[Critique] Our Summer Holiday — Kaori Ozaki

Caractéristiques

  • Titre complet : Our Summer Holiday
  • Auteur : Kaori Ozaki
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Delcourt/Tonkam Shonen
  • Date de sortie en librairies : 7 juin 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 224 pages
  • Prix : 7,99€
  • Acheter : Cliquez ici

Amitié et souvenirs d’enfance

image planches 1-2 manga shonen our summer holiday kaori ozaki éditions delcourt tonkam

Relativement méconnue chez nous en dehors de son shojo Immortal Rain, la mangaka Kaori Ozaki est de retour dans les librairies françaises avec ce joli shonen publié chez Delcourt/Tonkam (Yuko, Innocent Rouge). Our Summer Holiday se présente comme un one shot racontant les moments d’amitié idylliques vécus par trois enfants le temps d’un été, au milieu de situations familiales compliquées, pour ne pas dire dramatiques. En misant sur la nostalgie et une tonalité douce-amère, l’auteure parvient à faire d’une histoire qui aurait pu se révéler assez conventionnelle quelque chose de plus fort et émouvant, tout en restant loin de tout pathos.

Le manga suit les aventures de Natsuru, un pré-ado de 11 ans passionné de foot qui rêve de faire carrière dans le milieu, et vit seul avec une mère aimante mais fantasque, pour ne pas dire immature. Un jour, il trouve un joli petit chaton blanc abandonné flottant sur un carton et le sauve. Comme il ne peut pas le garder, il le confie à Rio, une fille de sa classe timide mise à l’écart en raison de sa grande taille, ainsi qu’à son petit frère. A mesure qu’il fait plus ample connaissance avec eux, Natsuru découvre que Rio et son frère vivent seuls en attendant le retour de leur père, et cachent la situation à l’école, de peur qu’ils ne soient placés et séparés. Une amitié très forte se tisse alors entre eux, ponctuée de purs moments de bonheur. Mais Rio cache un secret plus lourd encore, qui menace de les rattraper…

Une oeuvre simple et attachante, étonnamment mélancolique

Si l’on se fie uniquement au dessin de Kaori Ozaki et au découpage de l’oeuvre, on serait tenté de dire que Our Summer Holiday est un manga pour adolescentes somme toute assez classique, prenant assez peu de risques. Cependant, la mangaka sait apporter à ce récit initiatique une vraie chaleur, qui se ressent dans sa manière attachante de représenter les personnages, mais aussi et surtout par la délicatesse avec laquelle elle développe cette histoire au doux parfum des souvenirs d’enfance gravés dans notre mémoire, mais qui conservent malgré tout une certaine inquiétude, une part de noirceur. Au-delà des quelques éléments kawaii — dosés avec parcimonie — qui ne manqueront pas de faire craquer les jeunes filles (et bien des garçons), comme l’adorable petit chat Tofu, on retrouve dans ce one shot une simplicité dans le bon sens du terme, avec une intrigue présentée de manière plutôt linéaire, qui prend progressivement de l’ampleur tout en restant concentrée sur les relations entre les personnages.

Rêves d’avenir, amour naissant et relations parents-enfants sont au centre de Our Summer Holiday, qui s’intéresse à la façon dont les adolescents trouvent peu à peu leurs marques, que ce soit au sein de leur famille ou parmi leurs camarades, afin de prendre place dans le monde par la suite. Qu’il s’agisse de Natsuru ou bien de Rio et Yuta, aucun des héros n’est vraiment à sa place chez lui : le jeune garçon s’est responsabilisé trop vite face à une mère veuve au comportement d’adolescente, tandis que sa camarade de classe et son petit frère, délaissés, doivent survivre par leurs propres moyens sans faire de vagues. Des enfances atypiques donc, en partie volées, avec lesquelles ils vont devoir apprendre à composer. Cet été comme suspendu dans le temps, où ils vont s’amuser et se protéger mutuellement fera naître un solide espoir pour les guider vers l’avenir, même si, comme chacun sait, tout été a une fin…

Le manga de Kaori Ozaki se fait étonnamment doux-amer dans sa conclusion, qui parvient à apparaître tout à la fois ouverte, mélancolique et optimiste. L’auteure boucle son récit en soulignant la leçon de courage que constitue l’histoire de ses protagonistes, et la force que leur aura apportée leur amitié, en dépit de l’inévitable perte d’innocence accompagnant cette partie de leur vie. Si les paroles de Rio dans la dernière case pourraient sembler tristes, le dessin de cerisiers en fleurs qui les accompagnent suggère au contraire que l’avenir appartient enfin à ces enfants grandis trop vite.

Natacha Fleurot

Natacha Fleurot

Diplômée en Lettres Modernes, Natacha Fleurot rejoint la rédaction de Culturellement Vôtre fin 2015. Spécialisée dans les oeuvres jeunesse, young adult ainsi que la fantasy, elle réalise de nombreux articles dans les rubriques Livres et Cinéma. Passionnée de cuisine, elle teste aussi régulièrement des livres de cuisine et écrit dans la catégorie Food de la rubrique Lifestyle.
Natacha Fleurot
7/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *