[Critique] L’Île de l’Aventure T1 – Winter Morgan

Caractéristiques

  • Titre complet : L'Île de l'Aventure T1 : Cap sur Bora-Borours
  • Auteur : Winter Morgan
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 11 mars 2021
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 141
  • Prix : 12,50€
  • Acheter : Cliquez ici

Si vous ou votre enfants aimez Animal Crossing…

La sortie de L’Île de l’Aventure Tome 1 : Cap sur Bora-Borours, aux éditions Mana Books, est à la convergence de deux phénomènes très solides. Le premier, c’est la la novélisation non-officielle, que l’on voit fleurir depuis quelques temps. Ce fut le cas pour Minecraft, ou Fortnite par exemple (avec la série Piégé dans Battle Royale, elle aussi éditée chez Mana Books). La raison est simple : les droits étant parfois très coûteux, ou les ayants-droits préférant ne pas se lancer dans un univers étendu, il est alors nécessaire de s’inspirer au lieu d’adapter. L’exercice n’est pas aisé, mais la demande pousse autour de licences populaires. L’autre point, c’est le gigantesque succès d’Animal Crossing : New Horizons. Des millions et des millions d’exemplaires vendus, un univers qui a permis à beaucoup de s’évader au cours d’un confinement traumatisant, voilà une licence qui ne demande qu’à être exploitée. Et c’est ce que fait l’auteur, Winter Morgan, avec assez de pertinence pour que l’on y retrouve bien ce qu’on cherchait.

L’Île de l’Aventure T1 reprend les bases de l’introduction à un jeu Animal Crossing. La vie d’Alana n’a rien d’extraordinaire : elle va à l’école, fait ses devoirs et obéit à ses parents. À vrai dire, son quotidien l’ennuie profondément, elle qui rêve de voyages, de découvertes et d’aventures. Quand elle apprend un jour l’existence du « Forfait escapade sur une île déserte », elle n’hésite pas une seconde à s’inscrire ! Sur place, elle va pouvoir développer son propre village et se lier d’amitié avec ses voisins : Carl, un coq fainéant, et Clémence, un hamster énergique. Tandis qu’elle essaye au mieux d’agencer son île paradisiaque, Alana se met un objectif en tête : inviter le chanteur légendaire Gégé Laclasse. Mais pour le convaincre de venir, elle va devoir mettre les bouchées doubles, et surtout réussir à faire travailler les villageois de concert. Aura-t-elle la motivation nécessaire, ou laissera-t-elle son île et ses rêves derrière elle ?

L’Île de l’Aventure porte bien son titre

Derrière ce résumé, qui habite la quatrième de couverture, se cache un roman clairement pensé pour une cible assez jeune. L’Île de l’Aventure T1 se destine aux enfants d’approximativement dix ans, lesquels n’auront aucun mal à suivre le style de l’auteur, très direct et n’hésitant pas à utiliser le dialogue. C’est donc énergique sans être fouillis, les descriptions sont précises juste ce qu’il faut pour créer l’image sans pour autant noyer le lecteur. voilà qui est assuré : le roman est bien écrit, c’est une certitude. Si vous avez des enfants, vous savez aussi qu’ils aiment les ouvrages qui vont droit au but, ont parfois peur de ne pas venir à bout d’un bouquin trop épais. Non seulement les cent quarante et une pages ne sont pas de trop, mais on peut aussi féliciter Mana Books pour avoir opté en faveur d’une taille de police idéale, et d’un interlignage aéré. De la bonne édition, donc.

Bien sûr, le lecteur attend aussi de L’Île de l’Aventure T1 que le roman tienne les promesses de son titre. Et là aussi, c’est une satisfaction. Tout d’abord, Alana va découvrir un univers qui, s’il n’invoque évidemment jamais les personnages officiels d’Animal Crossing, s’en rapproche très, très fortement (Archibou effrayé par les insectes, par exemple). Une grande partie du récit fait la place belle à la sociabilisation de l’héroïne, car tout le sel de ce voyage se trouve ici : s’il se fait tout d’abord en direction d’une île déserte, celle-ci se peuplera au fur et à mesure grâce au travail acharné d’Alana. Celle-ci est décidément bien caractérisée, sa motivation se fait aussi simple que communicative. On attendait au tournant la traduction à l’écrit des mécaniques d’Animal Crossing, et là aussi c’est très soigné. Le musée, qui ne manquera pas d’être au cœur du prochain tome, la personnalisation, les activités journalières, tout y est. Dès lors, on pourra même conseiller cette lecture à un public certes toujours fan du jeu de Nintendo, c’est obligatoire, mais aussi en recherche d’un bouquin capable de provoquer de la bonne humeur.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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