[Critique] Dragon Blood T1 – Anthony Ryan

Caractéristiques

  • Editeur : Bragelonne
  • Date de sortie en librairies : 17 mai 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 672
  • Prix : 25€

Quand fantasy et steampunk se rencontrent

Vous le savez si vous nous suivez, chez Culturellement Vôtre on estime que la Fantasy ne saurait être prise à la légère, contrairement à ce que certains gardiens du Temple peuvent penser. Blindé de sous-genres, de courants, mais aussi parsemé de belles plumes qu’on prend plaisir à suivre fidèlement, le genre sait aussi se renouveler. Et, actuellement, nous vivons une petite redéfinition de certains codes qui, pour les lecteurs les plus passionnés, ne peut pas être malvenue. Dragon Blood Tome 1 : le sang du dragon, récemment sorti chez Bragelonne (Cthulhu : le mytheOn n’est jamais bizarre sur Internet) , fait partie de ces œuvres de fantasy qui tentent de bousculer les choses, d’apporter de nouveaux ingrédients à la recette.

Dragon Blood Tome 1 : le sang du dragon prend place dans les vastes territoires contrôlés par le Syndicat du Négoce d’Archefer, où rien n’est plus prisé que le sang des dracs. Ponctionné à même leurs veines, il est distillé en élixirs capables d’accorder d’incommensurables pouvoirs aux rares hommes et femmes connus sous le nom de Sang-bénis. Mais une menace croissante pèse sur le Syndicat : les lignées de dracs s’affaiblissent peu à peu. S’ils viennent à s’éteindre, la guerre qui couve avec l’Empire corvantin voisin ne manquera pas d’éclater. Le dernier espoir du Syndicat réside dans la découverte d’une rare variété de drac, bien plus puissante que toutes les autres. Claydon Torcreek, voleur de bas étage et Sang-béni clandestin, est enrôlé de force par le Protectorat et envoyé dans les entrailles du continent primitif d’Arradsie, sur la piste de cette créature légendaire. Lizanne Lethridge, vénéneuse espionne, doit quant à elle braver tous les dangers afin de mener à bien sa mission en territoire ennemi. Enfin, Corrick Hilemore, sous-lieutenant à bord d’un croiseur d’Archefer, se lance à la poursuite de dangereux pirates, sans se douter du péril qui le guette aux confins du monde…

Intrigues politiques et grandes embarquées vers l’inconnu

Dragon Blood Tome 1 : le sang du dragon développe un univers qui mélange habilement la fantasy et quelques éléments plus futuristes. On a un peu de mal à invoquer la science-fiction, écrivons plutôt qu’une sorte de steampunk est invité à la danse. Armes, véhicules, sociétés, bien des éléments soulignent ce fait. Sont aussi conviés les dragons, êtres légendaires au possible. Ceux-ci sont divisés en quatre espèces, et tout le sel de l’histoire est de bâtir l’intrigue sur une découverte qui ne peut que révolutionner le monde décrit : une cinquième race de monstre ailé est découverte. Plus précisément, une légende est entrain de prendre réellement forme, le Drac d’Argent n’étant jusqu’ici que basé sur une vieille découverte archéologique. Ainsi, Clay, Lizanne et Corrick (les trois personnages principaux, qui se partagent les points de vue) se retrouvent au centre d’une intrigue qui brasse autant la politique,  que la guerre et grandes embarquées.

L’univers que développe Dragon Blood Tome 1 : le sang du dragon est assez puissant pour captiver l’attention d’un lecteur, même si celui-ci est plutôt expérimenté. En effet, la décision d’extirper la situation de l’éternelle reproduction européenne fait en sorte qu’on ne cesse d’avoir une impression de découverte assez rafraîchissante, quand bien même rien ne semble véritablement original. C’est l’utilisation du steampunk, mais aussi cette caractérisation des personnages qui nous procure bien des surprises (même si Clay est en retrait, très clairement). Les situations sont aussi bien maitrisées, on pense surtout aux batailles navales, dont le rythme et les descriptions nous ont charmé en tous points. On apprécie aussi tout le côté exploration de terres encore sauvages, et les rencontres qui s’y produisent. Mine de rien, tout cela forme un univers qui sait coupler les intrigues quasiment de palais et le souffle épique le plus pur. Entre la guerre et ces découvertes, l’action est pour le moins prégnante, et ce n’est pas un mal.

Dragon Blood Tome 1 : le sang du dragon ouvre d’une bien belle manière la saga, et nous pousse à attendre la suite avec grand intérêt (attention au twist !). Aussi, pour les amateurs de sensations fortes, sachez que l’ouvrage n’est pas avare d’une certaine violence, graphique essentiellement. On regrettera peut-être quelques petits écarts de style, et un début qui s’allonge trop, mais globalement on aura été séduit par cette première incartade. Espérons que la suite soit à la hauteur.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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