[Critique] Tant Que Nous Sommes Vivants – Anne-Laure Bondoux

image tant que nous sommes vivantsUne superbe épopée en noir et blanc

Sorti en 2014 dans une édition grand format, Tant Que Nous Sommes Vivants revient, toujours chez Gallimard Jeunesse, cette fois-ci en version de poche et dans la collection Pôle Fiction. Considéré parmi les meilleurs romans de son auteure (avec Le Temps Des Miracles et Les Larmes De L’Assassin), et tout auréolé du Grand Prix Société des Gens De Lettres, nous allons voir que ce roman se laisse redécouvrir avec plaisir. Et encore plus si cette ressortie est l’occasion pour vous de faire connaissance avec cette œuvre.

Tant Que Nous Sommes Vivants s’intéresse au destin d’Hama et de Bo, lesquels travaillent au sein de la même usine d’une ville en proie à une crise profonde. Elle est manutentionnaire de jour, tandis que lui est forgeron de nuit. Alors que rien ne semblait pouvoir les faire se rencontrer, par un froid matin d’hiver (le premier de Bo à l’usine) ils se croisent, et c’est le coup de foudre au premier regard. Ce qui est une belle émotion va pourtant marquer le début de la fin, du moins pour un temps. Comme emportée par le bonheur du nouveau couple, la ville voit un cabaret rouvrir ses protes : le Castor Blagueur. Petit à petit, Bo passe son temps dans cet endroit et le forgeron, comme hypnotisé, ne s’aperçoit que trop tard que la ville semble avoir été touché par une étrange catastrophe. L’usine, dernier bastion de la ville, est entrain de tomber. C’est alors que le couple décide de quitter les lieux et de partir à l’aventure. Un périple qui les poussera à se reconstruire, et notamment pour Hama dont le départ de l’endroit qu’elle connaît le mieux au monde sera une véritable épreuve.

Tant Que Nous Sommes Vivants est un roman aux multiples forces. Tout d’abord, il s’agit d’une histoire d’amour à la fois poignante et admirable. Car le récit est avant tout celui de Bo et Hama, deux âmes qui se sont trouvées dans un contexte difficile, et dont les sentiments n’en auront que plus de force. L’univers n’est pas daté, de sorte qu’on n’a pas l’impression d’être au sein d’un genre : ni historique, ni science-fiction, l’œuvre à la fois très parlante et irréelle. Les personnages sont évidemment très importants, d’autant que, sans spoiler, le couple sera très vite rejoint par une troisième petite tête, mais la vision d’Anne-Laure Boudoux la conduit aussi à nous plonger dans un monde dévasté, duquel naît l’espoir.

Tant Que Nous Sommes Vivants doit tout à la plume de son auteure, qui réussit à nous emporter loin, très loin, d’une manière fluide et élégante. Véritable page-turner émotionnellement très chargé, le roman marque aussi de par la grande maîtrise des points de vue. En effet, Anne-Laure Boudoux utilise une narration stylisée et ingénieuse. Très agréable à lire donc, et ce jusqu’à un final qui nous aura arraché quelques larmes, mais n’en écrivons pas plus. Le destin du couple Bo et Hama nous a bouleversé, et sans nul doute il restera comme l’un des plus émouvants qu’on ait croisé ces derniers temps. Tant Que Nous Sommes Vivants est, donc, une bien belle réussite, pleine de sentiments diverses et parfois contraires, que l’on ne peut que vous recommander.

Tant Que Nous Sommes Vivants, un roman écrit par Anne-Laure Boudoux. Couverture illustrée par Hélène Druvert. Aux éditions Gallimard Jeunesse, Collection Pôle Fiction, 368 pages, 6.90 euros. Dès 13 ans. Sortie le 4 novembre 2016.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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