[Critique] L’odyssée, tome 1 : La colère de Poséidon

Caractéristiques

  • Auteur : Luc Ferry (conçu et écrit par), Clotilde Bruneau (scénario), Giovanni Lorusso (dessin) & Scarlett Smulkowski (couleur)
  • Editeur : Glénat
  • Collection : La sagesse des mythes
  • Date de sortie en librairies : 13 septembre 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 56
  • Prix : 14,50€

Le début de l’odyssée d’Ulysse

L’Odyssée racontée par Homère est l’un des plus grands récits épiques de la mythologie grecque, elle méritait donc bien pas moins de quatre albums pour lui rendre justice. Dans ce premier tome de L’Odyssée au sein de la collection de Luc Ferry, La sagesse des mythes chez Glénat (Persée et la Gorgone Méduse, Héraclès tome 1…), Ulysse et ses hommes repartent victorieux de Troie et s’apprêtent à rejoindre leur île natale, Ithaque. Comme on le sait, ce retour ne sera pas de tout repos et sera sans cesse retardé par de multiples épreuves divines au cours des nombreuses étapes qui attendent notre héros. Ici, les protagonistes se heurteront au cyclope Polyphème, qui les capture et menace de les dévorer. Par sa ruse, Ulysse parviendra à les sauver, mais provoquera dans le même temps la colère divine de Poséidon, puisque le géant n’est autre que son fils…

Dans ce nouvel album de la collection pédagogique consacrée à la mythologie grecque, Luc Ferry et Clotilde Bruneau nous exposent pourquoi le retour d’Ulysse fut aussi long : le roi d’Ithaque a provoqué la colère du dieu des mers. Il a fauté par orgueil et en subit les conséquences. Comme chaque opus de La sagesse des mythes, la BD en elle-même comporte 46 pages, pour un résultat très synthétique, qui va à l’essentiel. Si cela était parfait pour Antigone, dans lequel les auteurs parvenaient à montrer les enjeux du récit tout en développant les personnages, le résultat est peut-être un chouïa plus limité ici : les choses vont très vite et, si l’intrigue demeure claire, on aurait sans doute apprécié de s’arrêter plus longtemps sur certains passages. De même, bien que les compagnons d’Ulysse tiennent un rôle très secondaire chez Homère, le fait de raconter l’histoire en BD nous fait regretter qu’ils ne soient pas davantage développés et distingués.

Un dessin plus sombre et contrasté

image planche 1 l'odyssée tome 1 la colère de poséidon luc ferry éditions glénat
© Glénat

Néanmoins, même s’il passe vite, l’épisode opposant Ulysse et Polyphème est bien raconté, en totale cohérence avec le mythe d’origine. De plus, le trait de Giovanni Lorusso possède un encrage plus épais que celui d’autres dessinateurs de la collection, pour un résultat plus contrasté, et donc plus intéressant et vivant. La pertinence est toujours de mise pour le dossier thématique abordant le récit sous un angle philosophique. Luc Ferry analyse ainsi qu’Ulysse apparaît peut-être comme le premier représentant d’une “spiritualité laïque” dans l’histoire de la pensée occidentale, s’acheminant du chaos vers la sagesse et l’harmonie.

Que vous soyez adulte ou bien encore étudiant, L’odyssée, tome 1 : La colère de Poséidon devrait vous convaincre si vous recherchez une bande-dessinée historique claire et pertinente autour de la mythologie grecque, ou si vous avez déjà apprécié les précédents volumes de la collection de Glénat. La trame narrative est fidèle au récit homérique, tout en dégageant à travers les dialogues les grands enjeux qu’elle soulève, et qui sont explorés plus en profondeur à travers le dossier philosophique en annexe. Classique mais efficace.

6/10

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