[Critique] Aliens : Livre II – Verheiden, Beauvais, Kieth

Caractéristiques

  • Auteur : Mark Verheiden, Den Beauvais, Sam Kieth
  • Editeur : Wetta
  • Collection : Replay
  • Date de sortie en librairies : 23 novembre 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 220
  • Prix : 39,95€
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Conclusion d’une série au fort intérêt pour les fans

Certaines œuvres ont autant d’intérêt historique que ludique. C’était le cas d’Aliens : la série originale, comics sortie en France chez Wetta (Terminator : Le jour d’après). Cette précieuse maison d’éditions continue d’abattre un sacré travail de préservation, avec la suite intitulée Aliens : Livre II. Rappelons que les histoires qui y sont contées ne sont pas canons, puisque parues avant qu’Alien 3 n’envahisse les écrans. C’est, d’ailleurs, l’occasion de se rendre compte que cette série a tout de même inspiré les scénaristes de la franchises, notamment grâce au développement du background militaire, que Ridley Scott reprendra un peu plus tard. Un passage obligé pour les fans ?

Aliens : Livre II prend la suite direct des précédents évènements. Du coup, on retrouve une Newt adulte, et Hicks. Mais toujours sans Ripley, même si la donne changera un peu plus tard. Dans un vaisseau à la dérive, et à l’aide de communications désespérées, ils sont les témoins impuissants de la chute de l’humanité, alors que la Terre est dorénavant envahie par les xénomorphes. Une ambiance bien sombre, qui provoque des questionnements, de la part des personnages. C’est, d’ailleurs, l’une des qualités de cette œuvre : elle n’hésite pas à faire part des doutes les plus profonds. Même si, parfois, l’exercice est un peu maladroit, trop en paradoxe avec l’action décrite, il s’en dégage une certaine force.

L’intrigue militaire est soutenue par un très bon antagoniste

Bien vite, les survivants rejoignent un vaisseau militaire, tenu d’une main de fer par le très inquiétant Général Spears. Celui-ci va devenir le véritable antagoniste de la première partie d’Aliens : Livre II. Les expérimentations militaires, l’envie de contrôler le xénomorphe, d’en faire une redoutable arme de guerre, est au centre du récit. On pourra être étonné d’une telle profondeur, alors que le comics se devait de prendre la suite du film de James Cameron. Certes, le background était déjà présent, on sentait une forte présence de l’armée, d’une prise de décision par une main qui reste dans l’ombre. Le scénariste, Mark Verheiden, s’appuie sur cet élément et le développe, bien plus que le rapport à la bête. En résulte une impression de véritable grandeur, dans le conflit.

Il devient de plus en plus évident que le destin de tout ce beau monde est de tenter un sauvetage sur Terre. Choix un peu hésitant de la part de l’auteur d’Aliens : Livre II, qui décide de cristalliser cela par la présence de survivants, dont l’histoire n’est pas spécialement vivifiante. Dommage, surtout que le reste pourra bien divertir. La reine Alien tient un rôle important, mais là aussi on a un petit regret : les différents évènements ont tendance à la banaliser, à ne pas assez appuyer sur le danger physique qu’elle représente. Le récit fait bien plus attention à gâter l’antagoniste humain, ce diabolique Général Spears, l’un des protagonistes les plus mémorables de l’univers Alien. Oui, carrément.

Une deuxième partie un peu en-dessous de la première

La deuxième partie d’Aliens : Livre II, intitulée Guerre pour la Terre a eu un peu plus de mal à nous convaincre, au-delà de son intérêt culturel. Il faut bien écrire que le style des dessins, signé Sam Kieth, est du genre à diviser. L’artiste, qui a connu le succès sur la série The Maxx, use d’un style paradoxal, à l’aide de l’apparence volontairement grossière des humains, qui tranche avec celle, plus réaliste, des xénomorphes. Il s’en dégage une sorte de dédramatisation, qui n’existe pas dans la première partie. Heureusement, le scénario reste de bonne facture, même si l’on sent qu’un besoin de clôturer le récit prend le dessus. L’arrivée de Ripley redonne un coup de fouet à l’intrigue, surtout son rapport avec Newt. D’ailleurs, on continue de trouver dommageable le début d’Alien 3, qui tue cette dernière trop facilement, mais c’est une autre histoire. Celle qui nous intéresse ici démontre que le protagoniste avait bel et bien la capacité de se sublimer, et d’offrir à la licence un peu de vent frais.

La réponse à la question que l’on posait en ouverture est simple, la sortie d’Aliens : Livre II est d’un intérêt supérieur, pour les fans de la franchise. Gros succès populaire, lors de sa sortie initiale aux États-Unis, c’est une véritable chance que de le découvrir aujourd’hui, en France. Cela grâce à la maison Wetta qui, comme à son habitude, soigne son édition. Celle-ci est nommée Hardcore : un grand format de 220 pages, toutes en couleurs. La couverture, cartonnée, est du plus bel effet, tout comme le papier. Aussi, le récit est complété de quelques bonus : une préface, écrite par Mark Verheiden, en 2016. un recul qui lui permet de tenir des propos véritablement enrichissants. En fin de volume on trouvera quelques illustrations, signées John Bolton et Den Beauvais. De quoi fignoler ce comics dans les moindres recoins.

7/10

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