[Critique] Les Chroniques de Méduse – Baxter, Reynolds

Caractéristiques

  • Auteur : Stephen Baxter, Alastair Reynolds
  • Editeur : Bragelonne
  • Date de sortie en librairies : 17 janvier 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 400
  • Prix : 25€
  • Acheter : Cliquez ici

Quand Arthur C. Clarke passe le témoin

Voilà une couverture pour le moins prometteuse ! Tous les éléments qui y figurent sauront titiller le palpitant des amateurs de Hard-SF, ce sous-genre de la science fiction réservé aux plus pointus des lecteurs. Tout d’abord, le titre : Les Chroniques de Méduse. Lequel fait immédiatement écho à Face-à-face avec Méduse, l’une des nouvelles les plus abouties d’Arthur C. Clarke. Cela tombe bien, car le maître est aussi invoqué, pour l’idée originale qui a poussé l’écriture du présent ouvrage. Celui-ci est l’œuvre de deux plumes parmi les plus fameuses de la Hard-SF : Stephen Baxter (Le Massacre de l’Humanité) et Alastair Reynolds (Revenger). De quoi aborder la lecture dans des charentaises hautement confortables même si on va le voir, la lecture ne sera pas agréable sans une grande concentration.

Année 2087 : Le commandant Falcon, pilote de dirigeable, devient infirme après un crash. Une procédure de chirurgie expérimentale va le transformer en cyborg, doté de pouvoirs surhumains mais isolé du reste de l’humanité. Année 2099 : Falcon mène une mission en solo dans les nuages de Jupiter, où aucun humain naturel ne pourrait s’aventurer. Année 2133 : Adam, un prototype d’intelligence artificielle employé dans une exploitation minière aux confins du système solaire, doit faire face à la destruction de ses semblables, et expérimente le réveil de la conscience. Au fil des siècles, la rivalité entre hommes et machines s’aggrave. Falcon, n’appartenant ni aux uns ni aux autres, devra prévenir un effroyable conflit interplanétaire.

De la Hard-SF pur jus

La première question qui se pose, en abordant Les Chroniques de Méduse, est le besoin ou non d’avoir parcouru la nouvelle d’Arthur C. Clarke. Dans les faits, non, ce n’est pas le cas. On peut très bien se lancer dans la lecture, en n’ayant pas connaissance de Face-à-face avec Méduse, car les événements qui y sont décrits sont habilement resitués, sans trop que le lecteur n’aient l’impression d’assister à des passages obligés. Et c’est une bonne chose, car on fait face à un ouvrage du genre exigeant, aussi bien dans ses thèmes que dans sa structure. La plus mémorable des thématiques est le rapport entre les humains, les non-humains, et l’entre-deux. Ce dernier étant résumé au fameux commandant Falcon, dernier représentant des cyborgs. S’en dégage une impression d’évolution assez intense, spécialité de ce genre littéraire, qui nous vaut bien des situations passionnantes. Autour de cela se construit différents éléments, comme la dictature éclairée (mais dictature quand même) Springer Soames, qui prévient sur les dangers d’un tel gouvernement. On aura, bien entendu, droit à de superbes passages de science fiction, vers des lieux inatteignables pour l’Homme. Aussi, les auteurs n’hésitent pas à tracer des parallèles, à invoquer des sujets comme les espèces animales menacées, la xénophobie, la militarisation excessive, et d’autres.

Les Chroniques de Méduse est un roman difficile d’accès. Pas simplement du fait de son intrigue, mais aussi et surtout de sa structure. Préparez-vous à non seulement traverser l’espace, mais aussi le temps. Tout au long des six parties qui composent cet ouvrage, vous couvrirez plus de sept cents ans d’Histoire. Cela fait beaucoup, mais les auteurs maîtrisent évidemment ce choix. Cependant, on ne peut nier que les ellipses sont pour le moins abruptes, et il faut rester très concentré pour ne pas se perdre. Ce n’est pas un point négatif, entendons-nous bien, mais il faut prévenir que la bonne lecture de cette œuvre ne s’effectuera qu’au prix d’un engagement actif du lecteur. Enfin, on était un peu effrayé par le travail en duo, de Stephen Baxter et Alastair Reynolds, deux plumes assez distinctes côté style. Cependant, on a été plutôt surpris par le résultat, bien plus homogène que redouté. Certes, on sentira de suite lequel des auteurs signe telle ou telle partie. Tout de même, les textes de Reynolds se font plus denses que ceux de son compère, ce qui pourra parfois un peu dénoter. Rien qui puisse réellement froisser les fans de science fiction pointue. Quant aux autres, certaines longueurs scientifiques pourront peser lourd sur les paupières.

7/10

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