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[Critique] Goblin Slayer T1 – Kumo Kagyu, Kousuke Kurose

Caractéristiques

  • Auteur : Kumo Kagyu, Kousuke Kurose, Noboru Kannatuki
  • Editeur : Kurokawa
  • Date de sortie en librairies : 13 septembre 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 176
  • Prix : 7,65€
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Gare aux gobelins !

Si le rythme d’acquisition de droits, chez les maisons d’édition, connaissent une baisse de régime depuis quelques années, l’actualité du manga reste assez costaude à suivre. Cette fois-ci, c’est du côté de Kurokawa (La Magie du rangement illustréeSilver Wolf, ) que ça bouge bien, avec une sortie qui a tout de l’événement : celle de Goblin Slayer. Cette série, que nous découvrons à cette occasion, est du genre à créer l’engouement. En effet, ce n’est pas seulement une bande dessinée qui sera au centre des intérêts, mais aussi un light novel (toujours chez Kurokawa), et une série animée, deux autres formes que l’on abordera aussi. Car, autant vous le signifier de suite, ce qu’on a lu nous a impressionné, confirmant la belle qualité de cet univers. On ne vend pas plus de 1,5 millions d’exemplaires pour rien.

Goblin Slayer déploie un pur scénario d’heroic-fantasy. Une jeune prêtresse quitte son temple pour la première fois, et entreprend sa première quête. Mais elle et ses compagnons d’aventure, inconscients du danger mortel, se retrouvent presque aussitôt en très, très fâcheuse posture. Un inconnu apparaît alors, et sauve ce qui peut encore l’être : le Goblin Slayer, qui a voué son existence à exterminer les ignobles gobelins par tous les moyens. C’est une tâche dangereuse, sordide et ingrate, mais il la mène à bien mieux que quiconque. La rumeur des exploits de celui qu’on surnomme crève-gobelins se propage, et des aventuriers hors du commun pourraient bien solliciter son aide…

Goblin Slayer Tome 1 nous a surpris, et pas qu’un peu. La maitrise des codes de l’heroic-fantasy est surtout l’occasion de nous retourner nos acquis en pleine poire. Avec une violence aussi renversante que cruelle. Sans trop vous révéler de ce qui fait la substantifique moelle de ce manga, sachez que les premières pages de l’introduction vous mettra dans vos confortables charentaises. Avant de les broyer et, avec elles, les personnages qui nous semblaient comme autant d’archétypes intouchables. L’intrigue, jusqu’ici d’un clair azur, prend alors une tournure des plus glauques, alors que les fameux gobelins font preuve d’une sauvagerie plus qu’étonnante. Ils dépècent, dévorent, violent, et les lecteurs ne peuvent qu’assister à ces méfaits.

Un univers étonnant et sombre

Ces actes marquants provoquent l’arrivée d’un personnage qui l’est tout autant. Goblin Slayer Tome 1 se devait de nous présenter un héros digne du danger qui guette, et le crève-gobelin tient son rang. Tout est réuni pour que son duo, avec la jeune prêtresse, soit des plus intéressants. L’apprentissage de cette dernière, par le biais duquel nous allons découvrir toute la complexité du personnage principal, est assez intelligent. D’ailleurs, la narration, aussi bien écrite que visuelle, s’inscrit dans le haut niveau. Kumo Kagyu, qui est aussi l’auteur du light novel, s’occupe du scénario. On apprécie sa fluidité, ses prises de risque notamment dans la gestion temporelle, mais aussi la caractérisation des personnages. Après le groupe de novices des dramatiques débuts, on fait connaissance avec d’autres aventuriers. Et là, c’est une autre histoire. C’est ce qui nous fait penser que la violence, omniprésente, se justifie dans le développement de ces protagonistes, tous marqués autant par un passé difficile qu’un présent traumatisant.

Goblin Slayer Tome 1 est aussi une brillante satisfaction du côté des dessins. La représentation de la violence, voire des sévices, se fait plus insistante que dans le light novel, que nous lisons actuellement. Mais elle n’est pas innocente. Elle participe au rythme de la mise en scène, qui va tambour battant. L’action fait parfois place à d’autres formes de spectacle, plus descriptives des us et coutumes de l’univers mais, globalement, le mangaka Kousuke Kurose (assisté de Noboru Kannatuki au design des personnages) aime à rendre les combats très viscéraux. On a aussi droit à de la nudité frontale, pas dans un esprit agréable puisque les jeunes filles ne sont pas consentantes. Notons que l’auteur ne prend pas son pied à rendre compte de ces actes, qui horrifieront les lecteurs. L’œuvre est déconseillées aux moins de seize ans, et ce n’est pas pour rien. L’édition, soignée, se termine par un interlude romancé. Et, quand on referme ce premier tome, on ne peut que foncer vérifier la date de sortie du second. Rendez-vous est pris le 15 novembre 2018 !

8/10

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