[Édito] Aux USA, 2017 est une année noire pour les ventes de billets

Une année cataclismique pour le cinéma aux USA

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Il fallait s’y attendre, avec une série d’échecs au box office assez impressionnante et l’un des pires étés depuis bien longtemps, l’année 2017 ne pouvait qu’être catastrophique, pour le cinéma aux États-Unis. C’est désormais officiel, et ce malgré la belle performance d’un Star Wars : Les derniers Jedi qui a pourtant pas mal clivé, le box office du pays de l’Oncle Sam a connu sa pire année depuis 1992 : seulement 1,239 milliards de tickets vendus, soit une baisse de 1,315 milliards par rapport à 2016. La folie. Et pourtant, rien ne pouvait laisser penser une telle chute, tant certains films étaient attendus. On pense à Blade Runner 2049, Alien Covenant, ou encore La Momie, mais il va falloir commencer à comprendre qu’un fait de société est passé par là : le piratage.

Alors certes, le bouche à oreille a aussi pu fonctionner, dans ces résultats désastreux. La Tour Sombre, par exemple, n’a pas survécu longtemps après les premiers retours calamiteux, de la presse et du public. La vibe était pourtant meilleure pour Pirates des Caraïbes 5, par exemple, mais le film s’est planté en beauté. Très clairement, la qualité de l’œuvre n’est plus un facteur de réussite financière (on le savait depuis un moment, mais ça s’accentue considérablement), c’est donc que les raisons, et la vérité, comme dirait Fox Mulder, sont ailleurs. Cela traduit, tout simplement, l’impact indéniable de l’accès pirate au cinéma, de la gratuité face à la consommation tarifée, et ce même si cette dernière a fait d’énormes efforts pour proposer des cartes d’abonnement abordables, tandis que les prix de la place ont atteint un sommet délirant, et contre-productif.

L’impact du téléchargement illégal est indéniable

Le cinéma, globalement, n’est pas non plus tout à fait innocent dans cette situation, et ce même si les premiers responsables sont les pirates. Mais à force de penser les blockbusters comme une série de grands spectacles, qui n’ont que peu d’impact de par leur nombre parfois effrayant, le public s’est indéniablement émoussé. Disney s’en tire bien, avec encore une année étincelante dans les recettes, mais attention. Car on entend tous, autour de nous, des voix de plus en plus nombreuses et précises, témoignant un ras-le-bol des films de super-héros ou des adaptations live de grands classiques animés. Thor : Ragnarok, La Belle et la Bête, ça fonctionne encore. Mais pour combien de temps ? Le rachat de la Fox fera de l’empereur Mickey une véritable World Company, pas très sympathique car extrêmement hégémonique, mais attention à ce que le public ne trouve pas toutes les excuses pour ne plus se déplacer en salles.

Une aubaine pour le concurrent de Netflix (qu’on chuchote dans la liste d’achat du gourmand Apple), que rêve d’imposer la maison Disney ? Sans doute, l’avenir nous le dira. Mais, là encore, on attend de voir sur la longueur. Le téléchargeur pirate est, bien souvent, un grand défenseur de ce service en streaming. Pourtant, à part quelques séries, et un film salué de manière collégiale (Okja), on ne peut pas écrire qu’on est submergé par une vague de films inédits de grande qualité. On vous parlera, très bientôt, de l’assez pathétique Bright, par exemple. D’ailleurs, L’année 2018 devrait nous permettre de voir plus clair dans ce véritable sac de nœuds, et si la baisse se confirme il faudra écrire un édito encore plus affirmatif. Toujours est-il que non, le téléchargement ne pousse personne dans les salles. Il est temps de regarder les choses en face : pirater, c’est ne pas se déplacer.

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