[Critique] La perfection du crime — Helen Fields

Caractéristiques

  • Auteur : Helen Fields
  • Editeur : Marabout
  • Collection : Marabout Thriller
  • Date de sortie en librairies : 6 juin 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 416
  • Prix : 19,90€
  • Acheter : Cliquez ici

Ancienne avocate, Helen Fields s’est reconvertie en autrice de thrillers “parfaits”. Premier roman traduit en français, La perfection du crime (Perfect Death en VO) est en réalité son troisième roman, puisqu’il succède à Perfect Remains et Perfect Prey. Alors, les aventures de l’inspecteur Callanach méritent-elles le grand succès obtenu outre-Manche ?

Un Frenchy chez les Scots

Luc Callanach a tout sauf le physique de l’inspecteur lambda : cet ancien mannequin franco-écossais ne passe pas inaperçu. Lorsqu’il arrive à Edimbourg, les avis à son sujet sont partagés et ce malgré (ou à cause) de son passage remarqué à Interpol. Que vient donc faire ce jeune inspecteur qui n’a pas remis les pieds dans le pays de son père depuis plus de 20 ans  ? Alors qu’il doit se faire accepter (et respecter) par ses collègues et subalternes, il est tout de suite plongé au cœur d’une enquête macabre : Elaine Buxton, brillante avocate, a disparu et il semblerait que les restes d’un corps calciné retrouvés dans les Highlands soient les siens.

Quelques jours après, Jayne Magee, pasteur, disparaît à son tour. Il faut agir vite si la police veut la retrouver en vie. Parallèlement à son enquête, Callanach se lie d’amitié avec l’inspecteur Ava, qui doit elle-même gérer une affaire de nouveaux-nés abandonnés à une mort certaine. Ils vont s’entraider dans ces deux investigations, découvrant peu à peu leurs passés respectifs et difficiles. Mais lorsque l’un d’eux se retrouve en danger de mort, un compte à rebours d’un nouveau genre se met en place…

Un meurtrier à découvert

Beaucoup de thrillers sont conçus sur le même modèle : un policier, un (ou des) meurtre(s) et un meurtrier mystère. Ici, Helen Fields nous présente le coupable dès le deuxième chapitre, et nous le suivons un chapitre sur deux. Au-delà de ses crimes, elle décrit son quotidien, son parcours professionnel, ses failles et ses colères, mais il faut attendre la dernière partie du roman pour découvrir son mobile. Néanmoins, il ne faut pas avoir trop d’espoirs à ce niveau-là : s’il y a bien une explication aux actes du Docteur King, elle est très superficielle, comme si dans le fond, cela n’était pas important.

Ce sur quoi Helen Fields a voulu insister, ce sont les méthodes, le Modus Operandi de cet homme peu apprécié par ses pairs, mais dont personne ne soupçonne la dangerosité. Cet exercice de style peu commun donne un côté atypique à ce roman, qui peut tout autant séduire que déplaire : le noeud de l’intrigue ne tourne pas autour de l’identité du meurtrier, mais comment il va se faire attraper. Cela permet également de se focaliser sur les personnages de la police, qui sont les véritables acteurs du roman.

Des personnages humains, faillibles

Helen Fields a donc écrit plusieurs romans ayant pour héros Luc Callanach. Dépeint par une Britannique, ce frenchy est forcément arrogant, hautain et très beau. Bien qu’Ecossais par son père, il a quitté ce pays à la mort de celui-ci lorsqu’il n’était encore qu’enfant et parle anglais et non pas écossais. C’est le premier frein à son intégration, et on regrette de passer à côté de certains jeux de mots qui ne peuvent exister que dans la version originale. Si les détracteurs de Callanach le sont par nationalisme et ne sont donc pas spécialement sympathiques, on a du mal à s’attacher à cet homme, que ce soit en raison de son attitude générale ou au vu de son histoire. Ava Turner, sa collègue, elle aussi inspecteur, est son opposée : libre, rebelle, avenante, mais aussi très belle. On retrouve chez elle encore un cliché de la femme flic, forte mais cachant des blessures derrière un esprit vif. Des personnages que l’on accompagne sans toutefois qu’ils parviennent à nous surprendre. Le Docteur King quant à lui est également un véritable archétype du méchant : approchant de la soixantaine, bedonnant avec une calvitie apparente, il est pris de haut par ses collègues et se tient en haute estime lui-même… Ce qui le rend intéressant est surtout la façon dont il va gérer ses crimes, davantage que sa personnalité, et c’est assez regrettable.

Malgré ces réserves, La perfection du crime est néanmoins un thriller captivant, dont l’intensité va crescendo. Pas besoin d’empathie envers les personnages, l’intrigue se suffit à elle-même pour une plongée macabre dans l’esprit humain.

6/10

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