[Critique] Thor, l’intégrale tome 10 : 1968 — Stan Lee & Jack Kirby

Caractéristiques

  • Auteur : Stan Lee (scénario) & Jack Kirby (dessin)
  • Editeur : Panini
  • Collection : Panini Comics
  • Date de sortie en librairies : 18 octobre 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 264
  • Prix : 32€
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Qui a Thor ?

Alors que le surfeur… Pardon… L’acteur Chris Hemsworth est revenu sur nos écrans en octobre dernier, marteau au poing dans Thor: Ragnarok, Panini Comics (All-New Amazing Spiderman…) continue de faire plaisir aux dévoreurs de comics que nous sommes en nous permettant de découvrir une aventure du Dieu du Tonnerre datant des sixties : Thor 1968. Nous pourrions penser que les fêtes de fin d’année approchant, les maisons d’édition se frottent les mains en multipliant les ventes de récits plus ou moins inédits. Il n’en est rien. Rien que sur septembre, octobre et novembre, il y a eu une vingtaine de publications concernant Thor. Ces nombreuses propositions de lecture peuvent avoir comme inconvénient de nous faire perdre le fil avec cette avalanche de récits qui regroupent, divisent, mélangent leurs arcs narratifs. Premier point positif : il n’en sera rien dans cet album de 264 pages. Vous fermerez votre album Thor 1968 en ayant le fin mot de l’histoire. Avant de nous pencher de plus près sur cet album, permettons-nous un bref retour en arrière sur ce qu’est Thor dans le monde des comics.

Il faut que genèse se fasse….

Si beaucoup de personnes ont fait la connaissance de Thor avec les films produits par Marvel Studios, il est intéressant de revenir rapidement sur la genèse de sa création sur le plan comics. Basé sur les récits mythologiques nordiques du Dieu du Tonerre, sa date d’apparition par les coups de crayon de Stan Lee, Jack Kirby et Larry Lieber est de 1962 (année de naissance de Spiderman, Hulk…). Année d’apparition donc, mais pas de sa date de création. Thor est en effet apparu pour la première fois en avril 1940 dans #1 sous les coups de crayons de Pierce Rice. Durant cette aventure, Thor prêtera à un soldat européen son marteau, nommé Mjöllnir, afin de l’aider à libérer l’Europe de l’occupation nazie. Le succès critique et public étant au rendez-vous, Thor reviendra ensuite en tant que protagoniste.

De Thor et d’Argent

Thor 1968 fut édité durant la période que l’on nomme l’âge d’argent des comics (Silver Age Of Comics). Suite à la lecture de l’album, un sentiment de digestion un peu lourde se fait ressentir. Tant la forme que le fond alimentent cette idée. La raison principale pour la forme est que cet album regroupe douze mensuels édités en 1968. Le lecteur de l’époque avait donc du temps pour lire, apprécier, digérer son mensuel puis ressentir un manque en attendant l’épisode du mois prochain. Les auteurs (Stan Lee au scénario et Jack Kirby au dessin) devaient aussi penser à chaque wagon de nouveaux lecteurs qui arrivèrent jusqu’à eux entre la parution de chaque publication. Aussi, il était souvent nécessaire de répéter les schémas de narration, faire durer des scènes de combat parallèlement à l’avancée des résolutions des conflits des autres personnages. Thor devenait ainsi un personnage aussi important que Loki, mais sans une valorisation lui permettant d’atteindre le Valhalla des héros Marvel.

Le big bazar d’Asgard

L’histoire de Thor 1968 est proche du film Thor (2011) réalisé par Kenneth Branagh (réalisateur du récent Le crime de l’Orient-Express). Après avoir désobéi à Odin (Dieu du Ciel) sur la cité d’Asgard, Thor, Loki (Dieu de la discorde), Balder (Dieu de l’Amour) et Sif (Déesse de la fertilité) se retrouvent prisonniers sur Terre sans leurs pouvoirs. Après une énième dispute avec Thor et le reste du groupe, Loki tente de récupérer ses pouvoirs en demandant à la Reine des Nornes (mi-déesse et mi-sorcière) de pouvoir se venger de son père Odin puis de voler les aptitudes divines de ce dernier.

Cependant, via un coup de pouce scénaristique (un peu risible nous devons le concéder), un cambrioleur récupère les pouvoirs de Loki. Cet élément déclencheur va ainsi fonder un conflit principal conçu comme un mille-feuilles d’objectifs pour chaque personnage. A titre d’exemple sur le premier mensuel : Thor se voit forcé de défendre les humains du cambrioleur, tout en combattant Loki alors que ce dernier fait envoyer Balder et Sif sur Asgard sous les yeux d’Odin qui… Vous suivez toujours ? Multipliez cela par douze mensuels et par une dizaine de personnages !

Tout est bien qui…

Pour autant, si vous appréciez l’univers de Thor, vous prendrez plaisir à retrouver les personnages principaux, leurs relations ambigües, ainsi que son univers riche avec ses lieux fantastiques. Autre point positif dans ce manuscrit : ce sont les dessins de Jack Kirby. Alors que Stan Lee s’emmêle les fils pour ne pas nous lasser, Kirby se fait plaisir avec sa mise en scène dynamique et colorée. Pour autant, il est possible que vous soyez amenés à sourire des scènes de combats interminables (20 pages pour la première !), des personnages parlant d’eux à la troisième personne, des dialogues au ton moyen-âgeux…. La dernière partie “Qui est vraiment Don Blake ? Enfin la réponse” est la partie la plus percutante de l’album. Elle-même est une histoire à part entière. Ce récit narrant la genèse de Thor est clair et sans répétitions. Un petit bijou !

Pour résumer, l’album Thor 1968 se lit avec plaisir si, comme à l’époque où il fut édité, vous faites une pause entre chaque “feuilleton”. Une bonne porte pour découvrir le personnage de Thor.

6/10

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