[Critique] Dreams Factory, tome 1 — Jérôme Hamon & Suheb Zako

Caractéristiques

  • Titre complet : Dreams Factory, tome 1 : La neige et l'acier
  • Auteur : Jérôme Hamon (scénariste), Suheb Zako (dessin) & Lena Sayaphoum (couleurs)
  • Editeur : Soleil
  • Collection : Métamorphose
  • Date de sortie en librairies : 29 août 2018
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 60
  • Prix : 15,50€
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Un diptyque steampunk entre BD jeunesse et adulte

Ecrite par Jérôme Hamon (Nils) et dessinée par Suheb Zako, Dreams Factory est une bande-dessinée steampunk publiée aux éditions Soleil. Comme souvent avec la collection Métamorphose (Chroniques de l’île perdue, Sacha et Tomcrouz, La mille et unième nuit…), l’imaginaire est très important dans cette œuvre, située à mi-chemin entre la BD jeunesse (à partir de 12 ans) et la BD pour adulte.

Nous y suivons les aventures d’Indira, une jeune fille qui travaille à la mine et s’occupe de son petit frère alors que leur père, alité, est gravement malade. Lorsqu’elle tombe malade et ne réussit pas à se lever un matin, son petit frère décide de la remplacer afin de gagner leur pain quotidien. Bien que trop jeune pour effectuer ce travail dangereux, la directrice de la mine, Madame Sachs, insiste pour le laisser travailler. Constatant sa disparition, sa sœur s’élance à sa recherche et pénètre dans la fabrique de jouets que possède Madame Sachs, un lieu tenu secret et qui exerce une terrible influence sur ses jeunes ouvriers…

Une réflexion sur notre société

image planche 2 dreams factory tome 1
© Editions Soleil

Premier tome d’un diptyque, Dreams Factory : La neige et l’acier est une œuvre onirique évoquant le travail des enfants et l’égalité des chances dans notre société sous un angle steampunk. La méchante directrice permet à une grande partie de la ville où se trouve sa mine de travailler, mais à quel prix ! Les enfants qui vont à la mine sont nés du mauvais côté de la barrière et le scénario, ainsi que les dialogues, de Jérôme Hamon mettent en évidence la métaphore à l’oeuvre ici : celle d’une société (la nôtre), qui fait tout pour que ses citoyens restent à leur place tels des pantins et où l’égalité des chances est illusoire.

En s’élevant contre Madame Sachs dans le seul but de retrouver son frère, c’est aussi contre ça que s’élèvera en fin de compte Indira. L”intrigue adopte un schéma inhérent aux mythes — et également employé par des cinéastes tels que Spielberg — dans lequel le héros, à priori ordinaire, va se retrouver dans une situation extraordinaire et finir par accepter sa « mission » malgré des motivations au départ purement personnelles.

Une atmosphère onirique aux décors de toute beauté

image planche 3 dreams factory tome 1
© Editions Soleil

De manière générale, on rentre facilement dans l’univers de Dreams Factory, mélange de traitement réaliste du travail dans les mines — où des enfants ont réellement pu travailler par le passé — et d’éléments steampunk et fantastique habilement disséminés d’un bout à l’autre. Avec la présence de la neige, son intrigue et ses décors étonnants, la BD possède également un côté conte qui participe à son charme. L’histoire est quant à elle très bien menée et réserve son lot de surprises. Ce tome 1 s’achevant sur une étonnante révélation, il y a fort à parier que le dernier album se penche sur l’histoire de Madame Sachs et la création de l’usine…

Les dessins de Suheb Zako nous plongent quant à eux dès la première planche dans une atmosphère onirique avec ces décors enneigés de toute beauté, ou encore la représentation de l’usine à jouets. Les personnages sont pour leur part dessinés dans un style « jeunesse » assez simple et épuré où l’on sent également une certaine inspiration japonaise, et qui permet une bonne expressivité. Les éléments propres à l’univers steampunk sont parfaitement intégrés à l’ensemble et l’album pourra représenter une bonne introduction au genre pour des adolescents, même si la BD s’adresse aussi bien à eux qu’aux adultes. Enfin, si la couleur par Lena Sayaphoum a clairement été réalisée sur ordinateur, les tons bleu glace de cette première partie donnent à l’ensemble un rendu très élégant.

Voilà donc une nouvelle réussite pour la collection Métamorphose, une œuvre hybride qui sait imposer rapidement son univers et nous y plonger avec un plaisir communicatif.

7/10

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