[Critique] Kill or be Killed T3 – Brubaker, Phillips, Breitweiser

Caractéristiques

  • Auteur : Ed Brubaker, Sean Phillips, Elizabeth Breitweiser
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Contrebande
  • Date de sortie en librairies : 17 octobre 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 128
  • Prix : 16,50€
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L’éternel retour du réel

Après deux premiers volumes loin d’être passés inaperçus (retrouvez nos critique du tome 1, et du tome 2), Kill or be Killed revient pour une troisième fois, toujours aux éditions Delcourt. Rappelons qu’il s’agit de la nouvelle série scénarisée par deux petits génies de l’écriture, Ed Brubaker et Sean Phillips, qui nous ont régalé avec l’excellent Fondu au Noir, thriller se déroulant dans le milieu étrange de Hollywood. Et leur travail actuel prouve à quel point il faut, et faudra, compter sur eux pour dynamiter l’univers du comics.

Rappelons ici que Kill or be Killed est une série qui se doit d’être découverte dans l’ordre de sortie. Si vous n’avez pas lu les premiers volumes, vous passerez à côté de toute la substantifique moelle. Une fois cette précision émise, abordons le scénario. On retrouve Dylan, alors que sa volonté est désormais de tenir tête au démon qui le tourmente. Rappelons que cette entité lui demande du sang : un meurtre par mois, sous peine de crever à petit feu. Seulement, le jeune homme n’en peut plus. Il remet en cause ses perceptions. N’est-il pas simplement devenu fou à lier ? En tout cas, ce sevrage d’homicides lui va plutôt bien, jusqu’à ce que le réel le rattrape…

Kill or be Killed Tome 3 continue sur la lancée du précédent volume : on monte en tension, sans oublier de faire face à une atmosphère de mort aussi sèche que lancinante. Ici, on se recentre sur le personnage principal, Dylan. On ne perd pas de vue certains protagonistes secondaires, les scénaristes prennent même le temps de développer certaines relations, mais il est temps de confronter notre anti-héros à la réalité. Car, au-delà de ses exactions, l’heure est venue de faire face aux répercussions de son attaque dirigée vers la mafia russe. Autant vous prévenir : Dylan est désormais apte à se défendre, avec une maitrise froide, une efficacité redoutable, qui explosera dans une séquence gratinée.

Dylan, plus hanté que jamais

Kill or be Killed Tome 3 continue, toutefois, d’être traversée d’une sorte de voix off pas toujours très agréable. On en comprend le principe, casser le quatrième mur est une intention qui peut s’avérer intéressante, mais on ne voit pas trop ce qu’elle permet véritablement. Mieux se placer face aux actes de Dylan ? Pas spécialement. Il est plutôt question de nous rendre complice de la narration, de sa forme, et ce n’est finalement que peu utile. Au-delà de cette considération, on ne peut qu’affirmer l’intensité du récit, et ce même quand il affirme prendre son temps. On apprécie ces respirations, car elles ne chôment pas : une simple visite à sa mère, et Dylan en sort plus fouillé qu’auparavant.

Kill or be Killed Tome 3 reste aussi cette belle satisfaction purement visuelle. Sean Phillips s’avère, décidément, incroyablement doué afin de construire une ambiance très noire. Les expressions, restent justes tout du long, ce qui ne fait que perfectionner l’implication des personnages dans une mise en scène très cinématographique. Cela prend le pas sur les quelques réserves que nous émettions, lors des précédents volumes, sur le fond. Celui-ci peut toujours être assez lourdingue, notamment quand la voix-off part dans un jugement morale très dans l’air du temps, mais il n’est plus au centre de l’œuvre. On ne peut que s’en réjouir : il ne reste plus que ce qui produit un impact bien percutant.

7/10

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