[Critique] Escape Book : prisonnier de l’Overworld – Irving Le Hen

Caractéristiques

  • Editeur : 404 Éditions
  • Date de sortie en librairies : 30 mars 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 208
  • Prix : 11,95€
  • Acheter : Cliquez ici

Enfermé dans Minecraft !

Voilà quelques temps, nous avions chroniqué un ouvrage d’un genre nouveau. Pas vraiment Livre dont vous êtes le héros, ni conventionnel côté narration, Escape Book : la tour de l’alchimiste (écrit par François Lévin) avait réussi à nous surprendre. En effet, l’inspiration venu du phénomène de l’escape game se traduisait plutôt bien sur papier, et globalement l’œuvre tenait ses promesses en proposant une difficulté moyenne, et une certaine maîtrise formelle. Fort de ce constat, les éditions 404 (Halo MythosRoller Girl) relancent la machine avec Escape Book : prisonnier de l’Overlord, qui marque la rencontre du concept avec une licence qui ne pourra qu’aiguiser d’autant plus la curiosité : Minecraft.

C’est une évidence, Escape Book : prisonnier de l’Overlord fait tout pour que le lecteur soit projeté aux commandes du récit qui se dévoile. Ainsi, le narrateur utilise la première personne, dans le seul but que l’on soit au plus près de lui, et carrément dans sa peau. Le prologue nous présente un personnage, dont la passion pour le jeu (les échecs, plus précisément) a été transmis par son père, malheureusement décédé. Un jour, alors que cet amour pour les activités ludiques s’est prolongé dans le jeu vidéo, le personnage principal se connecte, en compagnie de Pina et Alex, ses amis. C’est alors qu’ils reçoivent un message : le monde court un grave danger, et il va falloir traverser l’univers de Minecraft pour le sauver.

Point commun avec les Livres dont vous êtes le héros, Escape Book : prisonnier de l’Overlord demande un minimum de préparation. Rassurez-vous, tout est très bien expliqué en début d’ouvrage, assez longuement et précisément afin de ne rien survoler, tout en évitant de nous noyer sous des tonnes de données à retenir. Ainsi, vous retrouverez la feuille d’inventaire en page 223, que l’on vous conseille de photocopier afin de se plonger dans plusieurs parties. Après une introduction aux règles, vous serez tout à fait capables de vous lancer à l’aventure. Le système de ressources, de combinaisons, les règles de combats et de respawn (réapparition après l’échec), n’auront plus de secrets pour vous, même si la première partie sera sans doute un tour d’échauffement.

Les sensations d’un escape game dans un livre qui offre du challenge

Car Escape Book : prisonnier de l’Overlord est un peu plus ardu que La tour de l’alchimiste. On trouve aussi que les deux concepts se différencient bien, Irving Le Hen (cofondateur de Gamescape, l’un des leader de l’escape game) a clairement pris la licence Minecraft au sérieux, et plusieurs passages vous feront gentiment sourire tant les clins d’œil sont bons. Au-delà de cet aspect fan-service assumé et très plaisant, les énigmes qui se proposent à nous ont réussi à nous faire creuser les méninges. Tout d’abord, sachez que l’ouvrage est découpé en six biomes, lesquels offrent une certaine quantité de régions à visiter… et de problématiques à résoudre. Vous pourrez les aborder dans le sens qui vous arrangera, même si l’aspect crafting vous forcera sans doute à prendre en compte certains objectifs de manière prioritaire. En début de biome, celui intitulé Le village par exemple, vous trouverez une carte, avec quelques points d’intérêts numérotés. Il vous suffira de vous rendre sur ces lieux afin de faire face aux différents problèmes à résoudre.

Les énigmes de Escape Book : prisonnier de l’Overlord justement, abordons-les, sans pour autant les dévoiler plus que de raison. Comme avancé plus haut, le livre sait réserver des pics de difficulté assez marqués, et en voir la fin ne sera pas une mince affaire pour les plus jeunes. Le carnet de route, placé en fin d’ouvrage, sera parfois d’une belle utilité, et si certains passages sont clairement retors, on remarque aussi qu’ils ne sont pas injustes. Le lecteur va sans doute périr plus d’une fois, mais la solution est toujours à portée de méninge. Aussi, l’ouvrage a le très bon goût de savoir enrober les problématiques, avec une narration plutôt sympathique, et même quelques clins d’œil à d’autres jeux vidéo (coucou Space Invaders).

De manière générale, on recommande cet estimable Escape Book : prisonnier de l’Overlord à un public qui connaît et apprécie Minecraft, mais aussi aux amateurs de livres que l’on peut qualifier d’interactifs. Aussi, impossible de terminer cet article sans évoquer le très belle qualité de l’édition, signée par les éditions 404. Mis à part une couverture peut-être un peu chargée par le titre, tout le reste en fait un objet charmant : le papier, les illustrations en couleur. On peut, donc, se lancer dans l’aventure sans tarder.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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