article coup de coeur

[Critique] The Promised Neverland T1 – Kaiu Shirai, Posuka Demizu

Caractéristiques

  • Titre complet : The Promised Neverland : Grace Field House T1
  • Auteur : Kaiu Shirai, Posuka Demizu
  • Editeur : Kazé
  • Collection : Shonen
  • Date de sortie en librairies : 25 avril 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 193
  • Prix : 6,79€
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Le manga-événement enfin disponible en France

S’il y a bien un manga qui, au Japon, a beaucoup fait parler de lui depuis deux ans, c’est bien The Promised Neverland. Quand on paraît dans le très prestigieux Weekly Shonen Jump (qui a fait connaitre Captain Tsubasa, Dragon Ball, Hokuto No Ken, Saint Seiya, One Piece, et d’autres que vous connaissez obligatoirement), et qu’on provoque plus de deux millions de ventes sur huit tomes, ça attire l’attention. Grosse acquisition de l’éditeur Kazé, voilà que la série débarque sous nos latitudes, enfin traduite autrement que par le biais de scans pas glorieux du tout. Si le succès sera sans doute au rendez-vous, nous allons voir que les qualités sont effectivement charmantes, il faut pourtant signaler que l’œuvre se base sur une véritable prise de risque. Car ici, point de pouvoirs magiques, et une histoire qui cultive le mystère. Découverte d’un coup de cœur.

L’histoire de The Promised Neverland Tome 1 brasse bien des genres. On ne pourra que penser certains films, comme La Grande Évasion, Le Village, les dessins animés de Ghibli par exemple. Et ce même s’il paraît évident que les auteurs, Kaiu Shirai au scénario, et le dessinateur Posuka Demizu, ont tout d’abord puisé dans leur for intérieur afin d’y trouver le véritable effroi. Le récit nous présente tout d’abord trois éléments parmi les plus importants : l’orphelinat, appelé Grace Field House, les trente-huit enfants qui y vivent, et la responsable en charge de leur éducation, si gentille que les bambins la nomment Maman. Ces premières pages sont très importantes, car c’est ici qu’on commence à comprendre que ce manga n’est pas comme les autres. On perçoit une grande intelligence de traitement. Le fait que ce soit Emma qui nous fassent faire le tour du propriétaire n’est évidemment pas anodin : elle est le personnage le plus apte à représenter le style Shonen. Pleine de vie, d’énergie, elle sera aussi celle qui devra se remettre en cause dès que l’intrigue va s’accélérer. Une figure importante pour mieux nous déstabiliser.

Une écriture incroyablement bien équilibrée

Car, si les débuts de The Promised Nerverland Tome 1 peuvent sembler un peu ronronnant, jusqu’aux très mignons dessins de Posuka Demizu (qui nous étonne aussi sur la mise en scène, très lisible tout du long), c’est pour mieux nous prendre à revers. La puce à l’oreille, on la ressent quand on se rend compte que cet orphelinat réserve des spécificités pour le moins troublantes. Les enfants ont interdiction de dépasser les limites de leur confinement, et se font tatouer un code sur le cou, comme du bétail. Aussi, ils doivent faire preuve d’une grande intelligence, lors de tests très poussés. Ce qui plaît, c’est la subtilité de l’atmosphère, qui évite tout délire bourrin, parfois assez typique du Shonen. Oui, on capte bien que quelque chose se trame, mais impossible de comprendre exactement tous les aboutissants. Comme pour confirmer cette belle façon de nous plonger dans le mystère, le scénariste Kaiu Shirai nous réserve un passage d’une très grande force, qui va définitivement tout bouleverser pour Emma, Norman et Ray, les trois surdoués de l’orphelinat.

Sans trop vous spoiler, sachez que The Promised Land Tome 1 parle de « ce qui se cache derrière ». Maman et son masque symbolique, les limites de l’orphelinat, et d’autres choses qu’on ne peut vous dévoiler ici. C’est, avec l’étrangeté de la situation, ce qui nous prend le plus aux tripes. L’horreur, la terreur même, que l’on ressent en imaginant ce qui pourrait bien attendre ces enfants, rejoint la réalité de cet univers. Et c’est à cet instant précis que tout se met en marche : quand on a un aperçu de ce que l’ombre nous réserve. Cela n’a l’air de rien, mais c’est un véritable exploit de la part des auteurs, que de faire naître le mystère à partir d’une séquence qui joue cartes sur table. Bien des questions naissent à partir de la réponse, et bien entendu la série devra s’acharner à ce que les différentes solutions soient à la hauteur des enjeux créés. Notre petit doigt nous dit qu’on peut avoir confiance…

9/10

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