[Critique] Je suis ton soleil – Marie Pavlenko

Caractéristiques

  • Auteur : Marie Pavlenko
  • Editeur : Flammarion Jeunesse
  • Date de sortie en librairies : 8 mars 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 466
  • Prix : 17,50€
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Bac ou pas bac ?

Auteure des sagas fantastiques Saskia et Marjane, Marie Pavlenko reste dans l’univers jeunesse avec Je suis ton soleil, mais revient à un genre plus classique, le tout aux éditions Flammarion Jeunesse (L’ombre du Golem). Déborah, l’héroïne de l’histoire qui nous intéresse ici, est bien humaine, elle n’a pas de pouvoirs cachés, mais sa vie n’est pourtant pas un long fleuve tranquille…

Déborah rentre en Terminale, cette année c’est la dernière, à la fin c’est le bac. Et, bon sang, c’est déjà angoissant. Comme si cela ne suffisait pas, sa meilleure amie Eloïse n’est pas dans sa classe. Mais Tania, la peste de service, si. Et elle est encombrée d’un labrador qui perd autant de poils qu’il sent mauvais, dont elle doit s’occuper tous les jours. Alors qu’elle s’apprête à passer une année solitaire et triste, Victor et Jamal vont se mettre sur son chemin, qu’elle le veuille ou non. Le premier est le nouveau beau gosse de la classe, et le second un fan de mygales isolé par les autres élèves. Peu à peu une amitié va naître entre les trois camarades, amitié qui va être mise à rude épreuve car l’année qui ne fait que commencer va être longue et difficile, en particulier pour Déborah.

Un environnement familial complexe

Si le lycée (et ses lycéens) est un endroit très important du roman, la famille de Déborah est le vrai fil rouge de Je suis ton soleil. On découvre, au début de l’histoire, un couple usé par la fatigue et la routine, un père infidèle et une mère dont les obsessions tournent à la névrose. Déborah, au milieu de cela, voit et juge à travers ses yeux d’adolescente, sans complaisance ni nuances. Au fur et à mesure que l’histoire avance et que la réalité se met en place (les parents se séparent), les personnages prennent plus d’importance mais surtout plus de profondeur. Enfin surtout la mère, le père aura droit lui aussi à une tentative d’explication de ses actes, mais tellement floue qu’elle n’apporte aucune empathie à son égard. Il garde le « mauvais rôle », ce qui peut paraître un peu facile. La mère, en revanche, permet d’aborder un thème à la fois très douloureux mais tristement répandu : les femmes-mères dépressives. Face à des bouleversements inédits, Déborah va devoir apprendre à se débrouiller, et à garder la tête hors de l’eau pour ne pas laisser son année être gâchée par des événements personnels, si tragiques soit-il.

Et c’est là que Victor et Jamal interviennent. On pourrait penser que Je suis ton soleil se muerait en une bluette sur un amour lycéen, mais l’œuvre est en réalité un hymne à l’amitié. Sans qu’elle n’ait à demander quoique ce soit, Déborah est prise en main par les deux garçons (pourquoi ? le lecteur ne le saura jamais), et ils ne la laisseront pas tomber, coûte que coûte. Attitude par ailleurs inverse à celle d’Eloïse, l’amie de toujours de Déborah, qui n’hésite pas à privilégier sa vie amoureuse au détriment de sa meilleure amie. Bien qu’elle revienne dans le moment le plus difficile de l’année, on a du mal à comprendre que l’héroïne lui pardonne aussi facilement : son personnage est très stéréotypé (y compris l’épreuve personnelle à laquelle elle va faire face), elle n’inspire aucune sympathie et elle n’a que peu d’intérêt dans le roman. En comparaison de la perfection que sont Victor et Jamal (on ne peut que souhaiter des amis comme ça à un adolescent), Eloïse est terne et ce, tout simplement, parce qu’elle est plus réelle.

Une véritable histoire d’amitié

Je suis ton soleil est un roman intéressant, parce qu’il aborde des sujets aussi répandus que complexes, tel que le divorce, la dépression, la reconstruction. En cela il est très bien écrit, et Marie Pavlenko s’adresse brillamment aux adolescents de 14 et plus. En revanche les personnages sont assez convenus (Déborah n’est pas sans rappeler Georgia Nicolson, le personnage de Louise Rennison), ce qui altère un peu la lecture. Il en va de même pour les quelques longueurs, une bonne centaine de pages pourraient être aisément supprimées sans que cela nuise au livre. L’ouvrage est, finalement, un récit sur les bonheurs simples, ceux qui sont aussi simples qu’un bon plat de coquillettes.

6/10

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