[Critique] Ces liens qui nous séparent – Ann Brashares

Caractéristiques

  • Auteur : Ann Brashares
  • Editeur : Gallimard Jeunesse
  • Date de sortie en librairies : 11 mai 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 336
  • Prix : 16,50€
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Une famille (dés)-unie

Auteure de la cultissime saga 4 filles et un jean, Ann Brashares présente aujourd’hui un nouveau livre destiné à la jeunesse paru chez Gallimard Jeunesse (Nous autres simples mortels) : Ces liens qui nous séparent. Arrive-t-elle à nous faire ressentir le même plaisir qu’avec Carmen, Lena, Bridget et Tibby ?

Ray et Sasha ne sont pas frères et sœurs. Pourtant, ils font partie de la même famille, partagent 3 demi-sœurs et une chambre. Le père de Sasha était auparavant le mari de la mère de Ray et, après une séparation particulièrement houleuse, ils n’ont gardé en commun qu’une maison qu’ils habitent à tour de rôle. Ainsi, sans se connaître, Ray et Sasha savent tout (ou presque) l’un de l’autre : il ne rebouche pas le dentifrice, elle essaye d’avoir une plante, ce livre l’a particulièrement touché mais ce sont ses annotations à elle qui vont lui inspirer un nouveau regard… Bref, tout est fait dans ce fonctionnement pour idéaliser cet autre invisible, mais bien omniprésent. La machine semble huilée, les deux familles ont leur fonctionnement jusqu’au jour où, un futur mariage aidant, tous vont devoir se revoir et faire au mieux pour ne pas laisser les tensions gâcher la fête.

Plus qu’une romance, une histoire de famille

À la façon dont Ces liens qui nous séparent est présenté, on peut présager d’une amourette entre deux adolescents. Bien que l’histoire entre Ray et Sasha, ainsi que les sentiments qui se développent entre eux soient le point de départ du roman, l’ouvrage développe une histoire de famille et de liens qui unissent ou désunissent les personnages. Chacun des deux adolescents est lié de façon unique, mais fondamentalement très semblable, à leurs 3 demi-sœurs, non seulement de par leurs statuts de grandes sœurs et également parce qu’elles sont ce qui les unies. De même, ils sont attirés par « l’autre » parent, celui qui est un paria (Robert pour Ray et Lila pour Sasha), ne pouvant s’empêcher de le fantasmer comme surpassant leurs propres géniteurs. Dans le fond, Ray et Sasha ont chacun leur cocon mais, comme beaucoup d’adolescents, ils s’imaginent que l’herbe est plus verte ailleurs.

Une narration discontinue

Comme toujours, Ann Brashares écrit avec talent pour un public jeune : le style est fluide, beaucoup de dialogues et peu de descriptions, des personnages reconnaissables… Mais la narration est ici un peu particulière : dans le même chapitre, Ray, Sasha, une des sœurs et le narrateur vont se partager la vedette. Chacun leur tour, suivant les besoins du récit, vont emprunter la première personne du singulier, et devenir le centre de l’histoire. Ce qui est dommage, c’est qu’aucun des protagonistes n’est pleinement analysé, ou véritablement suivi tout au long du roman. Si chacun a des caractéristiques bien précises, leurs émotions sont survolées, ce qui est paradoxal compte-tenu de certains rebondissements de l’histoire, qu’on ne peut vous dévoiler ici.

Ces liens qui nous séparent porte indéniablement la marque d’Ann Brashares : des adolescents en proie à des émotions nouvelles et soudaines, des adultes qui doivent apprendre malgré eux à composer avec leurs enfants, des familles bouleversées par des événements tragiques. Cet ouvrage léger ne laisse pas un souvenir impérissable, surtout pour un adulte, mais devrait ravir sans aucun doute un public plus jeune qui pourra s’identifier à Ray ou Sasha.

6/10

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