et dont les joueurs avaient l’impression qu’ils en connaissaient toutes les subtilités. Oliver Bowden est dorénavant totalement assuré, et son style assez piquant est désormais maîtrisé sur le bout des ongles. Ainsi, on retrouve ce duo passionnant formé par Ezio Auditore et Leonard de Vinci, qui provoque bien des instants savoureux, notamment quand il faut aborder l’homosexualité de l’inventeur. C’est fin et, chose qu’on n’espérait pas trop, plutôt drôle. Évidemment, les situations un peu comiques ne font pas le récit de ce Brotherhood, et le conflit ouvert avec les Borgia reprennent de plus belle, dans une Rome toujours aussi bien décrite par un auteur sûr de ses forces. La trame en elle-même ne change pas trop de ce qu’ont pu vivre les joueur, même si l’on note quelques petits passages totalement inédits, preuve s’il en fallait que Bowden est désormais à l’aise. La construction des chapitres a le mérite de s’agencer exactement comme les fans de la licence l’attendent : nouvelle mission, recherche et exploration donnant lieu à des détails historique très intéressants, et un assassinat. On remarquera que Brotherhood connaît un net passage à vide aux deux-tiers, où l’intrigue avance un peu au ralenti et la qualité globale semble baisser d’un cran, mais c’est court et cela se décante afin de laisser la place à un final tout à fait captivant.

Troisième récit dAssassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore, Revelations se devait de boucler le destin d’un Ezio désormais vieillissant. Après avoir apaisé Rome, voilà l’assassin préféré des fans de la licence parti pour le Moyen Orient, là où tout a commencé pour les pourfendeurs de templiers. Autant l’écrire de suite, Revelations est sans aucun doute le meilleur des trois romans ici abordés. Oliver Bowden est désormais comme un coq en pâte, et n’hésite plus à prendre certaines libertés non seulement avec le récit, mais aussi avec le personnage et ce que ses admirateurs en savent. On pense bien évidemment à la toute fin, très courageuse tant elle va dans une direction inattendue, mais on aurait aussi pu citer le début et ce voyage difficile jusqu’à la Terre Sainte. On est là dans ce que l’on qualifiera de « tome de la maturité », aussi bien pour le héros que pour le roman en lui-même. Le premier est désormais tout à fait prêt à devenir un véritable chef, tandis que le deuxième nous a paru idéalement rythmé. Revelations renouvelle clairement l’univers, apporte des nouveautés dans tous les compartiments, et cela se ressent dans le contenu de ce roman très conseillé.

Au final, Assassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore est à la fois une bonne idée, et un bon intégral. Oliver Bowden se sort plutôt bien de la problématique inhérente aux novélisations de jeux vidéo, et on apprécie de suivre la montée en puissance non seulement de son style (qui reste humble, entendons-nous bien), mais aussi de sa maîtrise du personnage Ezio Auditore, et ce jusqu’à une toute fin qui a même trouver le moyen de nous émouvoir. Si l’on ajoute à cette bonne surprise une édition, signée Bragelonne, d’une belle qualité, notamment avec des illustrations bonus, alors on peut avancer qu’Assassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore est une intégrale que les joueurs se doivent de posséder.

Assassin’s Creed : les Chroniques d’Ezio Auditore, un roman écrit par Oliver Bowden. Aux éditions Bragelonne, 980 pages, 21.90 euros. Sortie le 19 octobre 2016.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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