[Critique] Joe Golem T1 – Mignola, Golden, Reynolds, Stewart

Caractéristiques

  • Titre complet : Joe Golem : Détective de l'occulte Tome 1
  • Auteur : Mike Mignola, Chritopher Golden, Patric Reynolds, Dave Stewart
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Contrebande
  • Date de sortie en librairies : 16 mai 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 144
  • Prix : 15,95€
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La propension, chez Mike Mignola, à créer des univers singuliers, est décidément du genre à se prouver de série en série. Bien entendu, on pensera tous à Hellboy, sa série fétiche qu’il a su développer juste assez pour, aussi, créer nombre de spin off. Mais ce serait bien dommage de résumer la carrière de l’auteur au démon rouge, tant elle propose des petites surprises, moins discutées mais pas moins intéressantes. Parmi celles-ci, on trouve un roman illustré : Joe Golem : Occult Detective, écrit en association avec son compère Christopher Golden. Un duo qui a aussi pondu Lord Baltimore, et dont l’œuvre ici traitée est, cette fois-ci, un pur comics.

Joe Golem Tome 1 prend place quarante ans après une catastrophe, le Grand Désastre, qui a submergé tout le bas de Manhattan, laissant cette partie du cœur de New York engloutie sous une dizaine de mètres d’eau. Des événements étranges ont commencé à survenir, et Joe Golem enquête lorsqu’une mystérieuse et terrifiante créature enlève des enfants pour les emmener dans les profondeurs de la cité engloutie, tandis que les noyés resurgissent de ces eaux sombres… vivants.

Joe Golem Tome 1 a tout pour plaire. Une situation dystopique, envoûtante de par ses spécificités et les éventualités qu’elle créé. Un héros, qui donne son nom au titre de la série, dont les origines ne sont pas spécialement mystérieuses mais opaques. Et des scénarios dont le fantastique partage sa place avec un esprit pulp très marqué, et marquant. Le mélange fonctionne très bien, et les histoires, si elles manquent un peu d’originalité, nous charment à la première lecture. On y voit beaucoup des thèmes de Mignola, de ses ficelles même, comme le rapport à l’œuvre de Lovecraft, ce qui n’étonnera pas au sein d’un monde à moitié englouti par les eaux.

Le manque d’étonnement, de surprise, voilà la seule retenue que l’on pourra ressentir. Découvrir Joe Golem Tome 1 est un pur plaisir pour les amateurs de séries bien ficelées, il lui manque juste une petite notion d’inattendu pour atteindre les cimes. Comme nous le rapportions plus haut, les origines du personnage principal ne font aucun doute, tant et si bien que les quelques flash-back, qui font la lumière sur sa création, sont un peu superflus. Et, surtout, trop systématiques : ils nuisent un chouïa au rythme des intrigues. Heureusement, l’intégrité des deux récits n’est pas esquinté, et l’on est même touché par la fin du premier segment, dont l’antagoniste rappellera évidemment Abe Sapien, l’un des acolytes de Hellboy.

Les dessins de ce Joe Golem Tome 1 sont signés par Patric Reynolds, et Dave Stewart aux couleurs. Le premier, on le connait surtout pour ses travaux sur Serenity : Float Out et… le spin off Abe Sapien. Quel doux hasard ! Quant au second, il est un nom incontournable pour qui apprécie l’univers Hellboy. Le tout forme un résultat passionnant, morose dans ses tonalité, avec toujours ce style expressionniste qui sied si bien aux travaux de Mike Mignola. Les esthètes y seront sans doute très sensibles, surtout que cela sert idéalement l’ambiance du comics, n’est jamais perçu comme une simple stylisation d’un récit non-concordant. Ajoutons que l’édition, signée Delcourt, complète ce joli tableau par une galerie d’illustrations, en fait les couvertures signées Dave Palumbo, et un sketchbook commenté.

7/10

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