[Critique] Kill Or Be Killed T2 – Brubaker, Phillips, Breitweiser

Caractéristiques

  • Auteur : Ed Brubaker, Sean Phillips, Elizabeth Breitweiser
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Contrebande
  • Date de sortie en librairies : 6 juin 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 168
  • Prix : 16,50€
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Un second tome qui gagne en intensité

C’est avec envie que l’on retrouve l’univers très sombre de Kill Or Be Killed, série de comics parue aux éditions Delcourt (Janski BeeeatsFlorida) que nous avons découvert lors de la sortie d’un premier tome bien intriguant. Rappelons que cette parution était très surveillée, grâce à la nature du duo au travail, formé par Ed Brubaker et Sean Phillips, lesquels ont marqué l’univers de la bande dessinée grâce à des œuvres comme Fondu au Noir et Fatale. Pas des branquignoles donc, et cela a accouché du récit que nous continuons de découvrir aujourd’hui.

Kill Or Be Killed Tome 2 prend la suite direct du premier volume. Ainsi, nous ne pouvons que vous conseiller de commencer la découverte par le début, cela va sans dire. On retrouve Dylan, personnage tourmenté par un démon assoiffé de sang, depuis que notre jeune homme a raté sa tentative de suicide. S’il veut sauver sa peau, et rassasier l’appétit de celui qui le hante, le personnage principal doit tuer une personne par mois. Alors, il se met en tête de dénicher de véritables ordures qui, selon lui, méritent de mourir. Dylan s’enfonce de plus en plus dans un univers sombre, plus que torturé, cherchant à justifier ses actes violents. La situation empire encore quand la police se met à ses trousses, après un assassinat mouvementé.

Moins d’idéologie, plus de tension

Le premier volume de Kill Or Be Killed nous avait en partie séduit, mais nous relevions un véritable point noir : la facilité du discours. Allons droit à l’essentiel : ce second tome s’en tire mieux, justement en allégeant son esprit de contestation à la limite de l’insupportable crise d’adolescence. Le scénariste, Ed Brubaker, prend enfin conscience que la force principale de son récit se situe dans son ambiance fascinante, et un peu moins dans une idéologie boiteuse, et finalement contre-productive. Ainsi, Dylan existe beaucoup plus par les problématiques qui lui sont opposées, que par ses errements philosophiques passablement barbants. Cela ne signifie pas que l’œuvre se débarrasse totalement de son fond, juste que ce dernier se fait moins insistant.

Kill Or Be Killed 2 nous plonge dans une société minée par les injustices, peuplée de personnes qui ne devraient pas jouir de leur liberté. Du moins, aux yeux de son justicier. Et la raison pour laquelle notre anti-héros va vouloir régler la situation est liée aux demandes du démon qui le hante. Bien entendu, on peut y voir une sorte de critique du vigilante flick (comme Un Justicier dans la Ville, par exemple), pas spécialement hyper bien cadrée mais plutôt fun. Car c’est indéniable : l’histoire réserve assez de rebondissements, de moments d’action, pour emporter l’adhésion. L’écriture des personnages se révèle admirable, notamment à l’occasion d’un troisième chapitre centré sur un protagoniste secondaire des plus intéressants. Le tout est relevé de dessins de haut vol, signés Sean Phillips, et  d’une mise en scène très cinématographique. Et cela se termine sur un point culminant bien gratiné, qui valide sans conteste la montée en puissance de cette histoire. La série gagne en intensité, c’est une certitude.

7/10

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