[Critique] Les Métamorphoses 1858 T1 – Durand, Ferret

Caractéristiques

  • Titre complet : Les Métamorphoses 1858 T1 : Tyria Jacobaeae
  • Auteur : Alexie Durand, Sylvain Ferret
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Conquistador
  • Date de sortie en librairies : 9 janvier 2019
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 64
  • Prix : 15,50€
  • Acheter : Cliquez ici

Première réussie pour Durand et Ferret

Il n’y a rien de plus embarrassant que d’entendre, au cours d’une discussion, que la culture française a du mal à accoucher d’univers inscrits dans le fantastique. Outre le domaine de l’heroic fantasy, de l’aventure (Jules Verne, tout de même !), ou encore de l’horreur pure, l’amour du mystère fait partie de notre ADN. Quitte à, parfois, prendre appui sur quelques références venues d’ailleurs. Les Métamorphoses 1858 Tome 1, récemment paru aux éditions Delcourt (Motor GirlVirus) , emprunte cette voie. Avec une certaine réussite.

Les Métamorphoses 1858 Tome 1 prend place en plein cœur de l’année décrite dans le titre. Alors que l’atmosphère de Paris se fait diablement étouffante, une jeune couturière disparaît, dans l’indifférence la plus choquante. Contacté par le petit frère de cette pauvre jeune femme, le détective Stanislas Andrzej va accepter d’enquêter sur cette affaire. Il va entrainer Joseph, étudiant en médecine, mais aussi ami d’enfance et colocataire. Leurs recherches vont plonger le duo au cœur d’une machination dont il ne pouvait soupçonner la dangerosité. En effet, la jeune couturière n’est pas la seule à s’être évaporée sans laisser de traces : d’autres cas similaires se déclarent, dans la capitale française. Et, bientôt, un corps mutilé est retrouvé…

Un mélange du Paris mystérieux, et du Londres victorien

Il y a plus facile, pour une première collaboration, que de viser un récit aussi fouillé que celui de cette bande dessinée. Alexie Durand, au scénario, et Sylvain Ferret, aux dessin tout autant qu’aux couleurs, s’attaquent à un univers riche, bourré de spécificités. Les Métamorphoses 1858 Tome 1 décrit un Paris qui, parfois, nous fait penser au Londres victorien. C’est bien normal, puisque les auteurs se dirigent vers un style steampunk, équilibré, qui se déclare par petites touches, jusqu’à un final qui ne laisse plus aucun doute quant à ce constat. Avant cette conclusion, le scénario se met en place de manière efficace, notamment grâce à deux personnages principaux bien caractérisés. On sent, là aussi, une référence aux duos policiers bien connus, comme Sherlock Holmes et le Docteur Watson. Le tout saupoudré d’un danger se rapportant à Jack L’éventreur, du moins pendant un temps.

On aurait pu avoir peur d’un rendu plus proche du pot-pourri que du récit équilibré. Pourtant, Les Métamorphoses 1858 Tome 1 s’en tire haut la main. Notamment parce que ces références anglaises ne prennent jamais le pas sur le Paris ici présenté. On retrouve, par exemple, un enfant tout droit sorti d’un roman d’Émile Zola. Cependant, tout n’est pas parfait. On pensera à quelques passages trop verbeux, ainsi que quelques mystères un peu trop épais pour ne pas faire tiquer. Deux erreurs qui, si elles sont notables, ne ruinent pas l’ensemble de l’œuvre. D’ailleurs, précisons ici que les dessins qui s’y étalent sont de bonne facture. Il reste quelques petites imperfections de mise en scène, quelques angles qui manquent de lisibilité, mais là encore on reste assez séduit pour ne pas décrocher. C’est si vrai qu’on attend la suite (la série est prévue en trois tomes) avec curiosité.

7/10

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